‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 169 sur 279 · CCXLI. — FELTRE et BELLUNE (losibaiidie · texte numérisé non relu

CCXLI. — FELTRE et BELLUNE (losibaiidie

L’Evéque de Fellre et de Bellune écrivait au Pape, en 1 8i9, le jour même de la fête de Sainte Anne, Mère de la Bienheureuse Vierge Marie: « Les hommes les plus distingués par la sainteté, le génie et la sagesse, ont toujours fortement désiré que l’Eglise ou l’Oracle infaillible des Souverains Pontifesmit au nombre des dogmes de la foi, par une définition

il] Très regni slatus ad dcl'endendam Immaciilatam cjusdeni Bcalæ Virginia Conccptioncm usi|uc ad ullimum vilæ discrimen jurejnrando scsc obslrinxcrunt, add, nies ca verba : * Quicunii|UC liuic solemni volo ac jurejurindo in obviam ire audacler lenlavcril, ai civis, alieuigenuun laciemus, ac, nulJa mon iulerposita, a fiuibus noslri imperii volunius amandari, si rca ipse fucril, ira Onmipotcnlis I)ei acnoslresubjaceal imprecalioni, cl uoatroruni scriem inlcrrumpal. Pamri, etc. , col. I, pag. 509.

[2) Faraonis, i6 auguati 1849 : Paun, etc., vol. I, pag. 508.

solennelle, ce qui a toujours été cru pieusement et vénéré par presque tous. Car l’esprit a horreur d’avouer que la Mère du Seigneur, que celle qui devait briser la tête du serpent, a été elle-même brisée un instant par l’ennemi du genre humain. Hoirescit enim animas fateri Malrem Domini, quœ serpentin cajml erat contrilura, quandoquidem ab eo fuisse contrUam. »

Après avoir développé cette pensée et cité quelques Pères de l’Eglise, ce Prélat pressait le Vicaire de Jésus-Christ de détinir enfin l'immaculée Conception de la Vierge Marie : « Achevez, Très-Saint Père, ce que vous avez commencé, élevez, je vous prie, à la dignité d'un dogme inébranlable, ce que vous méditez très-pieusement d'esprit et de cœur ; sanctionnez de votre autorité ce que nous chantons nous-mëines avec joie dans les églises ; n’en doutez point, tous les peuples embrasseront dévoiement le décret de Votre Sainteté (i). »

CCXUI — FF.REiNTINO (états pontificaux).

On lit dans la lettre que Bernard-Marie Tiiiabassi, Évêque de Ferentino, écrivait à notre Saint-Père le Pape eu 1849 : a Je puis attester à Votre Sainteté que le clergé et le peuple confié à mes soins, ayant eu connaissance de votre Lettre Encyclique (où il s’agit du projet de détinir dogmatiquement l’immaculée Conception de la Vierge Marie), tous mes diocésains ont été unanimes h manifester le vœu que cet insigne honneur soit enfin rendu, le plus tôt possible, à Notre-Dame, l’immaculée Mère de Dieu ; car cette pieuse croyance a jeté de si profondes racines dans tous les esprits, on la regarde

(1) Semper viri inlegritatc vit», ingenio cl sapienlia præstanlissimi velicmenter opt irunt, ut ali<|uando ab Ecclesia, aul ab infallibili Uomanorum PontiGcum oracul» inler lidci dogmala solcmni dclinitioce ecnscatur quoi! pie semper fere ab omnibus creditum vcneratuui est... Perge, B. P., quocœpisli; evebe, supplcx deprecor, ad dogrnatis dignilatem et inconcussam siabililalcm quod mente et corde piissirr.c revolvis, ac ilia ! lirriia quod nos ipsi læticanimus in Ecclcsiis ; neque dubites quin populi omnesdefinitioucm quam profères sint devoloauimo amplexuri. Beîlutu, in fe$to S. Annm Mairù B. M. V.t 1849 : Païieri, elc., roi. lf pag. 432.

comme si certaine, qu’on ne croit pas qu’il soit plus permis d’en douter que s’il s’agissait d’un dogme de la foi. »

Ayant ensuite solidement établi, dans sa lettre, la vérité de l'immaculée Conception de Marie, comme étant fondée sur la Tradition de tous les temps et la croyance générale des Églises de l’Orient et de l’Occident, le savant Prélat arrive à celte conclusion : « Donc il est prouvé, non par de vaines conjectures, mais par des monuments qu’on ne peut contester, que le sentiment qui est pour l’immaculée Conception de la Vierge Marie a été commun, dès les temps les plus anciens, tant au peuple chrétien qu’aux Pasteurs des Églises. Or, comme il n’y a pas d'effet sans une cause proportionnelle, il est nécessaire que cette persuasion universelle dans l’Église ail une origine commune; et, comme il s’agit d’un fait ide l’exemption du péché originel dans Marie dès le premier instant de son existence), fait qui n’a pu être connu que par une révélation divine, on conclut nécessairement qu’il y a toujours eu partout dans l'Eglise une tradition constatant la révélation de ce fait, soit qu’il nous ait été transmis explicitement, soit que l'on admette qu’il soit implicitement contenu dans d’autres vérités de la foi, surtout dans celles qui appartiennent au mystère de l’Incarnation et à la maternité divine. Quelque parti que l’on choisisse, nous aurons toujours la même conclusion, savoir, que cette croyance de l’Église, que cette vérité, qui exempte de la tache du péché originel la Conception de la Vierge Marie, remonte aux temps les plus reculés et qu’elle est contenue dans le dépôt de la foi révélée.

