‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 211 sur 279 · CCCXVI. — LARINO (royaume de naples · texte numérisé non relu

CCCXVI. — LARINO (royaume de naples

Pierre Bottazzi, Evêque de Larino, écrivait au Pape en 1848 : « Très-Saint Père, tous les fidèles du Christ ayant éprouvé les effets de la souveraine protection de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, l'honorent d'un culte particulier, principalement sous le litre de sa Conception Immaculée dès le premier instant de son existence, qu’ils célèbrent avec une grande solennité. Je prie donc très-instamment Votre Sainteté de définir du haut de la Chaire Apostolique, comme dogme de foi, que la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée même dans le premier instant de sa Conception. Cette définition sera pour la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour l’honneur de sa Très-Sainte Mère, pour la consolation et la joie de l’Église (1). »

A peine l’Encyclique du 2 février 1849 eut-elle paru, que l’Evêque de Larino renouvela, tant au nom du clergé et du peuple de son diocèse qu’en son nom propre, la demande qu’il avait faite en 1848, citant à l’appui les Pères de l’Église et le décret du Concile de Bâle (21.

CCCXVH. — LATRAN (église de saint-jean de latrani,

Le Cardinal Barberini, Archiprctre de la Basilique de Saint- Jean de Latran, le Chapitre et le clergé de cette même Église, exprimèrent au Souverain Pontife leurs sentiments par une lettre collective, en date du XIU des Kalendes de décembre 18"4: « Très-Saiut Père, disaient-ils en commençant, les chanoines et le clergé de votre Église cathédrale de Latran désirent bien vivement que la doctrine de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, qui jusqu'ici a tou-

(!) ImmacuUaiu Conceplionetn (U. M. V.) in primo instanti, utidogma de lide, ex Cathedra definias Beilitudinem Tuam oinni prece faligo. Larin., du i nos. 1848 : P are ai, etc., vol IX, pag. 173.

(1) Datum Larin., die 14 aprilia 1849 : Parmi, etc., vol. I, pag. 12.

jours été reçue dans l'Eglise, soit mise au plus tôt au nombre des dogmes de la foi catholique par l’autorité suprême et infaillible de votre parole, et ils osent vous adresser a cet effet leurs instantes prières. »

Après celte déclaration claire et explicite, ne voulant point entrer dans l'exposition et le développement de toutes les preuves apportées par les théologiens à l'appui de la pieuse croyance, ils se bornaient h invoquer celle qui ressort du sentiment général et traditionnel de l'Église, depuis les temps Apostoliques jusqu’à nos jours, et s'exprimaient ainsi en finissant : « Il ne manque donc plus qu'une seule chose, Très- Saint Père, c’est que Pierre parle par votre bouche et définisse enfin comme devant être tenu pour dogme de foi par tous ce que déjà tous les Pasteurs prêchent et ce que tous les fidèles croient dans toute l'Eglise. Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, ils vous supplient très-humblement de combler leurs vœux qui sont en même temps ceux de tout l'univers catholique ( 1 ). »

CCCXV1I]. — LAUSANNE et GENÈVE (suisse).

Étienne Marilley, Évêque de Lausanne et de Genève, se trouvant à Home pour la solennité de la proclamation du dogme de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, écrivit à notre Saint Père le Pape, le 15 novembre 18ô4, pour lui exprimer les sentiments de son clergé et du peuple fidèle confié à ses soins, ainsi que ses propres sentiments, touchant la définition dogmatique de cette glorieuse prérogative de la Mère de Dieu. Après avoir rendu à Sa Sainteté le plus beau témoignage de la croyance et de la dévotion des fidèles et des prêtres de son diocèse envers la Vierge

(I) Immaculati Sanctiüsime Tirginis Mariai Conccptus doctrinam hucti&que in Ecclesia rcccplam ut inter catholiræ fidei dogmati supremo alquc infallibili Tu» vocis magUterio quamprimum adscrilNte, ucro&unctæ Tu» Cnthedralis Ecclesia I.alernnrnsis Canonici cl Clcnis vehomentissime cxoptaolet cnixia prccibu* a le audent, Bcalissime Pater, implorarc. Ex Aula Capitulari , XIII Haï. decem'rt* 1854 : P Anr.ni, etc., vol. IX, app. II, pag. 166.

Marie qu’ils invoquaient sous le titre de Reine conçue sans péché, et dont ils honoraient publiquement l' Immaculée Conception, il ajoutait que, si cette pieuse croyance était définie par un jugement dogmatique, cette définition serait reçue à la grande satisfaction de tout le clergé et généralement de tous les diocésains.

