CXXX1X. — CAP-VERT
Lettre de Fiuxçois- Jérome, Évêque titulaire du Cap- Vert , à ITiiiernonce Apostolique de Lisbonne, sous la date du 45 avril 1 849 : « J'ai reçu hier avec le plus profond respect des mains de Votre Excellence la Lettre Encyclique du Saint-
(1) In civitate Palm.iruni Insulte Majoris Canaris, die 10 julii i 849 : Parem, etc., vol I, pap. 291.
(2j Ad le conCu tri mils. Bcalissimo Pater, Tuara rogantes Snnctitatem ut aucoritale Tua infallibili juxla promise* Divini Rcdemptoris Divo Petro facta ejusque successoribus, definirc valeas ad (idem pcrtinere veritatem de lonmaculata Conceptione Maria* Virginia aine macula origindi primo instnnli sui esse concepts. Rouant, die 7 «or. f 8 »8 : Pareri. elc.. vol. ÎX, png. 1P5.
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Père, et je viens vous dire, en réponse à son contenu, que la prérogative (Y Immaculée, qui appartient à la Mère de Dieu k des titres si nombreux et si particuliers, bien qu'elle n’ail pas la sanction dogmatique de l’Église, a toujours été, de temps immémorial, l'objet de la croyance de tons les peuples fidèles, et notamment des Portugais, enseignée et adoptée avec serment dans les universités et les écoles publiques de ces royaumes, respectée et vénérée dans les corporations religieuses, qui prenaient la Sainte Vierge pour Avocate de leurs instituts, sous le litre de Conception Immaculée, se glorifiant souverainement de vivre sous la protection de Marie, et regrettant vivement que, dans les Conciles qui ont parlé d'elle, l’Église n’ait pas encore sanctionné ce litre par une définition. On voit par là quel plaisir le Saint-Siège leur procurera, en leur accordant ce qu'ils ont tant désiré. Ils comprendront que si l'hommage canonique de ce litre auguste a été si longtemps retardé, c’est que la Providence, par un dessein impénétrable, avait réservé k notre siècle de voir la Mère de Dieu honorée de ce titre exceptionnel et de révéler aux hommes une nouvelle preuve de la bonté de Dieu, en leur offrant pour reine, pour mère et pour protectrice une Vierge qui, par un eflel de la grâce de son divin (ils, n’a partici|»é en aucune manière au péché du premier homme, mais pure et sainte dès le premier moment de sa Conception , afin que, par son entremise , l'hérésie fût extirpée, que les incrédules et les blasphémateurs fussent confondus, ramenés k l’union avec le Pasteur suprême de l'Eglise, pour ne faire plus qu’un seul troupeau et un seul pasteur, (la;. s la lumière, la justice et la paix que Jésus-Christ a apportée- au monde. Oh ! si le Saint-Siège fait ce pas en avant, comme tous les peuples accourront pour baiser la main du premier Père et Pasteur qui leur accordera cette faveur, objet de leurs désirs ! Comme ils conjureront le ciel de faire luire des jours heureux sur son pontificat ! Comme cet événement sera gravé dans leur cœur en caractères ineffaçables, hors des atteintes de la main du temps !
« Voi'à les sentiments de mon peuple tidèle. Ce sont aussi les miens, et je n’hésiterais pas à donner mon sang pour la défense de celte vérité : Marie a été formée sans péché originel dès le premier instant de sa Conception, par un privilège émané de son fils, et qui n’a été accordé qu’à elle seule (I). »
Patrice, Évêque élu du Cap-Vert, exprimait les mêmes sentiments dans sa lettre du 17 avril de la même année, c’est-à-dire de 1849 (2).