DE LA SOCIETE DE LA CROIX
1. On dit, tous les jours, dans chaque famille, cinq Pater et cinq Ave.
C’est un membre quelconque de la famille, qui récite, à genoux au pied de la croix, ces prières au nom de tous.
Un petit enfant peut acquitter cette observance.. On ne pèche pas en omettant ces prières, en tant que prescrites par la société ; mais la famille se prive, chaque foisqu’elle y manque, du secours des prières des autres familles de la société. L’intention qu’on doit avoir en récitant ces cinq Pater et Ave, est d’honorer les cinq plaies de notre seigneur Jésus-Christ, et de venir au secours de tous les membres de la société, en quelques lieux qu’ils appartiennent. |
IT. La société se choisit un Saint Patron, dans chaqüe paroisse ou localité. Ce patron devient le protecteur spécial des associés de cette paroisse
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ou, localité qui doivent l’honorer et l’invoquer d’une manière particulière.
III. La croix de la société est de bois, peinte en noir. Une croix de toute autre couleur est interdite. Sa dimension est de 1rois pieds à deux pieds et demi. (Cette dimension sert de règle aux proportions secondaires qu’elle doit avoir. Cette croix est bénite à l’église. On la reçoit des mains
du prêtre, en se mettant à genoux, au
pie de l’autel. En la recevant, on a baise avec respect. Elle n’est donnée qu’aux chefs de famille, et qu’à ceux qui tiennent maison. À ce titre, les veuves ayant une famille, ou tenant maison, y ont droit. Il serait désirable d’avoir une croix dans chaque école.
IV. La croix, ainsi reçue, est apportée à la maison. Le chef de la famille fait alors, pour son épouse, ses enfants et ses serviteurs, ce que le prêtre a fait, en lui donnant la croix.
Il la fait vénérer à toute sa famille, qu’il agrége ainsi à la société, puis il place la croix à vue et d’une manière permanente, dans l’appartement que
la famille occupe habituellement. Là, la croix doit rappeler sans cesse à toute la famille, d’abord,la résolution qu’elle a prise de pratiquer spécialement la vertu de tempérance, puis l’obligation de pratiquer toutes les vertus chrétiennes dont la croix est la source féconde par les mérites de la victime adorable qu’elle a portée entre ses bras. En outre, la croix est donnée comme enseignement spécial au père, à la mère et aux enfants.
V. La croix de tempérance doit accompagner, à la sépulture, le corps de chaque associé défunt qui a fait sa première communion ou reçu l’extrêmeonction. Elle était l’arme dont il s’était servie pendant la vie pour combattre ses passions, le monde et satan :
à la mort, elle l’accompagne fidèlement jusqu’au lieu du repos. Elle doit être placée sur le cercueil pendant les prières de l’église. Après les chants funèbres, elle le conduit au cimetière où s’élève une autre croix spécialement sanctifiée par l’Eglise pour protéger la dépouille mortelle dé tous les défunts. C’est pourquoi, un
des membres de la famille du défunt, rapporte à la maison la croix dont ce défunt n’a plus besoin. Elle revient continuer, pour les survivants de la famille, la mission de salut et de protection qu’elle remplissait auparavant.
Elle sert, en même temps, à rappeler religieusement la mémoire du défunt.
On priera donc pour lui, dans la famille, au pi de la croix. Elle passera ainsi de générations en générations avec ses traditions pieuses et ses salutaires influences.
VI. Après avoir fait déposer le corps du défunt dans la fosse, le prêtre lui-même remet la croix a un membre présent de la famille.
VIT. On se prive des bienfaits spiri- , tuels de la société chaque fois qu’on en transgresse les règles. Un seul verre de liqueur forte pris en contravention aux règles de la société suffit
Jour faire perdre le fruit des prières aites en ce jour au pied de la croix par tous les associés. Si l’on est agrégé à l’association des messes, doit il sera fait mention plus bas, on perd le fruit du saint sacrifice offert dans le
mois où a été commise l’infraction, dans tous les lieux où la société est établie. Les seuls cas où la société ermet de faire usage de liqueur orte sont les cas de maladie où il est nécessaire comme remède.
