‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 168 sur 279 · CCXL. — KARO «Portugal · texte numérisé non relu

CCXL. — KARO «Portugal

Antoine-Bernard de Fonseca-Monix, Évêque de Faro, répondant h l'Encyclique de Sa Sainteté, le 16 août 1849, rend d’abord le plus beau témoignage de la piété de son diocèse et du royaume envers l’immaculée Conception de la Clorieuse Vierge Marie. On voit dans sa lettre que les fidèles, tant ecclésiastiques que laïques du diocèse, ont toujours cru à l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Depuis les temps les plus reculés, ce mystère est gravé dans tous les esprits et dans tons les cœurs comme un dogme défini par l’Église. Il ne se manifeste parmi eux aucun doute, aucune dissension, aucune opposition. C’est une pieuse et sincère croyance, une grande et tendre dévotion qui fait les délices de tous. Les saisons et les années se succèdent, tout change; il n’y a que l'honneur qu’on rend b la Bienheureuse Vierge qui ne change point. On trouve partout des églises, des oratoires, des monastères, des associations b l’honneur de l'immaculée Conception ; partout, les fidèles vénèrent avec joie la solennité de ce mystère. Cette dévotion est si ancienne dans le diocèse de Faro et dans les autres diocèses du Portugal, qu’il est impossible d’en assigner l’origine. Aussi les Portugais ont-ils manifesté, en diverses occasions, le désir d'une définition touchant le mystère de l'immaculée Conception ; ils l'ont manifesté principalement dans les assemblées générales du royaume tenues b Lisbonne, en 1646; où la Mère de Dieu, comme Immaculée dans sa Conception, a été proclamée présidente et patronne de tout le royaume ; et les trois Etats de cette nation se sont engagés par serment b défendre jusqu’au péril de la vie l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge, en décrétant : « Quiconque aura l’audace de violer ce vœu et ce serment solennel, s’il est citoyen, nous voulons qu’il soit aussitôt banni du territoire de l’empire ; s’il est roi, qu’il soit exposé b la colère de Dieu tout-puissant et b notre

imprécation (1). » C'est pourquoi, ajoutait l’Évêque, lorsqu’il plaira au Siège Apostolique de délinir le mystère de l'immaculée Conception, on ne peut douter que celte définition, si ardemment désirée depuis des siècles, ne soit reçue par tous les fidèles avec autant de joie que de vénération.

Après avoir exposé la croyance de ses diocésains, M. de Fonseca développe les preuves de l'immaculée Conception, tirées de l’Écriture sainte, de la doctrine des Pères et des Docteurs de l’Eglise, des Conciles, des constitutions des Souverains Pontifes, de l’enseignement des Universités et du culte public qu’on rend à Marie conçue sans péché. Après quoi il finit sa lettre, eu disant, que déjà depuis longtemps la pieuse croyance qui exemple la Très-Sainte Mère de Dieu du péché originel était regardée comme digne d être confirmée par un décret dogmatique ; mais qu’il était réservé à Sa Sainteté de rendre ce décret par une définition solcuuelle plus opportune alors qu’auparavant, vu le grand besoin qu’on avait du secours et de la protection delà Très-Sainte Mère de Dieu pour repousser les attaques des impies et des autres ennemis de l’Eglise (2).

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