‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 22 sur 279 · XX. — ALBY (france · texte numérisé non relu

XX. — ALBY (france

M. de Jehphanion, archevêque d’Alby, ayant adressé l’Encyclique du 2 février 1849 aux curés de son diocèse avec une Lettre Pastorale et un Mandement par lequel il prescrivait des prières publiques h l’Intention de Sa Sainteté, reçut du

(I) Dat. Albinganæ, die 26 novcmlris ann. 1849.

clergé les réponses suivantes aux questions qui concernaient le peuple et le clergé :

« Nous croyons que la Très-Glorieuse Mère de Dieu a été. par dérogation à l'état de nature tombée, conçue sans contracter le péché originel.

« La croyance de tous les lidèles qui pratiquent sincèrement la piété, l'autorité des Pères, divers témoignages des Écritures concernant la Bienheureuse Vierge, le culte de l’Église et les Décrets du Saint-Siège, supposent et prouvent la vérité de l’immaculée Conception de Marie.

« Plût a Dieu que la sainteté de la Conception delà Mère de Jésus, toujours Vierge, ait été révélée dcDieu, et que le Pasteur des Agneaux et des Brebis nous la propose comme révélée. Cet insigne privilège serait célébré dans toute l'Église avec une plus grande ferveur et une plus grande utilité. Une vérité certaine réjouit et nourrit beaucoup plus la piété chrétienne qu’une simple opinion. »

L'Archevêque d’Alby, en euvoyant ces réponses au Pape, par une lettre du 9 juin 1849, ajoutait :

« Ces réponses, Très-Saint Père, sont tout à fait conformes à nos sentiments. Ainsi donc, pour ce qui regarde le diocèse d’Alby, qu’il plaise à Votre Sainteté de définir solennellement que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement Immaculée, et de proposer au monde chrétien cette très-sainte Conception comme un article exprès et explicite de la foi catholique. Aussitôt que ce décret tant désiré aura paru, nous le recevrons avec amour, nous, le Pasteur du Diocèse, les Chanoines, les Directeurs des séminaires, les professeurs de théologie, et les autres prêtres exerçant le ministère sacré, et les pieux fidèles, le considérant tous comme une règle vraie et invariable de notre croyance et de notre conduite. Car nous confessons avec les Pères du concile de Florence et avec toute l’antiquité chrétienne, que le Pontife Humain est le successeur du Bienheureux Pierre, le vrai Vicaire de Jésus-Christ, le Père et le Docteur de tous les Chrétiens, ayant reçu de Dieu, dans la per-

sonne du B. Pierre, le plein pouvoir de paître l’Eglise universelle (i). »

On remarquera que M. l'archevêque d’Alby ne faisait point dépendre son assentiment au décret du Saint-Siège de l’assentiment de la majorité des Évêques.

Dès qu’il aura paru, dit-il, ubi adveneril , nous le recevrons comme étant l’expression de la vérité, comme une règle sûre, infaillible de notre croyance, sicut veram et firmiter tenendum credendi régulant, étant émané de celui qui a reçu de Jésus- Christ le plein pouvoir de jmilve, c’est-à-dire d’enseigner l’Église universelle.

Déjà, en 1845, M. Jerphanion avait souscrit, avec cinquante autres évcques français, la lettre par laquelle ces Prélats émettaient le vœu que le sentiment qui professait l’immaculée Conception delà Bienheureuse Vierge Marie fût défini par le Saint-Siège comme dogme de foi ; ajoutant que tous applaudissaient à cette définition en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire ; Peints per Gregorium locutus est (2).

De plus, nous avons de M. de Jerfhanion un mandement où il établit la vérité de l’immaculée Conception par l’Écriture et la Tradition. Qu’il nous suffise d’en citer le passage suivant en faveur de ceux qui ignorent ou affectent d’ignorer l'histoire dogmatique de la Religion :

« Du fond de son douloureux exil, Pie IX a conçu le dessein de fixer irrévocablement la croyance des Chrétiens sur l’une des prérogatives les plus sublimes de la Mère de Dieu, sur sa Conception Immaculée, en la définissant comme article de foi catholique; non qu’il se propose d’introduire une vérité nouvelle dans l’enseignement invariable de l’Eglise. La doctrine de l’Église, fondée sur la révélation, est immuable

(il Optatum hujuscemodi Decrctum, ubi adveneril, siiul vcraui et linuilci tenendun credendi agendique rcgulain paramauler amplcclcrcmur nus, dictai dioecesis Pastor, Canon ici, Directores acminariorum, SacræTbcologiæprofcs&otc*. aliique presbyteii sacrum minislcrium exerrenlcs, n ici ion pii iidclcs Albiie, r in 9 ;«miï 1849 : P»«eiu, etc., vol. I, pag. 282.

(2) Voyez Afuus

et ne peut recevoir que des développements successifs. Ce qu’elle croit aujourd’hui, elle le croyait hier, elle l'a constamment cru ; les décisions émanées de son infaillible autorité ne sont que la déclaration solennelle, que la proclamation authentique , que la promulgation explicite de l’antique croyance contenue au moins implicitement dans le dépôt sacré de la foi orthodoxe et primitive ; de sorte que, si, comme nous l’en avons nous-même humblement supplié, de concert avec un grand nombre de nos vénérables collègues dans l'Episcopat, le Chef suprême des Pasteurs, du haut de la Chaire apostolique, prononce dogmatiquement que, dès le premier instant de son existence, Marie a été préservée de la tache du péché, son décret ne renfermera pas une innovation, mais constatera, d’une manière irréfragable, la réalité du privilège que la Tradition, d'accord avec l’Écriture, a formellement attribué à cette Vierge Immaculée (1 ). »

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