‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 224 sur 279 · CCCXLVI. — LITNI-SARZANA (états sardes · texte numérisé non relu

CCCXLVI. — LITNI-SARZANA (états sardes

François Agnihi, Évêque de Luni-Sarzana, s’appuyant sur la doctrine des Pères et des Docteurs de l’antiquité, sur les constitutions des Souverains Pontifes, sur le décret du Concile de Bâle, sur le culte que l'Église rend a l’immaculée Conception, sur l’enseignement des plus célèbres universités de l’Europe, sur la croyance et le vœu général «lu monde chrétien, demandait qu’il fût déclaré et défini par un jugement infaillible du Saint-Siège, jtulicio infallibili, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans tache, que sa Con-

(i) Il s'acrit de l'olticc approuvé par le Pape Sixte IV.

(-2) Dcxa à 10 de aelicmbre de 1840 : Pineni, etc., vol. Il, pag. 98.

(5) Lugo, fev. 1714: P»bïbi, etc., vol VIII, pag. 552.

ccption a élé Immaculée <lès son origine, dès le premier moment de son existence. C’était aussi le désir du clergé et des lidèlcs de ses deux diocèses, comme il le déclare lui-méme dans sa lettre, qui est adressée au Pape, sous la date du 15 juin 1849 (1).

CCCXLVI1, — LUSUC ( Pologne) .

Au commencement du seizième siècle, on célébrait, daus le diocèse de Lusuc, Luceoria, la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, suivant l'office rédigé par Léonard de Nogaroles et approuvé par le pape Sixte IV. Ainsi l’avait ordonné pour toute la province le Concile de Gnesne, qui se tint vers l’an 1510. Or, cet office exprime, de la manière la plus formelle, Y Immaculée Conception de la Mère de Dieu, son exemption entière et absolue de toute tache du péché originel (2).

CCCXLV11I. — LUXEMBOURG (pats-bas).

M. l'abbé Adasies, Pro-Vicaire Apostolique du Luxembourg, répondit à i’Encyclique du 2 février 1849, que le clergé et le peuple fidèle de ce Vicarial vénéraient, de temps immémorial, comme conçue sans tache, la Bienheureuse Vierge Marie ; qu'ils l’invoquaient avec la plus grande dévotion comme Patronne et Tutrice du pays; et qu’il ne s’était présenté à l'esprit de personne qu’on put douter si elle a été préservée et entièrement exemple de toute tache du péché originel. De sotte que, ajoutait-il, si l’immaculée Conception delà Vierge Marie était déclarée comme dogme par le Saint-Siège Apostolique, cette déclaration n’aurait pas d’autre résultat que de

(1) Quorf me movetad lumiil] une a Te, Sanclissimc Pater, impetrandam definitionem el infallibile obtinenduni judicium, quo immaculalæ Pealæ Mariæ Virginia Conccplio ab omni inslanli, tanquam fidei dogmn dedarctur, ac tandem adstruatur. Dabam Sarsanæ, die 13;um» 1849: Pareri, etc., vol. I, pag. 302.

(2) Voyez Gne<se . a

continuer une croyance qui était déjà gravée dans tous les cœurs.

Quant à ce qui regarde M. Laurent, Vicaire Apostolique qui a été injustement forcé de s’absenter de Luxembourg, l'abbé Adames, qui a été témoin de sa vive et tendre piété envers la Vierge Marie conçue sans tache, assurait Sa Sainteté que rien ne serait plus agréable pour ce zélé Prélat que de voir I Immaculée Conception proclamée par un jugement solennel. C’est b sa demande qu’on devait de pouvoir célébrer publiquement cette très-sainte et très-pure Conception dans la Liturgie sacrée et les Litanies de Loretle (1).

CCCXL1X. - LYON (fiurce).

Vers l'an 1845, le Cardinal de Donald, Archevêque de Lyon, écrivit au pape Grégoire XVI, pour le prier de déünircomme dogme de foi la croyance généralement reçue dans l’Église

■chant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge M. e : ajoutant que tous applaudiraient à cette délinition et s ec -tient : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Gretjorium us est (2).

