‹ La croix présentée aux membres de la Société de tempérance [microforme]Chapitre 9 sur 13 · Le chrétien doit faire une pro · texte numérisé non relu

Le chrétien doit faire une pro

fession ouverte d’être à Jésus-Christ, de le servir en pratiquant fidèlement les préceptes de son Evangile. Il ne doit jamais rougir de la pratique de ses devoirs de religion, ni manquer à sa conscience par la crainte de s’attirer le mépris du monde ou les railleries des mauvais chrétiens. Jésus-Christ a prêché hautement la doctrine que son Père l’envoyait annoncer aux hommes, malgré les persécutions des Pharisiens ; il n’a pas craint de déclarer qu’il était le Fils unique de Dieu, quoiqu’il sût bien qu’à cause de cet aveu les Juifs le feraient mourir. Il nous enseigne de ne pas craindre ceux qui ne peuvent nuire qu’au corps et n’ont aucun pouvoir sur les âmes, mais de craindre celui qui peut jeter l’âme et le corps dans l’abîme éternel. Il a déclaré, à ceux qui rougiraient devant les hommes de lui ou de sa doctrine, que le fils de l’homme rougirait d’eux, quand il viendra dans toute sa majesté pour juger l’univers.

Voilà quelques unes des maximes et des enseignements divins qu’une mère chrétienne doit s’efforcer de dé-

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velopper et de graver profondément dans le cœur de ses enfants, et quel moyen plus propre de les leur faire goûter et pratiquer, que celui de les donner à la vue de la croix ?

C’est aussi au pied de la croix que les parents doivent reprendre et corriger leurs enfants. Trop souvent des

ères et des mères rendent incurables

es vices de leur famille pardes paroles de colère et des châtiments infligés sans discernement et sans charité. Il n’en sera jamais ainsi, quand la croix deviendra le moyen si puissant de faire concevoir tout-à-la-fois aux enfants et la malice d’une mauvaise action et le repentir de l’avoir commise.

. Que ‘les parents comprennent donc que par des coups répétés, des réprimandes perpétuelles, des paroles d’emportement, ils peuvent bien empêcher un petit enfant de commettre extérieurement une mauvaise action; mais ils ne viendront jamais à bout, par de tels moyens, de lui faire comprendre et combattre le penchant déréglé de son cœur qui la lui fait commettre.

N’esi-il pas vrai que, pour empêcher

une mauvaise plante de pousser, il ne suffit pas toujours d’en couper la tige, mais qu’il faut encore en ôter la racine ?

De même pour rendre un enfant chrétien, il ne s’agit pas seulement de Pempêcher de faire le mal extérieurement, mais il faut ôter de son cœur la racine funeste du mal qui, tôt ou tard, en grandissant, l’entraînera dans le vice. Or, ce qui détruit le mal jusque

dans sa racine, qui est le cœur hu-

main, c’est la connaissance de sa faute et le repentir qui la suit : et, pour donner cette connaissance et ce repentir, savez-vous quelque chose de plus efficace que la croix dù Dieu mort pour détruire le règne du péché ?

Servez-vous donc de la croix pour

corriger vos petits enfants.

Ainsi, lorsqu’un de vos enfants aura commis une faute, gardez-vous de vous fâcher ou de l’en reprendre avec des paroles de colère ; mais possédez-vous, et prenant le petit coupable par la main, conduisez-le au pied de la croix.

Montrez-la lui d’abord et faites-lui en-

suite remarquer qu’il vient, par sa

mauvaise action, de faire de la peine

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au cœur du bon Jésus et de faire saigner les plaies que les clous ont faites à ses pieds et à ses mains.

Parlez-lui, en continuant à fixer ses regards sur la croix, parlez-lui de la patience et de la douceur de Jésus- Christ, de sa miséricorde ou de quelqu'autre vertu opposée à la faute que votre enfant vient de commettre. Puis, examinez quelle impression font sur son cœur les paroles que vous lui adressez, continuant votre exhortation jusqu’à ce que vous le voyiez contrit et repentant. Alors, faites-le mettre à genoux au pied de la croix et demander pardon au divin Jésus.

Vous pourriez lui faire répéter ces paroles, ou quelques autres que vous lui suggèrerez.

‘€ O bon Jésus, mort sur la Écroix pour mon amour, je vous ai con- 6 tristé par la faute que je viens de ‘ commettre. Daignez me le par- ‘ donner et oublier la douleur que je ‘ vous ai causée. Je ne commettrai ‘ plus cette faute, avec votre secours.”?

S’il retombait dans la même faute, témoignez-lui d’abord le chagrin que

ce

Las

vous ressentez de cette nouvelle chûte qui élargit la plaie que la première avait faite au cœur de Jésus, et menezle de nouveau au pied de la croix ; et là, après lui avoir parlé de son ingratitude envers Jésus-Christ qui lui avait déjà pardonné sa première faute, faiteslui comprendre la peine qu’il a de nouveau causée au bon Dieu, et mettez-vous cette fois à genoux avec votre pauvre petit pécheur : demandez vousmême, à haute voix, pardon pour votre enfant, faites-le demander miséricorde

et renouveler la résolution de ne plus.

commettre la même faute.

Une autre pratique excellente serait de prévenir les fautes de vos enfants, en leur montrant la croix, du moment que vous les verrez sur le point d’en commettre. La vue de la croix, accompagnée d’une réflexion chrétienne, empèêchera presque toujours vos énfants de se laisser aller à leurs mauvais p:nchants.

Voilà ce que la croix enseigne à l'enfance, ou plutôt aux parents qui doivent être ses interprètes auprès de

l'enfance. Ce paragraphe termine:

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