CCLXVI. — GIRONE i espagne
Florent Lohente, Evêque de Girone, répondit, en 1850, à l'Encyclique du '■l février 1849. On voit par sa lettre qu'il était persuadé que la Bienheureuse Vierge Marie a été, en vue des mérites futurs de son Fils, préservée et exempte de la contagion du péché d’Adam, comme l'Arche de Noë a été préservée des eaux du déluge, et il annonçait avec joie que le clergé et le peuple fidèle de son diocèse partageaient et professaient les mêmes sentiments. Puis, après avoir énuméré les titres de cette ancienne croyance et les pieuses pratiques envers l'immaculée Conception, qui, de temps immémorial, sont en usage non-seulement dans la province de la Catalogne, mais dans toutes les parties des Espagnes, où Marie est honorée comme Patronne de tout le Royaume, il demandait h Sa Sainteté de vouloir bien définir, par un jugement irréfragable, comme dogme de la foi catholique, la Conception de la Vierge Immaculée, a laquelle il croyait pieusement et fermement et qu'il se glorifiait de professer avec le clergé et les fidèles de son diocèse (1).
GCLXVU. — GLANDÈVE (fhamce).
L’Eglise de Glandève, dont le siège a été supprimé par le Concordat de 1801, professait publiquement l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Le Rituel à l’usage de ce diocèse, publié en 1751 , par André-Jean-Baptiste De Castellane, Evêque de Glandève, contient la formule suivante pour l’annonce que les curés devaient faire de la fête de la Conception : « Le 8 du présent mois « de décembre), se célébrera la fête
ceptio nunquam arnplius in dispulationem vocctur. Gibraltarim, die 10 januarii 1850: Pabeui, etc., vol. III, pag. ‘26.
(1) Niliil arnplius, Beati$*imc Pater, me posée expetere cogito, nisi ut... qnam utios Yestro irre fraya bili jti licio, tanquam tlogina lide citholica tcnciulum Immaculatœ Virginia Mari» Conceptionem definirc digneris. Gerund*, VIU kal. april. onn. 1850 : Pa reri, etc., vol. 111, pag. 86.
de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel : il était en effet de l’honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu'aucune des créatures, et qu’elle n’eût point de part à leur corruption (1). »
Si nous remontons plus haut, nous voyons un autre Evêque de Glandève, Pierre Marini, souscrivant, en 1457, les actes du Concile d’Avignon, qui prescrivait d’observer invariablement le décret du Concile de Bâle, touchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu (2).
CCLXVI1I. — GNESNE ( boi-ocnk).
Le Concile Provincial de Gnesne, de l’an 1510, a porté le décret suivant touchant la fêle de la Conception de la Vierge Marie : « Le Saint-Synode ordonne que la fête de la Concep- « lion de la Bienheureuse et très-glorieuse Vierge Marie, Mère « de Dieu, soit désormais célébrée, dans toute la Province de « Gnesne, avec octave, suivant l’ofiîce de Léonard De Noga- « rôles, Protonolaire apostolique, Docteur en Théologie, pu- « blié et approuvé par le Pontife Romain Sixte IV (ô). »
Or l’immaculée Conception de la Vierge est formellement exprimée dans cet Oftice. On y lit en effet : « Vous êtes toute belle, ô Marie! et il n'y a point de tache en vous. — C’est aujourd’hui (la fête de) I’Immaculée Conception de la Sainte Vierge Marie. — Dieu, qui par I'Immacclée Conception de la Vierge avez préparé à votre Fils une demeure digne de lui. — Célébrons Y Immaculée Conception de la Vierge Marie ; adorons le Christ qui l’a préservée du péché (4). »
(1) Rituel à l'usage du diocèse de Glandève; Paria, 1751. pag. 523.
(2) Voyei Aviosos.
(3) Schannal, Contiha Gtrmani », tom. VI, pag. 77 et 78. — Voyea Imi- MCI 111.
(4) Yoye* Arrimes 11.
Ce Concile se composait de Jean. Archevêque de Gnesne, qui était le président; de Bernardin, Archevêque de Léopol; de Vincent, Évêque de Wladislaw; de Jean, Évêque de Posnanie ; des Abbés et de leurs Chapitres ; des Procureurs ou représentants des Évêques de Cracovie, de Breslaw, de Plocke, de Wilna, et de plusieurs autres Prélats tant réguliers que séculiers.
CCLXIX. — GORITZ et GRADISKA ( illïrie, dans les états autrichiens).
Fr.-Xavier Lushin, Archevêque de Gorilz et de Gradiska, répondit à l’Encyclique de Sa Sainteté, le 12 mai 1849. Il rend témoignage de la croyance du clergé et du peuple de son diocèse touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, h laquelle il croyait lui-même. 11 annonçait au Pape qu’il allait faire venir de Rome, pour son diocèse, le nouvel Office propre de Immacidata Conceptione B. M. V. , qui est une profession de foi publique, expresse et solennelle de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Cependant il n'était pas d’avis que cette prérogative fût définie, du moins aussitôt, comme article de foi; il craignait que cette définition ne fût une occasion, ou plutôt un prétexte, pour les Protestants et autres ennemis de la Religion catholique, de renouveler leurs invectives et leurs calomnies à l’égard de notre Mère, la Sainte Église Romaine ; mais il terminait sa lettre en protestant de son profond respect et de sa profonde soumission envers Sa Sainteté (1).