Quei, s années après, l’Éminenl Cardinal, ayant reçu l’Encyc^ e de Notre Saint-Père le pape Pie IX, datée de Gaëte I février 1849, s'est empressé de la publier en l'aceompa ni d'un Mandement, où il s’exprimait ainsi :

LT-* clique que vient de nous adresser le Souverain Poninv, nous publions, N. T. C. F., est une nouvelle preuve de sou infatigable sollicitude pour l’honneur de la religion et l'accroissement de la piété parmi les fidèles. Orucle de i Eglise universelle, Gardien suprême des traditions apostoliipies, il veut interroger ces traditions et scruter les Divines Ecritures pour décider, après un examen solennel, si la Vierge choisie de Bien pour donner le jour au Sauveur du monde, et coo-

(1) Luiemkurgi, hac die 18 julii 18*' : Pauu, etc., vol. IV, pag. 85.

(2) Voyez Aura*

pérer ainsi au grand mystère de la Rédemption des hommes, a été préparée à devenir la Mère du Saint des Saints, par l’exemption de la tache originelle.

« Pour se prononcer avec plus de maturité , le Souverain Pontife veut que les Évêques lui fassent connaître de quelle dévotion leur clergé et le peuple fidèle sont animés envers la Conception de la Vierge Immaculée . et quel est leur désir de voir le Siège Apostolique porter un décret sur celte matière. Déjà, N. T. G. F., nous avions prévenu le vœu du Vicaire de Jésus-Christ, et nous lui avions manifesté les sentiments de nos diocésains dans le Mandement que nous publiâmes sur la dévotion à la Sainte Vierge. Mais, toujours empressé à obéir h un signe de sa volonté, nous lui dirons encore que la croyance a l’immaculée Conception de Marie a toujours été chère h l’Église de Lyon. Suivant la doctrine que nous ont transmise les Évêques qui, depuis les temps apostoliques jusqu’il nous, ont siégé sur la Chaire que nous occupons, Marie est désignée par celte femme qui devait écraser la tête du serpent (Genes. 111. 15) ; c’est h Marie, aussi bien qu"a l'Église. que doivent être appliquées ces paroles du Cantique ; il n’y a aucune tache en vous. Oui nous croyons, avec saint Jérôme, que la pureté de l'âme de Marie n’a souffert aucune altération dans aucun temps; in nullo corrupta.... Nous croyons avec les Théologiens réunis h Bâle, que la doctrine de l’immaculée Conception de Mûrie est une vérité certaine et imlubituhle , une doctrine conforme à la piété, à la foi, à la droite raison et à l'Écriture (1). Il nous semble que l’honneur de Jésus-Christ exigeait que la Vierge qui devait le porter dans son sein n’eût pas un seul instant porté dans son’ cœur l’éternel ennemi de Dieu et de son Fils; que celle qui devait être la Mère de Dieu n’eût pas été un seul moment enfant de colère, et un objet d’horreur pour celui qui devait s’incarner dans ses chastes entrailles. Notre croyance a cet égard n’ôte rien, du reste, aux mérites du sang versé sur le Calvaire,

•'!) Voyez Am ndice 111.

puisque Marie doit ce privilège que nous célébrons a une rédemption antécédente.

« Esl-il nécessaire de rappeler ici le zèle que l’Église de Lyon montra au douzième siècle pour honorer l’immaculée Conception de Marie ? Qui ne connaît cette belle page de ses annales? A la vérité, elle trouva un contradicteur dans saint Bernard. Mais la tendre dévotion de l’abbé de Clairvattx pour la Sainte Vierge, les écrits qu’il a publiés a sa louange, ne nous permettent pas de le ranger au nombre des adversaires de la doctrine que nous soutenons. Ce grand Docteur aurait voulu seulement que le Saint-Siège eût été consulté avant d’introduire une nouvelle solennité. Vous savez, N. T. C. F., que nous nous sommes attaché à suivre la voie que nous ont tracée nos prédécesseurs, et que dans toutes les circonstances nous avons proclamée, sur la Conception de Marie qui vous est chère (I). »

