CLVI. — CEBU (îles rniLirriKEs
François-Romuald Ximêne, Evêque de Cebu, répondit à l’Encyclique du 2 février par une Lettre adressée au Saint- Père le 51 août 1819. 11 déclarait que le clergé et les fidèles de son diocèse, par l'cITet de l'enseignement traditionnel des
(1) Cavis. tlic 7 no». 1848 : Paukiii, clc., vol. IX, p.ig. 180. (*2) Pari ni, vol. IX, p:ig. 10.
(5) Voyez A tic. vos.
Évêques et des Curés, avaient une grande dévotion envers la Très-Sainte Vierge, sous le titre de sa très-pure Conception ; qu'ils l'honoraient et la bénissaient très-fréquemment dans leurs prières, soit à la maison, soit à l'église, par celle formule : Bénis et loués soient le Saint-Sacrement de l'Autel et la très-pure Conception de Marie conçue sans le péché originel, dès le premier moment de son existence; et qu'ils seraient scandalisés s’ils entendaient dire que Marie a contracté le péché originel. Dans la persuasion où ils étaient que l’Église croyait et ordonnait de croire l'immaculée Conception, ils ne songeaient point a exprimer le désir de voir ce point de doctrine défini dogmatiquement. Ce Prélat croyait aussi positivement à l'immaculée Conception ; et après avoir exposé son sentiment, qu’il soumettait au jugement de la sainte Eglise, il l'appuyait par des considérations fondées sur la dignité de Mère de Dieu et sur l’honneur du Sauveur. Quant à son vœu, il disait que s’il apparaissait des adversaires de cette doctrine, il désirait qu’il fût proclamé comme dogme de foi que la Très-Sainte Vierge a été conçue sans la tache du péché originel (i).
CLV1I. — CENEDA (royaume lombard-vénitien).
Lettre de M. Bellati, Évêque de Ceneda, adressée au Pape en 1849 : « J’ai reçu avec le sentiment de la plus grande soumission, sur la fin de juillet (de l'année courante), les Lotiras de Votre Sainteté touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Marie. Elles ont rempli mon cœur de joie, car tout ce qui se fait h la louange et h la gloire de cette Bienheureuse Vierge tourne au bien de la Religion chrétienne, puisque c’est par elle que le Sauveur du monde nous est arrivé. Aussitôt après la réception de vos Lettres, j’en ai fait part aux chanoines de cette Église, et, par les Vicaire; forains, au clergé et au peuple de tout le diocèse. Des prières
(t) Cehu, te 31 août 1849 : Paheiu, etc., roi. II. |>ag. 63.
publiques que j’avais prescrites ayant été faites dans toutes les paroisses, nous demandons tous, d'une voix unanime, que ce qui jusqu’à ce jour a été cru pieusement touchant un aussi grand mystère soit désormais tenu fermement par tous les fidèles du Christ, en vertu d’une définition dogmatique de Votre Sainteté. En effet, outre tout ce qui a été dit si sagement et si bien par les Pères, les Conciles, les Souverains Pontifes et les plus célèbres Théologiens, parmi lesquels je me [dais à citer l’Éminent Cardinal Lambruschini. il me suffira de rappeler que la Vierge Marie a été saluée par l’Ange comme pleine de grâce. Il ne lui a donc manqué aucuue grâce, pas même celle qni l'a préservée du péché originel. Ainsi nous croyons tous, ainsi nous pensons tous, et c’est avec le plus profond respect que nous soumettons à Votre Sainteté le vœu de l’Eglise «le Ceneda, demandant à Dieu que tout prospère pour un aussi grand Pontife (1). »
CLVII1. — CERV1A (états pontificaux).
