‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 231 sur 279 · CCCLVII. — MALACCA i asie · texte numérisé non relu

CCCLVII. — MALACCA i asie

Jean-Baptiste Boccho, Évêque d’Attalie in partibus, Vicaire Apostolique de la péninsule de Malacca, désirait vivement que la Bienheureuse Vierge Marie, qui, depuis tant de siècles,

(1) Bcngalori, 10 aprilis 1851 : Pareri, etc., vol. III, pat'. 350.

(2) Nos uno codcmque consilio et orc confitenlcs, et sinecro torde credentes instantisHme a Sanctilate Tua cxposlulamus, ul tandem aliquando ah Apostolica Sa ne ta Sodc solcinni suo i r reforma hili jud.cio drcernalur, Sanclissimnin Del Genîlriccm cmniumque nostruni amnntissimam malrem Immaculalam st-mper Virginem Mariant absque labe originali fuisse conreptam Verapoli, in Ora Main bar ica, die 9 no*. 1849 : Pareri, etc., vol. II, pag. 539.

est honorée comme Immaculée dans sa Conception, fût enfin reconnue, par un jugement solennel du Saint-Siège, pour être telle quelle est dans l’esprit de tous les fidèles. «Car, disait-il, pour ne parler que de ceux qui sont confiés à mes soins, il n’est personne d'entre eux qui ne croie que la Vierge, Mère de Dieu, a été, par une grâce toute spéciale, préservée delà tache originelle dans sa Conception. Nous avons pour preuve de cette croyance les prières et les pieux exercices qui se font dans toute la Mission, surtout avec la pensée d'honorer cette Vierge très-sainte, comfne très-pure et Immaculée dès le commencement de sa Conception. Tous comprennent qu’il ne convenait point que celle qui, de toute éternité, a été choisie pour être la Mère de Dieu et de Notre Sauveur, et qui devait écraser la tête du serpent, fût même un instant sous le pouvoir du démon et un objet d’aversion pour Dieu. »

Aussi, unissant scs prières aux pieux désirs de tout l’univers, il demandait avec instance qu'il fut enfin déclaré solennellement, comme dogme de foi, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle, qui souille tous ceux qui viennent au monde. 11 avait la ferme confiance que ce nouvel accroissement d'honneur pour la Trcs-Sainte Vierge attirerait de plus en plus les grâces et les bénédictions de Dieu sur les enfants de l’Eglise t i ).

CCCLVIH. — MAL AG A t espacée).

L’Église de Malaga a constamment manifesté les mêmes sentiments que les autres Églises d’Espagne touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. La lettre de Salvador-Joseph De Royes, Évêque de celte ville, en réponse à l’Encyclique du 2 février 1849, renferme les détails les plus intéressants sur la croyance et la piété du clergé, du peuple et des magistrats de ce diocèse envers la Conception sans tache de la Mère de Dieu. Le clergé tant séculier

(1) Pinaug, 30 decembris 1849 : Parkm, etc., vol. II, pag. 497

que régulier de tout le royaume récite, en vertu d’un Induit Apostolique, l’oflice propre de l 'Immaculée Conception de lu Vierge, composé par Léonard de Nogaroles et approuvé par le Pape Sixte IV. On sait que cet office est, depuis le commencement jusqu’il la lin, une profession publique et solennelle de la glorieuse prérogative qui distingue Marie des autres enfants d'Adam. Suivant un statut du Chapitre de la cathédrale, du 27 septembre 1603, tout prédicateur doit, avant de commencer son sermon, réciter à haute voix ces paroles: Loué et béni soit te Très-Saint Sacrement de l'Autel; louée et bénie soit l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame, qui a été préservée du péché originel dans le premier instant de son animation. Neuf ans auparavant, en 1654, le même Chapitre et le sénat de la ville, en présence du Cardinal lldefonse de la Cueva, Évêque de Malaga, avaient pris rengagement, par un serment solennel, de croire précisément et de défendre, même au péril de la vie, l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et de n’admettre personne dans leur corps, qui n’eüt fait auparavant le même serment. Ce statut était encore fidèlement observé en 1840.

