CCXII. — CSANAD ( Hongrie
Alexandre Csajaghy, Évêque de Csanad, écrivait au Cardinal Scitowski, primat de Hongrie, le 12 octobre 1854, que, malgré l’envoi déjà fait par lui au Cardinal .Viale-Prejà de l’expression de son vœu, relativement à l'immaculée Conception, il profitait avec plaisir de l’occasion que lui offrait Son Eminence de réitérer sa profession de foi sur ce sujet. Après avoir énuméré les graves motifs sur lesquels reposait sa conviction, il disait : « Je déclare positivement que, d’après l’Écriture et la Tradition, je crois que la Vierge Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle. Je ne saurais dire si la foi du peuple fidèle est aussi explicite que la mienne; mais j’afiirmerai en toute certitude qu’elle existe implicitement dans la piété et dans le culte dont la Mère de Dieu est l'objet partout, et qui distingue spécialement le peuple hongrois. Il y a des formules d’invocation qui partent de toutes les bouches, et qui s’appliquent si manifestement à l'immaculée Conception, qu’on serait saisi d'horreur si quelqu’un venait à assimiler la Sainte Vierge aux autres filles d’Adam qu'atteint le péché originel. Je prie Dieu d'assister l’Église de telle sorte, qu’elle proclame, par sa parole infaillible, celte prérogative de la Mère de Dieu (2). »
(1) Voyez Appendice 11.
(2> Makovi», die 14 oct. 1854 : Pakebi, elc., vol. IX, «pp. Il, pag. 69.
CCXllI. — CUBA (amémqce méridionale).
Cyrille IVOca-Almeda, Archevêque de Saint-Jacques de Cuba, élu Archevêque de Burgos. écrivit au Souverain Pontife, en 1849 : « Très-Saint Père, en parcourant les Lettres de Votre Sainteté, du 2 février de l’année courante, je n’ai pu me contenir et je me suis écrié : Béni soit Dieu et le Père de toute consolation ; voici que le jour approche, où le mystère de l'immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu étant proposé au peuple chrétien comme dogme de foi, tous les catholiques le croiront de cœur et le confesseront de bouche...
« Plus l’ennemi du genre humain a montré d’audace et de fureur contre le culte de la Vierge, qui a triomphé de toutes les hérésies dans le monde, plus aussi les Évêques, le clergé et le peuple chrétien ont montré de vénération pour celle qui a été exempte de toute tache commune aux enfants d'Adam ; plus ils ont fait d’efTorts pour obtenir qu’on ne pût révoquer en doute son Immaculée Conception sans encourir la note d’hérésie. De la ces demandes tant de fois répétées, les vœux si fervents de presque tous les fidèles, priant le Saint-Siège de définir enfin comme doctrine de l'Eglise catholique celte insigne prérogative de la Mère de Dieu.
« Outre les autres causes communes aux Evêques des autres pays, il en est qui me portent particulièrement a faire connaître mes sentiments a Votre Sainteté. Comme je suis Espagnol, membre de l’Ordre royal de Charles III, cl enfant de l'Ordre séraphique, dont j'ai eu plusieurs années la direction générale, je ne dois rien tant avoir a, cœur que de voir le décret par lequel le mystère que j’ai défendu, a tant de titres et de toutes mes forces dans les différentes conditions où je me suis trouvé, soit défini comme doctrine de l'Eglise catholique, par le Vicaire du Divin Fils de la Vierge Marie, par le successeur légitime du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, par le Docteur et le Maître infaillible de la fui chrétienne.
Cette définition, je la désire de tout mon cœur avec tout le clergé et tous les fidèles de mon diocèse ; je l’attends avec la plus grande confiance; je la demande humblement, mais avec instance h Votre Sainteté. On ne peut douter que ce ne soit le vœu de toute la nation espagnole, le vœu même de tout le peuple chrétien répandu dans l'univers. Oh ! quel heureux jour, que celui où l'on entendra cel oracle du Siège Apostolique ; Il faut croire que la Très-Sainte Mère de Dieu a été exemple de la tache originelle, dont le genre humain a été souillé à cause du péché d’Adam. Celui qui ne croira pas que la Vierge, Mère de Dieu, a été conçue sans péché, qu’il soit anathème. Ce sera le jour que le Seigneur aura fait : Nous nous réjouirons et nous tressaillerons d'alléijresse (1 ). »