CXCVI. — CONSERANS (France
L’Église de Conserans, dont le Siège a été supprimé par le Concordai de 1801, avait adopté le Rituel d’Auch, qui était pour toute la province. Or, d’après ce Rituel, les curés devaient annoncer, au prône, la fête de la Conception, suivant celle formule : « Le 8' jour du présent mois (de décembre) se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu u faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l’honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fut plus sainte qu’aucune des créatures et qu’elle n’eût point de part à leur corruption (2). »
CXCVIl. — CONSTANTINOPLE (Turquie).
G. M. Hjllereau, Archevêque dePetra inpartibus, Vicaire Patriarcal Apostolique de Constantinople , répondit aux questions de l’Encyclique du 2 février 1849 : « Les catholiques de ces pays ne le cèdent h personne dans le zèle qui les anime pour la défense des prérogatives de la Mère de Dieu, et dans la tendre dévotion qu’ils professent envers elle ; et l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge étant un objet tout particulier de leur vénération liliale, il est hors de doute que tout ce qui sera décidé ou réglé par la Sainte Église pour donner de l’accroissement a la dévotion sur ce point sera reçu par eux avec une joie et une satisfaction générales. Le clergé catholique, pénétré des mêmes sentiments, et appliqué comme il l’est déjà à alimenter par son exemple et sa di-
(1) Conipostellæ, die 4 nnv. 1849 : Parfri, etc., vol. II. pn?- 291 .
(2) Voyei Aor.n.
rection la dévotion envers Notre-Dame, adoptera avec empressement l’Oflice publié avec l’agrément de Votre Sainteté, qui en a autorisé l’usage dans le monde entier. »
Cependant, ne croyant pas qu’une définition dogmatique fût opportune, ce Prélat proposa ses doutes au Pape, ajoutant qu'il s’en rapportait au jugement du Saint-Siège.
« Voilà, Très-Saint Père, disait-il, voilà ce que j’ai cru devoir dire à Votre Sainteté, en réponse à votre vénérée Lettre Encyclique, protestant, du reste, que, même dès ce moment, j’adhère de cœur et d’esprit à tout ce que Votre Sainteté, dans la plénitude de la sagesse et l’abondance des grâces quelle reçoit d’en haut, jugera à propos d’établir et de régler au sujet de la Conception de la Vierge Marie, de concert avec vos vénérables frères dans l’Épiscopat il).
CXCV1II. — CONSTANTINOPLE (église arménienne).
A. Hassun, Archevêque Primat arménien de Constantinople, répondant à l’Encyclique du 2 février 1849, s’exprimait ainsi : Très-Saint Père, c’est avec la plus grande joie et la plus grande consolation que nous avons appris par les lettres de Votre Sainteté, du 2 février, qu'un grand nombre d’Évéques, de Prélats, de maisons religieuses et la plupart des fidèles qui ont de la piété et de la dévotion envers la Vierge Marie, ont demandé avec instance au Saint-Siège apostolique qu’il fût enfin décrété par un jugement solennel et exprès du Saint-Siège Romain, que la Conception de celte même Vierge Mère de Dieu a été Immaculée et exemple de toute tache originelle. Nous unissons nos vœux et les vœux de tous les nôtres aux demandes de ces Prélats et de ces fidèles, et nous désirons vivement que cette exemption de tout péché originel dans Marie, que sa Conception très-pure, que nous professons ici sans aucune discussion, et que nous vénérons, soit
(t) Conjtantinople, le 4 juin tS49 : Pabbbi. clc..vol, 1, pag, 2G3,
proclamée dans (oui l'univers catholique, cl qu’elle soit pieusement honorée par tous les chrétiens ; car Dieu a choisi Marie pour en faire le vase plein de ses grâces, et il a mis ses complaisances en elle.
« Quoique dans notre Église Arménienne ce privilège de la Vierge Marie soit reconnu comme certain par tous les fidèles ; quoique chaque année on célèbre avec pompe la fête de l’immaculée Conception de cette Bienheureuse Vierge, cl que tous professent publiquement, même dans les hymnes de l’Eglise, qu'elle n’a jamais été souillée d’aucune tache dans son origine ; cependant, pour faire ressortir avec plus d’éclat la croyance de notre nation sur ce point, et nous conformer d'ailleurs aux ordres de Votre Sainteté, nous avons réuni nos prêtres, nous les avons interrogés, et, après avoir recueilli leurs suffrages, nous avons acquis la certitude qu’il ne s’est jamais élevé aucun doute dans notre Église Arménienne sur l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge, et que notre nation en est tellement persuadée, qu’elle a toujours repoussé avec horreur l’opinion contraire.
« En effet, ayant examiné avec soin ce qu’ont pensé de cette question les Saints Pères de notre nation, nous avons reconnu que, dès les premiers siècles de l’Église, ils confessaient dans les hymnes ecclésiastiques, que la Vierge Marie a été bénie dans le sein de sa Mère, et qu’elle en est sortie exempte de toute tache ; que celte Vierge est une fleur qui n’a jamais langui, une iillc d’Adam qui n’a point encouru la damnation de notre premier père (damnation qui est tombée sur les autres hommes), Sobolem Adæ imlemnatam.... Solutam ab omni Adædamnatione.... C'est pourquoi nous désirons tous souverainement que celte doctrine soit reçue par tous et qu’elle se répande dans toutes les parties du monde, tant pour la plus grande gloire de Dieu que pour ranimer de plus en plus la dévotion envers la Très-Sainte Vierge Marie, aiiu que nous puissions nous livrer à la joie, en voyant que celle que nous vénérons ici comme comblée des richesses de Dieu et que nous confessons comme ayant été exempte de toute
damnation, indemnalam, a été elle-même reconnue par toute la terre comme gratifiée de ce privilège il). »