CCCXXXV. — LINARES (Amérique septentrionale
Fr.-Joseph-Marie A-Iem , Évêque de Linares, écrivait au Saint-Père, sous la date du 12 juillet 1840, pour le prier de rendre enfin le jugement solennel et infaillible, désiré depuis tant de siècles, en faveur de l’immaculée Conception de la
(t) Voyez Arras.
(2) Rituel du Diocèse de Limoges, etc.; Limoges, 1774, 1 part., pag. 169
(3) Breviarium Lemovicense. etc. ; Lmovicis, 1736.
Bienheureuse Vierge Marie. C'est, disait-il, le vœu de tous, le désir de tous, que ce mystère soit défini par le Saint-Siège comme article de foi. « Parlez donc, Très-Saint Père ; si rien n'est plus grand, rien n’est plus saint, rien n’est plus illustre que Marie; déclarez-la donc Immaculée et exempte du péché, afin qu'après vous, en qui est l'infaillibilité, les Evêques cl les Prélats de toutes les Eglises la proclament pure et sans tache. Tous les fidèles le demandent, cl, excités par vos aimables Lettres, ils l'attendent avec impatience. Faites donc retentir à nos oreilles et à nos cœurs cette douce voix qui définisse l’immaculée Conception de Marie (1). »
CCCXXXVI. — LlPAltl ( iiotai'me de raples).
Bonavenlure Athanasio, Évêque de Lipari, répondit à l’Encyclique de Sa Sainteté le 6 des kalendes de juillet IK49. Il établit dans sa réponse la vérité de l’immaculée Conception de Marie, insistant principalement sur les écrits des Saints Pères et des anciens Auteurs ecclésiastiques, sur le culte que l'Eglise rend partout a la Vierge conçue sans tache, et sur les décrets des Souverains Pontifes. Il en est d’ailleurs de l’Église de Lipari comme des autres Églises de la Sicile; de temps immémorial, l’immaculée Conception y est honorée d’une manière particulière, les magistrats et les fidèles renouvellent chaque année le serment de la défendre, même au péril de la vie, et en vertu d’un Induit Apostolique on ajoute le mot Immaculée à la Préface de la Messe de la Conception , et on invoque publiquement la Mère de Dieu sous le titre de Reine conçue sans tache. Aussi, comme l’atteste l’Evêque, les chanoines de l’Église cathédrale, les curés et les autres membres du clergé, tous les fidèles enfin demandaient très-instam-
(1) Eia ergo, Pater Beatissime, si nihil est majus, nihil candidius, nïliîl illustrais Maria, eam tandem aliquando immuncm a culpa et immnculatarn déclara, ut post Te in quo est infallibilitas, omnium Eeclesiarutn Episcopi cl præsules eam in»— maculatam et immunem prædicomus. Datum iltxici, die 12 menti* julii 1849 : Parer], etc., vol. I, pag. 429.
ment, d'une voix unanime, que ce privilège de la Bienheureuse Vierge Marie fut défini dogmatiquement par un oracle suprême du Saint-Siège, et ils attendaient avec impatience celte définition. C’étaient aussi les sentiments de M. Athanasio : il priait et suppliait le Saint-Père, à qui il appartient de donner la vérité de la foi h ceux qui la cherchent, de prononcer avec l'autorité de Pierre le jugement solennel qui devait contribuer puissamment à la plus grande gloire de Dieu et à l’honneur de Marie en qui Dieu a mis la plénitude de la grâce (i).
CCCXXXVH — LISBONNE (capitale du poiitugal).
Le Cardinal Henriquez de Cahvalho, Patriarche de Lisbonne, répondit h l’Encyclique du 2 février 1849. Quoiqu’il connut la croyance du clergé et du peuple fidèle de son Patriarcat cl même de tout le royaume du Portugal, touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, il a voulu s'en assurer d’une manière plus particulière. Aussi ç’a été une bien grande consolation pour cet Éminent Cardinal de pouvoir certifier au Saint-Père que tous ses diocésains et tous les Portugais croyaient fermement, comme il le croyait luimême, et confessaient d’une voix unanime, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a etc Immaculée et absolument exempte de toute tache du péché originel. 11 ajoutait qu’ils désiraient tous, et demandaient avec instance a Sa Sainteté que cette pieuse croyance, cette doctrine fût définie et décrétée par le Saint-Siège comme dogme de l'Église catholique. « Telle est certainement , disait-il , la très-ancienne et très-ferme croyance des Portugais; tels sont leurs vœux très-vifs et très-constants, comme l'attestent tant et de si grands monuments ecclésiastiques et civils. 11 est difficile de trouver quelque autre nation qui ail jamais moutré plus de zèle, plus de dévouement, plus d'amour et
(1) Xeapoli, VI Kal. julii IMS) : Pawu i. etc., \ol. I, png. 340..
de vénération pour l’insigne privilège de l'immaculée Conception de la Vierge Marie.
