CCCXX. — LECTOURE (france
L’Eglise de Lectoure, dont le siège a été supprimé par le Concordat de 1801, avait adopté le Rituel d’Auch, qui était
(1) Traite de l'amour de Dieu, liv. II, chap.G. — Voyez aussi les sonnons dit saint Évêque, pour le jour du Vendredi-Sain/, pour la Nativité de Notre-Dame , pour la Présentation de Notre-Dame.
{2) Datum Lycien., die 1er nov. 1848 : Pamri, etc., vol. IX, pag. 165.
pour toute la province. Or, d'après ce Rituel, les curés devaient annoncer au prône la fêle de la Conception de la Sainte Vierge, suivant celte formule : « I.e 8* jour du présent mois (de décembre) se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie en la préservant de la tache du péché originel; il était en effet de l'honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu'aucune des créatures, et qu’elle n'eût point de part à leur corruption (1). »
CCCXXL — LEIRIA (Portugal).
Emmanuel-Joseph De Costa, Évêque de Lciria, écrivant au Saint-Père en réponse a l’Encyclique du 2 février 1849, exprima toute la joie qu’il avait éprouvée en voyant que Sa Sainteté se proposait de définir l’immaculée Conception de la Vierge Marie comme doctrine de l’Eglise catholique, ajoutant que celte définition serait conforme à scs sentiments et h ses vœux, aux sentiments et aux vœux du clergé et du peuple portugais; conforme h la doctrine de l’université de Coïmbrc qui, depuis plusieurs siècles, non-seulement enseigne l’immaculée Conccpliou de la Mère de Dieu, mais exige de ses membres et de ceux qui se présentent pour les grades académiques qu'ils prennent l’engagement, par un serment solennel, de l'enseigner et de la défendre toutes les fois que l’occasion s' en présentera (2|.
CCCXX11— LEFTMER1TZ (bohème).
Augustin Uille, Evêque de Leilmerilz, et plusieurs autres Prélats du royaume de Bohême sollicitèrent du I ape Grégoire XVI, en 1845, la faculté d’ajouter le mot Immculata au
g SütCILa. Leirieiui , die 26 jamuni 1850: Po»., «le., ™l. IU, psg. 237.
mol Conception r de la Préface de la Messe, el l’invocation Heine conçue sans péché aux Litanies de Notre- Dame de Lorelte. Celte démarche nous fait assez connaître (|uelle était •eur croyance touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. C’était aussi la croyance de leurs diocèses. Après avoir parlé de la grande piété du peuple chrétien de ce pays envers la Mère de Dieu, ces Evêques ajoutaient que cette dévotion était fondée sur la ferme croyance que la Mère de celui devant qui tout genou doit fléchir est au-dessus de toutes les autres créatures, non-seulement par sa puissance, mais encore par sa sainteté, et qu’elle est exempte de toute tache du péché; que cette Très-Sainte Mère de Dieu, choisie de toute éternité, n’a pu être un seul instant dans l'inimitié de Dieu, qu’elle a toujours été el dû être, même dans le premier moment de sa Conception, libre et exemple de tout péché, de quelque geurc qu’il fût; que, quoique le peuple ignorât les discussions des théologiens sur l'immaculée Conception, il croyait certainement, d’une foi générale et implicite, que la Mère bénie de notre Siuvcur a été pure, non-seulement de toute faute actuelle, mais encore de toute tache originelle; el que celle foi s'est conservée parmi les chrétiens, dans tous les siècles, plutôt par le culte même qu’on a toujours rendu à la Vierge très-sainte que par une instruction théorique et raisonnée; de sorte, disaient-ils, que si, avec la permission de Sa Sainteté, la Bienheureuse Vierge Marie était saluée, dans les prières publiques, comme conçue sans péché, le peuple n'en serait point étonné comme d’une nouveauté, mais qu’il se réjouirait de pouvoir confesser de bouche ce qu’il croyait de cœur (I).
Nous retrouvons les mêmes sentiments dans la lettre que ces Prélats écrivaient à notre Saint-Père le Pape Pie IX, en réponse à l'Encyclique du !2 février 1849. Néanmoins, craignant qu’une définition dogmatique ne fût pour les hérétiques et les ennemis de la Religion une occasion ou un prétexte de
(t) Prag. in lkliemia, die 2 februarii 1845 : Panai, clc., vol. IX, pag. 76,
renouveler leurs invectives et leurs calomnies envers l’Eglise catholique, ces mêmes Prélats manifestèrent des doutes, non sur la définibilité de l'immaculée Conception, mais sur l’ opportunité d’une définition solennelle de celte question. Ils déclaraient en même temps qu’ils ne négligeraient aucun moyen de favoriser et d’étendre le culte et la dévotion envers la Bienheureuse Vierge Marie (1).