D’ailleurs il n’est aucune ville, aucun bourg , aucune paroisse, dont le clergé et le peuple fidèle ne donnent, de temps immémorial, des marques extraordinaires de dévotion envers le mystère de l’immaculée Conception. Partout on voit des Églises, des chapelles, des autels, consacrés à l’honneur ou sous le titre de Marie conçue sans tache. Les parents apprennent h leurs enfants, de parole et par l’exemple, à bénir et à louer, en se levant et en se couchant, au commencement et a la fin de leurs principales actions, 17mmaculée Conception de la Vierge Marie; ainsi qu’à saluer les personnes qu’ils rencontrent, surtout lorsqu’ils entrent dans une maison, en disant : Je vous salue, Marie, Vierge très-pure; et en répondant : Conçue sans péché.

L’Évêque avait la même croyance. «Je pense, disait-il, suivant la Constitution d’Alexandre VII, qui commence par

ces mots : Sollicitudo omnium Ecclesianim, de l’an 1601 , que la Très-Glorieuse Mère de Dieu a été, au premier instant de sa création et de l’union de son âme avec le corps, conçue sans aucune tache du péché; et je désire que Votre Sainteté définisse cette vérité de manière qu elle soit reçue par tous comme un dogme inébranlable de la foi. Il est constant pour moi que rien ne s’oppose h cette définition dogmatique; que loin de là elle a pour elle les plus fortes raisons. »

Ici, le Prélat rappelait les difficultés qui tendaient a montrer qu’on ne pouvait décréter dogmatiquement l'immaculée Conception, et il y répondait victorieusement. Puis, s’appuyant, comme les autres Évêques de la chrétienté, sur l’Écriture et la Tradition, sur la Liturgie et la croyance générale de l’Église, sur les Constitutions et les actes des Souverains Pontifes, il pressait le Vicaire de Jésus-Christ de proclamer enfin le mystère de la Conception sans tache de l’Auguste Mère de Dieu .

« Maintenant donc, Très-Saint Père, tournez vos regards vers tous vos très-chers fils en Jésus-Christ ; soyez touché de leurs pieuses et instantes prières, et exaucez-les; parlez à l’Église dont vous êtes le Docteur et le Pasteur suprême, et du haut de cette Chaire où vous siégez si dignement, et dans laquelle la foi de Pierre ne défaillera jamais, faites-nous entendre votre voix, la voix du Fils de Dieu, dont vous tenez la place ici-bas; cette voix qui exaltera sa très-digne Mère, notre mère en même temps, notre vie et notre consolation ; celte voix qui, pour la joie du ciel et le bonheur de la terre, décidera que Marie a toujours été pleine de grâce, toute belle, entièrement exemple de toute souillure du péché, même originel, et jamais dans un état de mort par rapport à Dieu, mais toujours vivante aux yeux de sa divine Majesté, même dès le premier instant de son existence. Faites que, par votre sanction Apostolique, notre Souveraine, qui règne au haut des cieux, vive dans tous les espris et dans tous les cœurs par une foi divine et plus méritoire : montrez-nous Marie élevée audessus de tous les Saints et des chœurs des Anges par sou

crédit, sa beauté, sa pureté et sa gloire. C’est ainsi que vous la ferez briller avec plus d'éclat et que vous obtiendrez la vie éternelle. Dans celte attente, je prie avec ardeur le Dieu Souverain et très-bon, pour qu’il daigne, par l’intercession de cette même Vierge très-sainte, préservée de toute atteinte du péché dans sa Conception Immaculée, en vue de la mort future de son fils, vous conserver longtemps pour l'accroissement de la gloire de son saint nom et du culte de la Bienheureuse Vierge, en même temps que pour le plus grand bien de l'Église militante (1).»

Déjà, en 1714, le Chapitre de l’Église de Malaga, le siège vacant, priait le Pape Clément XI de ne pas souffrir que le mystère de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge, Mère de Dieu, restât plus longtemps sans être décrété par le Siège Apostolique; et il le priait instamment de le déclarer comme dogme de foi, afin que tous fussent obligés de croire d une foi divine ce qu’ils croyaient seulement par un sentimenede piété, savoir, que la Mère de Dieu n'a jamais été sous l'empire du serpent infernal (2).

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