Ce Prélat, qui s’est vu forcé de s'éloigner de son diocèse, pour n’avoir pas voulu sacrifier les intérêts de l'Église, avait la même croyance, la même dévotion, le même zèle pour toutes les prérogatives de Marie et en particulier pour celle qui la distingue des autres enfants d’Adam. 11 croyait que le privilège de l’immaculée Conception est fondé sur la parole de Dieu et contenu, au moins implicitement dans l’Écriture, et explicitement dans la Tradition. Aussi disait-il que la doctrine de la Conception sans tache de la Bienheureuse Marie lui paraissait comme pouvant être définie, ex omni parte definibilem. Cependant, hésitant sur la question de l’opportunité, il se bornait h émettre le vif désir que l’immaculée Conception de la très-sainte Vierge pût être définie par un jugement dogmatique, priant le Père des lumières d’éclairer celui qui est chargé par Jésus-Christ de confirmer ses frères dans la foi, et de lui inspirer le parti le plus propre h procurer la plus grande gloire de Dieu, l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie et l’utilité de l’Église (1).

Nous ajonterons : le Bréviaire du diocèse de Lausanne, publié en 1787, par l’ordre de Bernard-Emmanuel de Lcnzbourg, Évêque de cette ville, contient dans l'Office du 8 décembre une profession publique de l'immaculée Conception. Cet Office ayant pris pour capitule Ad 1 Nonam, ce texte de saint Paul : Le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché; et ainsi la mort est passée dans tous les hommes par celui en qui tous ont péché, rapporte aussitôt dans le Répons les versets suivants : Vous êtes bénie

(1) Ex intimo corde exoplo ut îmmaculata Mari» Conceptio dogmalico judicio deliniri posait. Romx, die 15 nor. 1854 : Farf.hi, etc., vol. IX, app. II. etc.

de Dieu sur toutes les femmes, Alléluia. — Vous êtes toute belle, et il n’y a point de tache en vous, Alléluia. — Cette loi n'est point faite pour vous, mais pour tons les autres. — Vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. L’Oraison pour les Landes n'est pas moins expresse, la voici : « Dieu qui, par V Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge avez daigné préparer à votre Fils une demeure digne de lui, accordez-nous, nous vous en prions, que, comme vous l’avez préservée de toute tache du péché, en prévision de la mort de votre Fils, nous puissions aussi, étant purifiés nous-mêmes, parvenir par son intercession jusqu'à vous »

En remontant plus haut, nous arrivons h saint François de Sales qui a occupé le siège de Genève de 1602 à 1622. Or voici ce qu’il enseignait touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie : « Les premières faveurs du ciel furent pour la Très-Saiute Vierge. Dieu lui réserva un privilège véritablement digne d'un Fils qui l’aimait infiniment, et qui, étant infiniment sage, infiniment bon, infiniment puissant, devait se choisir une mère et la former à son gré. Il voulut que la rédemption lui fût appliquée par manière de remède préservatif, afin que le péché qui, comme un venin mortel, coulait sur tous les hommes, de génération en génération, ne pût parvenir jusqu’à elle. Elle fut rachetée d'une manière si excellente, que le torrent de l'iniquité originelle, qui roulait ses flots avec impétuosité, et qui couvrait de ses ondes empoisonnées toutes les autres filles d Adam, venant à celle-ci pour déshonorer sa Conception, n’osa passer outre, et s'arrêta comme le Jourdain, et pour les mêmes raisous que le Jourdain au temps de Josué. Ce fleuve interrompit son cours, comme par respect, à la vue de l’Arche d'alliauce; et le péché originel, à la vue du vrai tabernacle de l'alliance éternelle, dont il semblait redouter la présence. C’est ainsi que le Seigneur, en éloignant de sa glorieuse Mère toute sorte de souillure et de servitude, lui donna les avantages des deux états de la nature humaine; car elle cul l'innocence que le

premier Adam avait perdue, et elle participa à la rédemption du second Adam d'une manière excellente... Cette divine Mère fut donc rachetée, comme il convenait à son Fils, pour qui elle était créée, non-seulement de la damnation, mais encore de tout péril de la damnation, ayant reçu la grâce et la perfection de la grâce; en sorte qu’elle marchât comme la lumière qui, commençant a poindre, va continuellement croissant en clarté jusqu’au plein jour. Rédemption admirable, chef-d’œuvre du Rédempteur, et la première de toutes les rédemptions, par laquelle le Fils, d’un cœur vraiment filial , prévenant sa Mère des bénédictions de douceur, la préserve et du péché, comme les Anges, et de tout danger du péché (1). »

CCCX1X. — LECCK (royaume de naplês).

Après avoir rappelé qu’il avait obtenu du Pape Grégoire XVI la faculté d’honorer et d’invoquer la Vierge Marie comme conçue sans tache, tant dans les Litanies de Loretle que daus la Préface de la Messe, M. Caputo des Marquis de Cohreto, Evêque de Lecce, s’appuyant sur la croyance et le suffrage général des lidèles du nom de chrétien, demandait avec instance, eu 1848, qu’il fût reçu par l’Église catholique, comme une vérité orthodoxe, que la Bienheureuse Marie, toujours Vierge et Mère de Dieu, a été conçue sans la tache originelle, et il priait Sa Sainteté de vouloir bien l’ordonner par un décret solennel (2).

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