« Ainsi, non-seulement celte croyance peut et doit être reçue comme très-certaine, mais elle peut même être regardée comme appartenant au dépôt sacré de la foi divine, et pour cela même elle peut être délinie. El cette définition n’est pas seulement possible, elle est même, a mon avis, très-opportune, pour ne pas dire nécessaire... C’est pourquoi , prosterné à vos pieds, je vous prie, Très-Saint-Père, je vous conjure de ne point abandonner l’œuvre sainte que vous avez commencée, mais de la suivre et de la presser,

jusqu’à ce que vous l’ayez heureusement achevée : le jugement dogmatique que vous prononcerez du haut de la Chaire Apostolique, en faveur de l'immaculée Conception de la Vierge, sera agréable à Dieu, glorieux pour Marie, honorable pour Voire Sainteté, utile à l'Église, funeste au démon. Qu’il paraisse donc au plus tôt ce jugement, c'est ce que je demande et ce que je demanderai sans cesse à Dieu et à la Mère de Dieu (1). »

CCXLlll. — FERMO (états pontificaux).

MM. le Cardinal De Angelis, Archevêque de Fermo; le Cardinal Soglia, Évêque d’Osimo et deCingoli; le Cardinal Coksi, Évêque de Iesï; le Cardinal Cadolieu,, Évêque d’Ancône: Felicissime Salvini, Archevêque de Camerino et administrateur de l’Eglise de Treia ; François Des Comtes Biuganti- Colonna, Archevêque-Évêque de Recanali et de Lorelte; Alexandre Ahceloni, Archevêque d’Urbain ; Louis Des Comtes Carsidoni, Évêque de Fano; François Faldi, Évêque de Fabriano et de Maleiica ; Boniface Cajani, Évêque de Cagli et de Pergola: Éléonore Abonne, Évêque de Montait; Jean-Charles Gkntiu, Evêque de l’esaro; Louis, Evêque de Macerata et de Tolentino; François Mazzuou, Evêque de San Severino; Camille Bisleti, Évêque de Ripatransone ; François-Juste De Recanati, Évêque de Tripoli, administrateur de Sinigaglia ; Guerr'Anloine Boscarini, Évêque de San Angelo in Vado et d’Urbania; Crispin Agostinucci, Evêque de Montfeltre, et le chanoine Rodilossi, délégué de Grégoire Zelli, Évêque d’Ascoli, étant réunis à Lorette en 1850, sous la présidence du Cardinal De Angelis, manifestèrent au Pape le vif désir d'une définition dogmatique touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie.- On lit dans la lettre qu’ils adressèrent à Sa Sainteté : « Nous tous tant que nous sommes. Pasteurs des Picéniens et des Métaurensieos, assemblés sous les

(1) Keieutini, VI Non. sept. 1840 : Paheiu, etc., vol. IX, app. I, pag. 5.

auspices de la Bienheureuse Vierge Marie, non loin de la sainte maison de Nazareth où le Verbe s’est fait chair, nous efforçant de faire tout le bien qui peut contribuer h la plus grande utilité de nos ouailles, inspirés en quelque sorte h la vue de cet insigne monument de l'Incarnation divine, répondant à l'ardeur de notre piété et de notre amour pour la Mère de Dieu, nous osons, Très-Saint Père, exprimer les désirs de notre cœur à Votre Béatitude, en la priant de vouloir bien décréter, comme doctrine catholique de la sainte Eglise, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exempte de toute tache originelle. Il nous a paru que rien ne peut s’opposer h ce décret, car il a pour fondement une révélation divine, qui est contenue, au moins implicitement, dans les saintes Écritures, et, d’une manière expresse, dans la Tradition des Pères et dans la coutume universelle - de l'Église ; il a pour appui l’autorité permanente et vivante de celle même Eglise, Ecclesix mayisterium, la croyance commune et le culte public des fidèles; et, suggéré par les actes du Saint-Siège, il est depuis longtemps réclamé par la plupart des Evêques catholiques et par presque tous les ordres religieux. Il est h notre connaissance que tout le peuple chrétien éprouvera certainement la plus grande joie, comme nous l’éprouverons nous-mêmes, h partir de l’heureux moment ou il sera permis, non-seulement d’ajouter cette éminente prérogative aux autres titres glorieux de la Mère de Dieu, de la louer et de la célébrer dans nos Cantiques, mais de l’honorer et de la vénérer comme un dogme de notre sainte Religion (1). »

Déjà en 1849, Son Éminence le Cardinal De Angelis avait prié Sa Sainteté, en son nom et au nom de ses suffragants, d’achever ce qu elle avait commencé et de décréter par un jugement solennel que la Très-Sainte Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle. On voit par la lettre de cet Éminent Prélat que le clergé et le peuple du diocèse de Fermo

(1) Laurcti, 5 Idusmarüi 1850. — Voyez 1' Appendice III.

désiraient également que l'immaculée Conception, pour laquelle ils ont toujours montré une grande dévotion, fut définie comme doctrine de l'Eglise. Aussi c’est avec bonheur qu'ils avaient appris, en 1844, que l’Archevêque avait obtenu du Saint-Siège la faculté d’insérer le mot Immaculala dans la préface de la Messe de Conceplione, et l’invocation Reine conçue sans péché dans les litanies de Notre-Dame de Lorette (1 ).

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