Déjà, en 18i2, l’Archevêque de Lyon avait sollicité et ob tenu du pape Grégoire XVI la faculté d’ajouter le mol Immaculata au mot Conceptione dans la Liturgie, et d’insérer dans les Litanies de la Sainte Vierge l’invocation Heine conçue sans péché , pries pour nous. Et le Bréviaire qu’il a publié en 1844, avec le consentement de son Chapitre, renferme une profession de foi formelle de l’Église de Lyon en faveur de l’immaculée Conception. D’abord la fête de la Conception y est intitulée : Festum Immaculatx Conceptionis Beatse Mariæ Virginis ; et l’oraison de l'Office est ainsi conçue : Dieu, qui, h cause de l’éminente dignité de Votre Fils, avez préservé la Bienheureuse Vierge Marie sa Mère de la tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception. Déplus, les trois leçons du second nocturne, dont l’une est tirée d’un sermon de saint Laurent Justinien, le canon de Prime qui est extrait de la constitution du pape Alexandre VII, du 8 dé-

(1) Mandement pour h publication de l’Encyclique de N. S. le Pape Pie IX, relativement à l'immaculée Conception de Marie, du 17 mai 1849.

cembre 1061 (1). sont autant de preuves authentiques de l'an cienne croyance du diocèse de Lyon louchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu.

Le Concile de la province de Lyon, réuni dans cette ville en 1850, sous la présidence de l’Kminentissime Cardinal de Donald, lit un décret spécial qu’il intitula : Vœu louchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Après avoir mentionné la pieuse tradition de l'Eglise, les paroles du Concile de Trente cl les autres de plusieurs Papes sur ce sujet, les Pères, pour répondre aux vues de l’Encyclique du 2 février 1849, attestèrent la religieuse croyance commune à leurs diocèses, et qui avait toujours distingué particulièrement l’Eglise de Lyon d'accord avec les Eglises orientales, auxquelles elle devait sa fondation, et la première qui eût célébré dans les Gaules ce privilège de la Mère de Dieu par une fèle’solennelle. Les divers diocèses de la province, qui, autrefois, avaient adopté avec empressement l’ofïice approuvé par Sixte IV, venaient encore de se montrer fidèles à leur passé en sollicitant et obtenant l'insertion du mot Immaculée dans la liturgie : la croyance y était si bien établie, qu’après les dogmes de foi ils ne connaissaient rien de plus certain, et que le moindre doute y aurait souverainement scandalisé les fidèles. Enfin, considérant que celte tradition, d’une antiquité immémoriale, était tellement corroborée par les décrets des Papes, les écrits des Docteurs, la dévotion générale des peuples , quelle pouvait être considérée comme très-voisine de la foi , le Concile concluait en ces termes :

« Les Évêques de la province de Lyon, très-heureux de rendre aujourd'hui témoignage auprès du Siège Apostolique de celte doctrine qu’ils ont reçue comme un dépôt, joignent k leurs prières les vœux les plus ardents pour demander au nom de tout le clergé et de tout le peuple, que le Pontife Suprême veuille bien, dans la sagesse qui lui est donnée d'en

(I ) Voyez ArKKfticx II

haut, rendre un décret qui comble la joie que nous partageons tous (1). »

Enfin, le Catéchisme Paroissial, dédié a François Gaspard de Gratnmonl, Evêque d’Aréthuse, haut doyen de l’Église de Besançon, et imprimé k Lyon, en I72G, avec l’approbation d’Antoine, Évêque de Sinope, suffragant de l’Archevêque de Lyon, s’exprime de la manière la plus expresse en faveur de la Conception sans tache de la glorieuse Vierge Marie. On lit dans ce catéchisme qu' « on célèbre le huitième de décembre l’immaculée Conception de la Sainte Vierge. » — Que « la Sainte Vierge n’a pas été conçue dans le péché, comme les autres enfants d’Adam. » — Que «Sa Conception a été toute pure, toute sainte, et sans tache. » — Qu’ « elle a été préservée du péché originel par une grâce singulière et extraordinaire dont Dit il l'a prévenue pour la faire un jour la digne Mère de Jésus-Christ. »

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