Joachim Tambi hini, Évêque de Cervia, écrivant au Pape en 1849, à l’occasion de l'Encyclique du 2 février de la même année, dit que le culte de la Bienheureuse Vierge Marie, conçue sans péché, s’est tellement répandu dans tout l’univers, qu’il n’est presque pas d’autre vérité catholique qni soit mieux établie que l’immaculée Conception. Cette pieuse croyance a pour elle le témoignage des saints Pères et l'autorité des Théologiens qni l'ont défendue avec le plus grand succès : elle est profondément gravée dans l’esprit des fidèles, et se célèbre solennellement, chaque année, dans toutes les Églises catholiques; les universités l’enseignent et exigent de leurs membres la promesse de l'enseigner et de la défendre publiquement; les Souverains Pontifes l’ont approuvée et l’approuvent en permettant d’honorer de la manière la plus expresse, dans la Préface delà Messe, VImmuculée Conception
(!) Datum Cenelæ* VI Kal. nov. ann. 1849 : Paberi, etc., vol. II, pig. 258.
de Marie, et d'invoquer, dans les Litanies de Lorettc, cette Reine du ciel comme conçue sans tache. Ce Prélat déclarait en même temps que son diocèse ne le cédait à aucun autre pour la dévotion envers la Vierge Immaculée et exempte du péché originel ; que le peuple avec le clergé professait cette vérité de temps immémorial, et que la détinilion du Siège Apostolique, sur cette grande question, ne rencontrerait aucune difficulté de la part des fidèles. Il croyait lui-même h l'immaculée Conception dès sa plus tendre enfance, cl il tenait si fortement a cette vérité qu il était prêt, avec la grâce de Dieu, à la défendre même au prix de son sang.
Cependant, éprouvant des doutes sur la définibilité de l’immaculée Conception, il proposait une définition indirecte qui tout en confirmant cet insigne privilège de la .Mère de Dieu, n'aurait fait tomber I anathème que contre celui qui aurait dit que l’Eglise se trompe, lorsqu’elle enseigne que Marie a été conçue sans péché. Mais, se défiant de sa prudence et de ses lumières, il s’en rapportait, comme ceux des autres Evêques qui avaient éprouvé les mêmes craintes, à la sagesse et au jugement du Chef de l'Eglise. Voici comment il s'exprimait : « Très-Saint Père, tout ce que j’ai dit jusqu'ici, je l’ai «lit par obéissance et je le soumets très-volontiers, de cœur et en toute humilité, à votre jugement toujours sage, a votre prudence et k votre piété. Prosterné à vos pieds, je vous vénère, je vous loue, je vous glorifie, vous qui êtes le Vicaire de Jésus- Christ, le Maitre et le Docteur de ÏÈijlise. , chargé de confirmer vos frères dans la foi; le Pasteur des fidèles dans l’univers entier, la pierre sur laquelle le Christ a bâti sou Église, contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudront point (tout récemment nous en avons eu une preuve bien frappante); et je confesse qu'avec laide de Dieu je vous serai toujours uni. toujours attaché k cette pierre, jusqu k mon dernier soupir (I). »
(1) Teque Christi Yicarium. Eedcsiæ Ma^istrum et Uoctorem, fratrum confir- Miatorem, lidcliunt in universo mun lo Pustorcin, Petra supra quam ærlilicavit Christus Ecclcsiam, porlis infemi imperviim. . veneror, gtnuflexus laudo et exalto ; Tibique cousociatum ctisli i'elræ adbæientcm, usque ad «upremum spi-
[CL1X. — CÊSAREE (archevêché in partirus;.
L’Archevêque de Césarée infpaitibus a adressé au Saint- Siège, en date de Vienne le 8 septembre 1854, une dissertation où sont exposés d’une manière pressante les arguments et les preuves qui justifient la croyance à l'immaculée Conception de la Sainte Vierge, avec la réfutation de quelques objections, tant sur la doctrine que sur l’opportunité de la décision à intervenir. En finissant, il s'exprimait ainsi : « Et moi, dans ma faiblesse, prosterné aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ, je le prie d'agréer ce petit écrit, ainsi que le vœu que j’émets, comme tant d'autres qui ont été adressés au Saint-Siège, conjurant Sa Sainteté, en union avec mon humble Congrégation, de ne pas différer plus longtemps la déclaration tant désirée, en faisant un article de foi de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, dont non-seulement l'Eglise et le monde catholique, mais encore tout le genre humain, ont plus besoin que jamais, dans ces temps malheureux, d'éprouver la puissante protection (i). »