CCCXCII. - MONTPELLIER (FRANCE
Charles-Thomas Thibault, Évêque de Montpellier, est du nombre des cinquante et un Prélats français qui écrivirent à Grégoire XVI, vers l’an 1843, pour le prier de détinir, comme article de foi, la croyance, généralement reçue dans l'Église, touchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Ces Évêques ajoutaient que tous applaudiraient a cette délinition, en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire : Peints per Gretjorium locut us est ( I ).
En 1849, ce Prélat a pris part aux travaux du Concile provincial d'Avignon. Or les Pères de ce Concile prièrent notre Saint-Père le Pape de vouloir bien délinir, comme doctrine de l'Église catholique, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (2).
CCCXCIII. — MONTRÉAL (canada).
En 1849, Ignace Bouhcet, Évêque de Montréal; Jean- Charles Pince, Évêque de Martyropolis in partibus, coadjuteur de M. Bourget, et le clergé du diocèse, écrivirent a notre Saint-Père le Pape une lettre dont nous avons extrait le passage suivant : « Très-Saint Père, les soussignés, formant le clergé du diocèse de Montréal, en Canada, ont reçu avec une profonde vénération la louchante Lettre Encyclique, que Votre Sainteté adressait le 2 février dernier à tous les Évêques de la catholicité, pour les informer du dessein qu’elle avait conçu de porter un jugement dogmatique sur la pieuse croyance de l’Immaculée Conceplion de Marie, et demander en même temps le secours des prières de toute l’Église dans une affaire si importante. Comme, dans votre suprême sagesse, vous souhaitez, Très-Saint Père, connaître de quelle
(1) Voyez Anus.
(2) Voyez Avosos.
dévotion le clergé el le peuple fidèle de toutes les Églises du monde sont animés envers la Conception de la Vierge Immaculée, nous serons ici l'organe de celle de Montréal, pour vous dire que nos pères nous ont transmis la pieuse croyance que la Très-Sainte Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle, et que nous conservons comme un dépôt sacré celle vénérable tradition. Il nous est en mémo temps souverainement agréable de pouvoir vous témoigner, Très-Saint Père, que nous appelons de tous nos vœux un décret dogmatique du Saint-Siège Apostolique, qui définisse comme doctrine de l’Église catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement Immaculée et absolument exemple de toute souillure de la tache originelle ; car nous savons bien, Très-Saint Père, (pie le Divin fondateur de l’Église a prié pour Vous, comme pour le Bienheureux Pierre, afin que votre foi ne défaille jamais. Appuyés sur cette promesse, nous ne craignons nullement de tomber dans l’erreur en nous attachant à votre doctrine. Aussi, recevrons-nous en toute occasion, avec une docilité parfaite, toutes les décisions qui émanent de la Chaire Apostolique; et c’est pour nous un puissant motif de nous rassurer, dans les dangers continuels que nous courons en conduisant le peuple de Dieu vers la terre de promission, que de savoir qu’il vous a été donné, comme au Prince des Apôtres, de confirmer vos frères dans la pureté de la foi et la sainteté de la morale. Votre bouche sacrée, Très-Saint Père, a laissé tomber une parole bien capable de remplir nos cœurs d’une nouvelle confiance en la Très-Sainte Vierge, lorsqu’elle l’a proclamée si solennellement, et à la face de toute l'Église, le fondement de notre espérance, et qu'elle a donné sa sanction apostolique h l’enseignement des Docteurs el des Théologiens, qui veulent que c’est la volonté de Dieu que toutes les grâces nous viennent par Marie, qui est aussi, selon la belle el filiale expression de Votre Sainteté, notre tendre Mère à tous. L'univers catholique va sans doute tressaillir de joie, en entendant une parole si consolante, au milieu de la furieuse
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tempête qui agite maintenant la barque de Pierre. Nous aimons à le croire, Très-Saint Père, les prières de Marie, solennellement déclarée par le Saint-Siège Immaculée dans sa Conception, vont tirer son Divin Fils du sommeil profond qu’il semble encore prendre aujourd’hui dans cette barque. Ou le verra bientôt se lever et commander aux vents et h la mer. et il se fera un grand calme. Animés par le motif si puissant de votre exemple, nous n’aurons h l’avenir, Très- Saint Père, rien de plus cher, rien de plus précieux que d’honorer la Bienheureuse Vierge Marie, d’une piété particulière, d’une vénération spéciale et du dévouement le plus intime de notre cœur, et de faire tout ce qui nous paraîtra pouvoir contribuer à sa plus grande gloire et louange, et a l’extension de son culte. Puissent nos sentiments affectueux envers celle que vous avez honorée si bien, dès vos plus tendres années, consoler un peu votre cœur paternel dans ces jours d’aflliction il).»
CCCXC1V. — MOULINS (france).
En 1850, M. De Dheux-Brézé, Évêque de Moulins, assistant au Concile provincial de Sens, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile demandaient ardemment que le Saint-Siège définit enfin, comme devant être l’objet de la foi, la très-ancienne croyance de l'immaculée Conception de la Vierge Marie (2).
Déjà, son prédécesseur, Antoine De Poss, avait écrit au Pape Grégoire XVJ, vers l'an 1845, pour le prier de définir celte même croyance comme article de foi; ajoutant que tous les fidèles applaudiraient à sa définition, en s'écriant : Pierre a parlé par Grégoire : Peints per Greyorium locutus est (5).
(1) Montréal, au mois d'octobre 1849. — Celte Lettre, écrite en français, est signée de l’Kvêquc «le Montréal, de l'Évêque son coadjuteur, du \icaire Général, des Chanoines, des Directeurs des Séminaires, des Curés et autres Prêtres du Diocèse. — IG rem, etc., vol. 11, pag. 207.
(2) Voyez Sers.
(3) Voyez Aimas.
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