‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 228 sur 279 · CCCLIII. — MADURÉ ( ode orientale · texte numérisé non relu

CCCLIII. — MADURÉ ( ode orientale

Alexis Canoz, Évêque de Tamase in partibus, Vicaire Apostolique du Maduré, attestait a Sa Sainteté, dans sa réponse à l’Encyclique du 2 février 1849, que le clergé et tous les fidèles de ce Vicariat croyaient et confessaient que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans péché et qu’elle n’a pas été un seul instant infectée de la tache originelle. Le Vicaire Apostolique avait la même croyance que son clergé ; aussi témoignait-il qu’il lui serait très-agréable qu’en vertu d’un jugement infaillible du Saint- Siège il fût reçu et proclamé dans toute l’Eglise catholique, comme dogme de la foi divine, que la Bienheureuse Vierge Marie a été sans tache dans sa Concepliou passive (2).

(1) Itituel pour l'usage du Diocèse de Mècon, etc. : Lyon, 1778, pag. 108.

(2) Ex urbe Trichinopoli, die 15 decembris 1840 : l’t reri, etc.. toI.

pag. 449.

CCGLIV. — MAIORQUE ou MAJORQUE ( île).

Au rapport de Raphaël Manso, Évêque de Maïorque, il en est de ce diocèse comme des autres diocèses des Espagnes. On y a toujours honoré et invoqué Marie comme conçue sans péché, avec une piété d’autant plus édifiante, qu’elle est de temps immémorial commune au clergé, soit séculier soit régulier, et a tous les fidèles, aux vieillards comme aux jeunes gens, aux riches comme aux pauvres, aux magistrats comme au simple peuple. C’est un usage ancien parmi les habitants des îles Baléares de se saluer en disant : Je vous salue, Marie très-pure, et de répondre à ce salut : Conçue sans pêche. Dès l’année H">1, les magistrats étaient obligés de veiller h ce que l'on ne se permit jamais, ni dans les discours publics, ni dans les entretiens particuliers, de rien dire qui fût contraire a la pieuse croyance de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et depuis 162 1 ils s’engageaient, par un serment solennel, a professer et h défendre en tout temps cette glorieuse prérogative de la Mère de Dieu, qu’ils honoraient, sous le titre même de sa Conception sans tache, comme la Patronne générale et principale du royaume, h la grande satisfaction des peuples. Aussi, comme on le voit dans la lettre de ce Prélat, le Pape Grégoire XVI, accordant au diocèse, en 18ô8, la faculté d’ajouter le mol Immacuhita au mot Conceptions de la Préface de la Messe, avait réjoui l’Évêque qui l'avait sollicitée, le clergé et tout le peuple de .Maïorque. C’est pourquoi il ne doutait point que scs ouailles ne reçussent très-volontiers le décret solennel du Saint-Siège touchant l’immaculée Conception, affirmant quelles le désiraient vivement, autant que cela plaisait an Seigneur.

Quant h son avis personnel, il l'exprimait en disant qu’il adhérait du fond du cœur a ce désir, à ce sentiment, vu l’importance qu’il attachait il ce critérium, ’a cet instinct de la piété, comme on pourrait l’appeler, qui se produit dans le cœur des fidèles et émane de l'influence divine, c’est-à-dire à

ce sentiment unanime des Pasteurs et des fidèles, surtout lorsque la Sainte Ecriture et les Pères ne parlent pas assez clairement pour qu’on puisse discerner certainement la vérité.

Puis, après quelques réflexions qui tendent k montrer que la Tradition ou l’enseignement des Docteurs laisse quelque chose k désirer pour une définition dogmatique, l’Évêque de Maïorque terminait ainsi sa lettre : « Cependant, Très-Saint Père, Votre Sainteté, qui est placée au point le plus élevé et le plus lumineux de l’Eglise, et qui touche de plus près aux clartés surnaturelles, soit par le ministère de l'Apostolat, soit par une piété éminente envers la Mère de Dieu, recevra d’en haut l’inspiration qui lui fera sûrement connaître et comprendre de quelle manière doit être confirmée la croyance de l’immaculée Conception, et s’il faut la définir plus ou moins directement par un jugement solennel. Or, quelle que soit celte définition de Votre Sainteté, l’Evêque de Maïorque se repose dans la ferme espérance qu’elle triomphera de toutes les difficultés; qu’elle n’aura aucune conséquence fâcheuse ; qu’elle réjouira les fidèles, réveillera ceux qui sont dans le sommeil ou l’assoupissement, réformera les mœurs au moyen d’une dévotion sincère envers la Sainte Vierge ; enfin qu'elle attirera les regards miséricordieux de cette Mère très-aimante sur ses enfants, et fera que Marie ayant seule dissipé toutes les hérésies, elle dissipe de même les horribles tempêtes qui agitent la barque de Pierre, conduise Votre Sainteté au port, la préserve de toute atteinte et la conserve longtemps pour le bien de l’Église universelle (1). »

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