VIII. Les nouveaux associés doivent ordinairement se présenter à la messe du mois pour recevoir la croix.
IX. Tout commerçant de boissons fortes, n'importe à quel tître, doit abandonner ce commerce, s’il veut appartenir à la société. On excepte certains cas prévus par la société, comme celui de la vente de boissons à des personnes qui en ont besoin comme remède. La société ne tient nul compte si ceux à qui on voudrait vendre des liqueurs spiritueuses font .
ou non partie de la société de tempérance. |
X. Les liqueurs interdites, dans la société, sont le rhum, le gin, le brandy,
la jamaîque, le vin, le whiskey, la grosse-bierre, le cidre et généralement toute liqueur qui peut enivrer.
XI. Ceux des associés qui, à plu- «. sieurs reprises, manqueront publique-
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ment à leur engagement, en s’enivrant, seront exclus de la société par le directeur assisté des conseillers. La majorité décidera l’exclusion. Il est entendu que les avertissements et les exhortations les plus charitables devront être faits auparavant au membre faible qui aura ainsi succombé. Si le conseil, composé comme ci-dessus du directeur et des conseillers, décide d’ôter la croix de la maison de celui qui la deshonore, ce sera au direceur à l’en ôter. Ceux qui auront été ainsi retranchés de la société, n’auront rien à réclamer contre elle au sujet des contributions qu’ils auraient payées pour messes ou autrement.
XII Sile membre qui a succombé se corrige, il peut rentrer dans la société et participer de nouveau à tous ses avantages. Le directeur propose son admission dans l’assemblée deë conseillers après avoir constaté avec eux son retour sincère à la loi de tempérance. S’il reste incorrigible, quoiqu’il ne participe plus de droit aux prières de la société, les associés ne
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doivent pas l’oublier dans leurs prières particulières, afin d’obtenir son retour.
XIII. Il est laissé au zèle et au jugement du curé, dans la paroisse duquel est établie la société, de faire une courte prière devant la croix avec toute la famille quand, en sa qualité de pasteur, il fait sa visite pastorale.
Cette pratique, qui peut ne consister qu’en un Ave, Maria, à la mère des douleurs, a pour but de rappeler à la famille les visites peu chrétiennes et les désordres commis autrefois, dans les maisons de la paroisse, sous le règne de l’intempérance, au commencement de chaque année. Cette prière en rendant la croix plus vénérable aux yeux de la famille, servira de réparation et établira en même temps un nouveau lien d'amour, de respect et de piété entre le pasteur et les brebis.
IV. Les personnes en service dans une famille qui n’est pas agrégée à la société, ont le droit de s’associer avec leurs pères ou leurs mères veuves, si ceux-ci font partie de la société.
Ils ont également le droit de faire partie de l’association aux messes, s'ils
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le désirent, en payant la petite contribution exigée.
XV. A la messe solennelle du Saint Patron, il y a ordinairement réunion de prêtres pour encourager la piété des
‘ membres de la société qui voudraient,
en ce jour, approcher des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Ilya sermon sur la tempérance, ou sur les vertus de la Croix, et on y lit solennellement la formule de l’engagement de la société, afin que chacun, d’esprit et de cœur, renouvelle la résolution qu’il a prise, lors de son entrée dans la société. On atteindrait facilement le but indiqué ici, en s’entendant dans chaque canton pour célébrer cette fête tour à tour, dans un temps où les associés ne seraient pas occupés à leurs travaux.
XVI. A la société de tempérance est jointe une association de messes en faveur de ceux qui font partie de cette société. ‘ Pour devenir membre de cette association, on donne par chaque associé, une petite ‘ contribution de deux deniers ou quatre sols, dans le cours de novembre, chaque
année. (Cette association est volontaire. Ceux qui ne paient pas leur contribution au temps fixé, cessent .
par là même d’avoir part au fruit du saint sacrifice, jusqu’au moment où ils s’en acquittent.