« Cependant, quoique le Patriarche de Lisbonne eut toujours cru depuis son bas ;lge a cette glorieuse prérogative de la Mère de Dieu, quoique, comme élève et comme professeur de l'université de Coïmbre, il eût plusieurs fois, suivant les statuts de cette université, pris et renouvelé, sous la foi du serment, l’engagement d’enseigner et défendre la Conception sans tache de Marie, il n’osa pas se déclarer pour l’opportunité d’une définition dogmatique, b cause des invectives et des impiétés des protestants et des autres ennemis de l'église, déclarant qu’il s’en rapportait entièrement a la sagesse et à la prudence du Souverain Pontife, avec la ferme confiance que l’Esprit-Saint l'éclairerait et lui inspirerait le parti qui devait contribuer davantage à la gloire de Dieu, à la louange de Marie et à l'utilité de l'Église (1). »
La Lettre du Patriarche de Lisbonne est du 12 février 1850. Quelque temps auparavant, le 24 décembre 1849, son suffragant, Emmanuel-Benoit Rodriques, Archevêque de Mitylène in jiartibus, avait rendu au Saint-Père le même témoignage de la croyance, de la piété et des voeux du clergé et des populations du diocèse de Lisbonne, et de tout le royame du Portugal, louchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et le projet de la définition dogmatique qui était l'objet de l’Encyclique de Sa Sainteté. Il allait plus loin : il émettait le vœu que l’auguste mystère de la Conception sans tache fût solennellement décrété par le Siège Apostolique. « Fasse le ciel, disait-il, qu’il me soit donné de voir cette définition que je désire si vivement, et qui ne sera pas moins glorieuse pour le pontificat de Sa Sainteté que pour la Vierge Marie (2). »
^1) Datura Olisijionc, 12 lebruarii lhoO : P au Elu, clc.,vol III, pag. 54.
(2) Faxit Dcus, ut hoc mihi exoptalissimum cvcnlum ego vidcam, quod non solum Mariæ Virgini gloriosissimum erit, acd eliam Sanctitalis Tuæ Pontificalmn præiipuc inclylum efDciet ac perpetuo mémorandum. Dabam Oliiipone, dit 24 dcçtmbrit 1849 : Pareri, etc.» vol. Il, pag. 468.
CCCXXXVIII. — LITTLE-ROCK (États-Unis).
André Bthne, Évêque de Liltle-Rock, ville des Etats-Unis, a assisté au Concile de Baltimore de l’an 1849, et a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu'il leur serait agréable que le Souverain Pontife déliait comme doctrine de l’Eglise catholique, s'il le jugeait h propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (1).
CCCXXXIX. — LIVOURNE (toscane).
Jérôme Gavi, Évêque de Milto in partibus, administrateur du diocèse de Livourne, écrivait au Saint-Père en 1850 :
« Le clergé de ce diocèse est convaincu que les Saintes Ecritures ne sont point en opposition avec la doctrine de l’immaculée Conception de Marie, et que, de plus, au moyen des commentaires des saints Docteurs et des Écoles, des graves et irrésistibles raisons de convenance, elles reçoivent sur ce point une interprétation satisfaisante, en sorte qu’elles appuient et favorisent cette croyance.
« Ce même clergé, très-dévoué au Saint-Siège en tout et pour tout, non-seulement a observé en tout temps et avec une parfaite exactitude les prescriptions du Souverain Pontife Sixte IV, d’heureuse mémoire, sur ce sujet; mais encore, par un effet de sa vive piété et de sa vénération envers la Vierge incomparable, il aurait considéré comme une irrévérence, on pourrait dire blasphématoire, une opinion, une expression peu respectueuse relativement il son Immaculée Conception. Il est donc véritablement désireux de tout ce qui peut ajouter h la gloire de celle Auguste Souveraine, comme il a toujours été zélé dans la recherche des preuves les plus propres à corroborer la croyance dont il s’agit.
(IJ Voyez Bzltimobk.
« Le peuple n’a reçu à ce propos que des enseignements uniformes, et jamais il n’a entendu de la part des orateurs sacrés un langage contradictoire... Il révère l’immaculée Conception qu’on lui a prêcliée et démontrée. Appliqué comme il l’est toujours à honorer de plus en plus la Très- Sainte Vierge pour laquelle il professe un culte tout spécial, la discussion et la controverse seraient même pour lui un sujet de scandale.
« Les désirs et les sentiments du Pasteur, qui s’est constamment efforcé de se placer, et avec lui son troupeau, sous l’égide de l’invincible Vierge victorieuse du serpent, qui s’est fait et se fera toujours un devoir de favoriser toute sainte disposition, ne diffèrent point des désirs et des sentiments de son clergé et de son peuple. Dans la persuasion où il est que la reproduction d’arguments déjà bien connus serait superflue, la vénération sans bornes qu'il a toujours professée et professe pour la Chaire suprême et pour son infaillible oracle ne lui permet pas, à vrai dire, de formuler des jugements sur la grave question de savoir si on doit ajouter un nouvel article a ceux de la foi catholique ; mais il proteste qu’il n’a jamais eu et n'aura jamais d’autre doctrine que celle du Saint-Siège Apostolique, et que la plus grande exaltation de Marie fera toujours sa consolation (I). »