CXCV. — COMPOSTELLE (espagke
Il en est du diocèse de Saint-Jacques de Compostelle comme des autres diocèses d’Espagne. De temps immémorial on y croit à l’Iinmaculée Conception de la Mère de Dieu ; la Sainte Vierge y est honorée sous le titre de Marie conçue sans péché comme patronne titulaire de tout le royaume ; et depuis 1761 l’Église de Compostelle récite l’oflice propre de la Conception, autorisé pour toute l’Espagne par un Bref du pape Clément XIII. Cet office, qui a été approuvé dans le principe par Sixte IV, et qui a été accordé par Saint Pie V à l’ordre de Saint-François, est une profession publique de l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Ces faits sont rappelés dans la lettre que l’Archevêque de celte ville écrivait
(1) Voyei Milak
(2) Voyci Accu.
au Pape, le 4 novembre 1849, en réponse k l'Encyclique de Sa Sainteté. Cette lettre contient, en outre, les détails les plus édifiants sur les pratiques de dévotion qui se rapportent au culte de la Vierge conçue sans tache. Celle dévotion est si profondément gravée dans tous les cœurs, que les pères et mères se font un devoir de l’inculquer à leurs enfants, en leur apprenant h saluer la Reine du ciel sous le titre de l'immaculée Conception. Qu’elles sont belles ces paroles par lesquelles les parents et les enfants, les vieillards et les jeunes gens , tous sans exception , ont coutume d’achever leurs prières, soit dans les assemblées des fidèles, soit dans la famille : Bénie et louéesoit la très-pure Conception delà Bienheureuse Vierge Marie, conçue sans la tache ilu péché originel ! Aussi, le clergé et le peuple se sont-ils grandement réjouis, en croyant qu’était enfin arrivé le jour heureux où leur pieuse croyance allait être confirmée par un jugement solennel du Siège Apostolique.
L’Archevêque de Compostelle n’avait pas d’autres sentiments. Après quelques réflexions sur la croyance universelle de l’immaculée Conception, il terminait ainsi sa lettre : « Tout considéré, il faut nécessairement avouer, ou que Dieu très-clément a abandonné son Eglise, son Épouse chérie, et qu’il a souffert qu’elle tombât dans une erreur des plus graves (ce qui révolte), ou que l’on doit tenir pour absolument certain le sentiment qui soutient et défend que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle. C’est pourquoi je désire ardemment qu’il n’y ait plus aucun lieu de douter de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu ; je désire, par conséquent, que cette prérogative soit définie par un jugement solennel et l’autoritédu Siège Apostolique comme doctrine de l’Église catholique, et qu’elle soit mise au nombre des vérités de la foi. Cependant, Très-Saint Père, parce que les jugements de Dieu sont impénétrables, et que je me défie beaucoup de mes forces ou plutôt de ma faiblesse, humblement prosterné à vos pieds, j’attendrai que l’oracle de la
vérité se fasse entendre ; votre serviteur sera attentif à sa voix, à laquelle il sera toujours soumis et obéissant (t). »