CLXXX. - CLO.NFERT (iblabue
Jean Deiiry, Évêque de Clonfert, écrivant au Pape en réponse h l'Encyclique du 2 février 1849, rend d’abord témoignage de la grande piété des fidèles de son diocèse et du peuple d’Irlande envers la Bienheureuse Vierge Marie, assurant Sa Sainteté, pour ce qui regarde l'immaculée Conception, que tous auraient été grandement scandalisés s’ils avaient entendu dire par des catholiques que la Mère de Dieu a été un moment fille de colère, que l’Épouse du Saint-Esprit a été souillée le moindre instant par le souille du malin esprit, que la Reine du ciel a mérité d’être exilée du royaume de son Fils, «ju’Elle a été elle-même atteinte par la morsure du serpent infernal, dont elle devait briser la tête dès le commencement. D’où il était facile de conclure avec quelle joie ils recevraient le décret par lequel le successeur de Pierre, le chef de l’Eglise, confirmerait le titre glorieux sous lequel l’univers catholique salue la Mère Immaculée de Dieu. C 'étaient aussi les sentiments de l’Évêque. Il pensait que l’esprit de l’Église était si manifeste, qu’il n’y avait plus lieu
(1) Voyez Ahnacii.
d’hésiter, ni pour le droit ni pour l'opportunité, 'a émettre le décret solennel depuis si longtemps désiré et si ardemment réclamé. « Aujourd'hui, disait-il, il est constant, il est hors de doute que la Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle. C'est la croyance de toutes les Eglises dispersées dans l’univers; c’est la croyance de l’Église Romaine, la Mère et la maîtresse de toutes les Églises. La fête établie en faveur de cette pieuse croyance par le Siège Apostolique, qui ne peut approuver l'erreur, nescia errons, les livres liturgiques revêtus de la même sanction, tout prouve surabondamment cette vérité, qui a d’ailleurs pour elle les saintes Écritures et les oracles des saints Pères. »
Ce Prélat désirait donc une définition dogmatique louchant l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie; mais, tout en s’en rapportant à la sagesse du Saint-Siège pour la manière de formuler celte définition, il désirait en même temps quelle 11e fût qu'indirecte, c’est-à-dire qu’on définit que l’Église ne se trompe point lorsque, suivant la pieuse croyance que tous doivent tenir pour vraie, elle proclame «|ue la Rienheureuse Vierge Marie a été exempte de toute tache, même dans le premier moment de sa Conception (I).
La lettre de l'Évêque de Clonfert est du 15 janvier 1850; le 22 août de la même aunée, étant au Concile de Thurles, il souscrivit la lettre par laquelle les Pères du Concile priaient le Souverain Pontife de définir, par un décret dogmatique et infaillible de la Chaire suprême du Prince des Apôtres, que la Rienheureuse Vierge. Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache du péché originel (2).
CLXXXL — CLOYN'E et ROSS (iiilamæ).
L'Évêque de Cloyne et de Ross, Timothée Murphy, a fait la même demande que les autres Evêques d’Irlande lorsque, de concert avec ces Prélats réunis en concile a Thurles, en 1850,
(1) Dalum Longreœ, Uic lojanuarii 1850: Pareui, etc., vol. III, pag. 211 1,
(2) Voyez Arma g ii .
il priait notre Saint-Père le Pape Pie IX île définir, par un décret dogmatique et infaillible, émané de son autorité apostolique, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache du péché originel : « Ut dogmalien et infallibili decreto Beatissimam Virginem Dei Genitricem absque alla peccali origimlis labe fuisse Conceptam definias (1). »