CXXXVI. — CAMER1NO (états pontificaux
Félix Salvini, Archevêque de Cameriuo, répondit a l’Encyclique du 2 février 1 8 40 par une longue et savante lettre, où il prouve solidement l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Il établit cette vérité par l’Écriture sainte, par l’autorité des Conciles, par les écrits des saints Pères, par les constitutions et les actes des Souverains Pontifes, par les anciennes liturgies orientales qui remontent aux temps apostoliques , par le culte public qu'on ■ rend dans toute l'Église h la Conception de Marie, laquelle ne peut être honorée. comme ledit saint Thomas, qu'aulant quelle a été sainte, pure et sans tache, par l'enseignement des universités. qui ne confèrent les grades académiques qu"a ceux qui ont prêté le serment d’enseigner et de défendre l’immaculée Conception de la Mère de Dieu.
Puis, il terminait sa lettre en émettant le vœu suivant : « Très-Saint Père, nous prions Votre Sainteté de mettre cette
(1) Itoinæ. Jie lu sept. 1817 : Pahew, olc., vol. IX, png. 9G.
(2) Voyez Arras.
(3) Sun, la SynoJolalia Eeclesiie camcricciuia, part. Il, p.ig. 1 18 ; Camrraci, J 781, in— i*.
étoile plus brillante que les autres sur la tête de la Vierge Marie ; car, quoiqu’elle ail apparu dans le ciel comme revêtue du soleil, elle brillera d’un nouvel éclat, lorsque, d’après un décret qui en fera un article de foi, nous célébrerons son Immaculée Conception. Tel est le vœu sincère et unanime du clergé et du peuple de mon diocèse (i). »
Le même Prélat souscrivit la lettre par laquelle plusieurs Cardinaux, Archevêques et Évêques, réunis à Lorctteen 1850, exprimaient le désir que le Saint-Siège décrétât comme doctrine catholique de la sainte Eglise que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exempte de toute tache originelle (2).
M. Salvini n’avait pas attendu que l’Encyclique du 2 février 1849 parut pour exprimer ses sentiments. Le 3 octobre 1848, il avait écrit au Souverain Pontife pour solliciter de Sa Sainteté une déclaration définitive eu faveur de l'immaculée Conception (3).
CXXXVIJ. — CANARIES (îles).
BonaventureCoDixA, Évêque des Canaries, nous donne dans sa réponse a l'Encyclique les détails les plus intéressants, les plus édifiants, sur la piété du clergé et des fidèles de ce diocèse envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. On retrouve dans les Canaries la même croyance et les mêmes pratiques de dévotion pour ce qui se rapporte a cette glorieuse prérogative qu’en Espagne, où la Mère de Dieu est honorée, sous le titre de l'immaculée Conception, comme la principale Patronne du royaume et des provinces qui en dépendent. Aussi, comme le rapporte l’Évêque, tous les lidèles croyaient pieusement que Marie a été conçue sans péché, quoique, pour ne pas prévenir le jugement
(1) Camcrini, VII Mus oclobris 1849 : ParRRI, etc.j vol. II, pag. 181.
(2) Voyoi Ff rvo.
(3) Paukju, etc., vol IX, pag. 14t.
du Saint-Siège, on ne l’eût jamais prêché comme article de loi ; mais s’il plaisait à la Majesté divine que ce privilège de la Vierge Marie fût décrété par le Siège Apostolique comme dogme catholique, nul doute, ajoutait il, que ce décret ne fût reçu par le peuple avec la plus grande joie.
M. Codina pensait et croyait comme ses diocésains ; comme eux il désirait de tout son cœur que l’immaculée Conception fût définie, autant que possible, comme devant être crue d’une foi divine.
Après avoir indiqué les principales preuves de cette croyance, il faisait les réflexions suivantes : « Si, après tant de preuves. la pieuse croyance de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie était fausse, la société tout entière des fidèles serait dans une très-grande erreur, et serait engagée dans cette même erreur, non-seulement par les curés, les prédicateurs, les confesseurs et autres prêtres, qui mettent le plus grand zèle à défendre ce privilège, la plupart même le faisant en vertu d’un serment solennel , mais encore par les évêques, qui, de parole et d’exemple, invitent leurs ouailles, en leur proposant des indulgences, a prier dévotement la Vierge conçue sans péché , et, ce qui est capital, par les Pontifes Romains eux-mêmes, qui, h l’envi, approuvent et favorisent la susdite croyance. Non-seulement ils permettent d'honorer l’immaculée Conception de Marie par un olfice propre, dans tout l’ordre de Saint-François d’abord , puis dans les provinces soumises k l’Espagne, et enfin dans toute l’Eglise ; mais ils excitent assez ouvertement à cette dévotion. Or, dire que tout le peuple fidèle s’écarte du vrai culte et tombe dans la superstition en embrassant un culte faux, non-seulement sans qu’il y ait aucune réclamation de l’Eglise enseignante avec son chef, mais même parce qu’il y serait poussé par elle, ne serait-ce pas dire que l’Eglise de Dieu prévarique et que les portes de l’enfer prévalent contre elle, malgré les promesses qui lui ont été tant de fois répétées par Jésus-Christ? Non! cela n’est point possible. Concluons donc que l’immaculée Conception de la IlienheureuseVierge Marie
est une vérité incontestable, et qu'elle peut être définie comme article de loi (1). »
CXXXVIil. — CAPACCIO (nov.vrHE de kapi.es).
L'Évêque de Capaccio écrivait , en 1848 : « Très-Saint Père, pour exprimer notre reconnaissance à la Vierge Marie Mère de Dieu, qui, étant invoquée sous le titre glorieux de l'immaculée Conception, a comblé de ses bienfaits la ville et le royaume de Naples, surtout dans ces derniers temps, ou elle s’est montrée si clémente et si miséricordieuse envers tous, nous avons recours à vous, Très-Saint Père, en priant Votre Sainteté de vouloir bien, par un acte de l’autorité infaillible qui a été promise par le divin Rédempteur à saint Pierre et à ses successeurs, définir comme appartenant à la foi la vérité de l'immaculée Conception de la Vierge Marie, conçue sans la tache originelle au premier instant même de son existence. Tous les fidèles qui l'honorent d'une dévotion particulière désirent souverainement que ce nouvel éclat soit ajouté à la fête de l'immaculée Conception de cette Vierge, de laquelle a pris chair l’immaculé Fils unique de Dieu, qui venait pour purifier tous les hommes de leurs péchés (2). >•