‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 210 sur 279 · CCCXV. — LANGRES (France · texte numérisé non relu

CCCXV. — LANGRES (France

En 1843, Pierre-Louis Parisis, alors Évêque de Langres, écrivit au Pape Grégoire XVI, pour le prier de définir, comme article de foi, la croyance généralement reçue dans l'Église touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie; ajoutant que tous applaudiraient à celte définition et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Gregorium locutus est (3).

De plus, l’Encyclique de notre Saint-Père le Pape Pie IX, datée du 2 février 1849, ayant paru, M Parisis y répondit, le l" août de la même année, en attestant à Sa Sainteté, au

(1) Datant TheaUe, die 18 martii 1818. — Voyez Chrieti.

(2) Datura Auxani, dir* 7 nov 1*48 : Fareri, etc., vol. IX, pag. 265

f5) Voyez Arras.

Pasteur suprême de nous tous, adsnpremum omnium nostnm Pastorem, que le clergé et le peuple fidèle de son diocèse étaient animés d’une dévotion particulière envers la Conception de la Vierge Immaculée, et qu’il désirait souverainement qu’il fût enfin décrété, par un jugement solennel de l'Église, que la Très-Sainte Vierge. Mère de Dieu, a été conçue sans la tache originelle. Il défendait lui-même, de toutes ses forces, la très-pieuse croyance de l’immaculée Conception, et il nourrissait ses ouailles de cette doctrine (I).

En effet, il publia en 1849 une Instruction pastorale, pour prouver l'immaculée Conception de la Vierge Marie. Après avoir établi celte vérité par l’Ecriture et la Tradition, par les Constitutions et les actes des Souverains Pontifes, par la Liturgie et la croyance générale de l'Eglise, il s'exprimait en ces termes :« Nous dirons donc, avec saint Anselme, que c’est une vérité hors de tout doute que le corps très-chaste et l'âme très-sainte île Marie ont été, dès l’origine, placés sous la garde des Anges, et ainsi préservés absolument de toute tache du péché (2).

« Nous le croyons, parce que, 1° si l'union hypostatique a rendu le péché impossible dans l’humanité sainte de Jésus- Christ, la maternité divine, qui a fait vivre le Fils de Dieu de la vie de sa sainte Mère, a rendu le péché inadmissible dans Marie.

« Parce que, 2° Marie ayant été prédestinée éternellement, comme le principe d'un monde nouveau, cl n’entrant aussi bien que l’humanité du Sauveur dans les générations humaines que sous l'hypothèse miséricordieuse de la Rédemption, la loi commune ne devait pas lui être appliquée; et c’est pour cela que Dieu a placé des inimitiés entre elle et le démon dont elle a écrasé la tête, et qui a cherché vainement à lui tendre des embûches (3); et c’est pour cela que, selon la parole de saint Pierre Damien, la chair virginale de Marie

(1) Parisiis l.uteùarum, 1 die nuguMÎ 1849 : PaiiEBi, rtc . vol. I, pag. 473

(2) Lib. de Excellent. B. V. M.„ cap lit

(3) Genea., IU, 15.

n’a pas reçu la tache qui nous vient d’Adam, quoiqu’elle fût issue de lui : Caro virginis ex Adam sumpta maculas Adx non admisit (1).

« Parce que, 3° la Tradition tout entière témoigne en France de cette chère croyance; les monuments des Églises d’Orienl et ceux des Églises Latines, les témoignages des Saints Pères et les paroles de la Liturgie sacrée, les usages des diocèses et les coutumes des Ordres religieux s’accordent merveilleusement avec la suprême autorité des Papes, pour proclamer que Marie est pure dès sa Conception ; tellement que nous possédons sur ce point, quoiqu’il ne soit pas encore obligatoirement défini, l’antiquité, l’universalité, la perpétuité, qui sont toujours le principal fondement des dogmes eux-mêmes.

« Parce que, 4* le saint Concile de Trente, en se refusant expressément h comprendre Marie dans le décret du péché originel, et en renouvelant, pour ce qui concerne la Mère de Dieu, les constitutions du Pape Sixte IV, qui permettaient dans l'office public de déclarer Immaculée la Conception de Marie, a fait assez comprendre quelle est au fond, sur ce fait mystérieux, la pensée intime de l’Eglise.

« Parce que, 5* il serait impossible de comprendre que la Conception de la Bienheureuse Vierge fût l’objet d’une fête, si elle était précisément le seul côté par lequel cette Vierge divine ne fût pas pure; attendu surtout qu’il n’est pas permis de faire la solennité religieuse de ce qui n’est pas saint.

« Voilà notre pensée : elle est ferme, précise, inébranlable; après les dogmes de foi, nous n’avons rien de plus sûr. Maintenant, notre désir, ah ! c’est que de plus en plus tous les hommes de foi partagent cette pensée; c’est que le Saint- Siège, qui déjà, dans sa paternelle indulgence, s’est rendu à nos premiers vœux, en permettant et en donnant au monde un office spécial de l’immaculée Conception, daigne, selon sa suprême prudence, prendre les moyens efficaces pour que ce

(1) Serra, de Annunt.

consolant office soit unanimement récité dans tous l’ui catholique; c'est enfin que cette croyance sur laquelle permet que se concentrent aujourd'hui tous les vœ comme toutes les espérances du peuple chrétien, que croyance, qui n'est encore appuyée que sur des preuve sées, il est vrai, aux sources les plus pures de la vérité < lique, mais établies seulement par les appréciations du ment humain, soit confirmée en quelque manière pa définition expresse de Celui h qui il a été dit de confirm frères : Confirma fratres luos (1).

« Nous serions au comble de nos vœux, si, avant d miner une trop inutile existence, nous pouvions enten grande voix de l'Église proclamer dans tout l’univers ( nous aimons à redire du fond de notre cœur : Salut, ô IV trice du monde tombé! Jamais! non, jamais vous n’av atteinte par aucun péché (2). »

Le même Prélat a souscrit le décret du Concile pro\ de Lyon, de l’an 1850, par lequel les Pères de ce C sollicitaient du Pontife suprême la définition dogmatû l’immaculée Conception de la Vierge Marie (5).

Nous ajouterons : Le Bréviaire publié, en 1850, par : rité de Gilbert-Paul Aragonnès D’Orcet, Évêque de Lai exprime bien clairement la croyance de cette Église toi l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie lit, dans l'office de la Conception, l’Oraison suivante ; qui, pour l’honneur deNotre-Seigneur Jésus-Christ, avi servé sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, de toute du péché, nous vous prions de nous purifier par votre de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure C tion( 4). »

(1) Luc, XXII, 32.

(2) Instruction pastorale du 2 juillet 184 9 : Tareui, etc., vol. VII, pag

(3) Yoyex Ltok.

(4) Breviarium Lingonense, etc., in Seminario Lingonensi. 1830.

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