CCCXCV. — MUNICH et FRIS1NGUE (bavière
Charles des Comtes de Reisacii, Archevêque de Munich et de Frisingue, a toujours cru à l’immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie. Dès le commencement de son épiscopal, il fit ajouter, en vertu d’un Induit Apostolique, le mol Immaculata a celui de Concqitione, dans la Préface de la Messe de la Conception, et insérer dans les Litanies de Lorctle l’invocation : Reine conçue sans tache, priez pour nous. A peine l’Encyclique du 2 février 1849 eut-elle paru, qu’il prescrivit h sou clergé la récitation de l’Office propre de 17mmaculée Conception, publié par l’ordre de Sa Sainteté. D’ailleurs, comme il le dit dans sa lettre qui est du 7 décembre 1849, la dévotion envers l’immaculée Conception avait jeté de profondes racines dans le diocèse de Munich, où l’on célèbre la fête de la Conception de la Vierge Marie depuis plusieurs siècles (1). Les fidèles y croyaient comme si elle avait été décidée par l’Église. Cependant ce Prélat n’osait se déclarer pour une définition dogmatique, h raison des difficultés qu’il craignait de la part des hérétiques. Mais il s’en rapportait h la sagesse et à l’autorité du Vicaire de Jésus-Christ (2).
CCCXCV1. — MUNSTER (westphalie ).
Jean-Georges Miller, Evêque de Munster, attestait au Saint-Père, en 1852, que le clergé et le peuple fidèle de son diocèse étaient animés de la plus fervente et de la plus tendre dévotion envers la Très-Sainte Vierge, dont ils honoraient l’immaculée Conception. Il croyait d’ailleurs que, si l’on avait lieu de craindre des difficultés de la part des hérétiques et des autres ennemis de l’Église, h l'occasion d’une définition dogmatique touchant cette prérogative de Marie, il y avait en même temps de très-fortes raisons en faveur de celte défini-
(1) Voyez Frisiscüe.
(2) Monacliii, 7 decembris 1849 : Pareïii, etc., vol. II, pag. 416.
lion. « Si donc, ajoutait-il, Sa Sainteté connaissant la pensée des Évêques du inonde catholique, rendait un jugement définitif, par un oracle de sa voix apostolique, je proclamerais que l’Esprit-Saint, qui connaît les temps, discerne et choisit toujours ce qui convient le mieux, a parlé par la bouche de Pierre; et je u’altendrais de cette décision que des résultats heureux et salutaires (1). »
Nous ajouterons : La fête de l’immaculée Conception, dans le diocèse de Munster, est fort ancienne. En 1330, Louis, Evêque de celte ville, avait ordonné qu'on célébrât, dans toutes les Eglises de son diocèse, la fêle de la Vierge conçue sans la tache originelle : feslnm Viryinis sine oriyinis tube conceptx diem per suam diœcesim celebrem prescrii)sit (2).
CCCXCYIL — MURO (royaume de naples).
Suivant M. Fieu, Evêque de Muro, la croyance de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie avait pris de tels accroissements, qu'il ne lui manquait plus que d’être décrétée, comme dogme de foi, par un oracle de l’Église catholique romaine, sorti de la bouche du Vicaire de Jésus- . Christ. La lettre de ce Prélat est antérieure à l'Encyclique de Sa Sainteté, du 2 février 1849 (5).
CCCXCV1II. — NAMUR (belgioueI.
Nicolas-Joseph Dehessel, Évêque de Namur, se trouvant
(1) Monastcrii Gucsphalorum, die ‘25 martii 185*2 . Paiieri, etc., vol. VII, app , pag. CXXXVIH.
(2) Schatenus, Annal, Paderbornens. ad ann. 13 13 ; Schannat et Harlzlieim, Concil. Germanûr, tom. IV, pag. 514.
(5) Niliil aliud deest, nisi ut divino Ecclcsiæ Catliolicæ Romanæ oraculo Tuo ore Christi in terris Vicario prolato, slaluatur, indubitanterquc decernatur ut sanctæ fidei dogmn, Seatain Virginem Mariam Immaculatam conccplam fuisse sine original! labc in primo Conccptionis instanli. A/uri, IV Kalendas deetmbrit 1848 : Pareri, etc., vol. IX, pag. 245.
k Rome, kl’occasion de sa visite ad limina apostolonim, écrivit au Saint-Père, le ‘20 octobre 1854, pour lui faire connaître ses sentiments et les sentiments de son diocèse envers l'immaculée Conception de la Vierge Marie. Il attestait à Sa Sainteté que le clergé et le peuple fidèle coufié a ses soins étaient animés d’une très-grande dévotion pour la Conception sans tache de la Mère de Dieu ; que ce mystère était honoré chaque année, d’un culte particulier, dans l'Église cathédrale de Nainur, où, depuis un temps presque immémorial, l’on célèbre solennellement pendant toute l'octave la fête de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Puis il terminait sa lettre en disant qu'il lui serait î trèsagréable. à lui, k son clergé et au peuple fidèle de son diocèse, qu'il fût décrété par un jugement solennel du Siège Apostolique que la Très-Sainte Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle (I).
CCCXC1X. — NANCY et TOUÉ (france).
Alexis-Basile Menjaüd, Évêque de Nancy et de Toul : « Très- Saint Père, en recevant l'Encyclique de Votre Sainteté, du 2 février dernier, je me suis d’autant plus réjoui que rien n’est plus cher pour mon troupeau que la gloire de la Bienheureuse Vierge Marie et la vénération qu'il a pour la Mère de Dieu. C’est pourquoi, fils obéissant de Votre Sainteté et désirant d'augmenter le culte de la Vierge, j’ai publié ladite Encyclique dans mon diocèse, en prescrivant des prières publiques, alin d’obtenir pour le Vicaire de Jésus-Christ les lumières du Saint-Esprit, qu'il réclame lui-même pour l’accomplissement du dessein qu’il a conçu de déclarer et de définir par un jugement solennel que Marie a été conçue sans la tache originelle. Je ne doute point que le décret de Votre Sainteté ne soit reçu avec la plus grande joie par le clergé et le peuple de notre diocèse, lorsqu’il apprendra que, par une
(4) Flotnac. 26 oct. 4854 : Pareim, etc , vol. IX, app. II. — Voyez Malins?.
grâce particulière de Dieu, voire parole, partant de la Chaire pontificale, aura rendu un tel honneur à la Reine des Anges. Car depuis bien longtemps les fidèles ont |’mlime persuasion! persuasion inébranlable et approchant de la foi, que Marié a été conçue sans tache.. Le jour donc où l’immaculée Conception aura été définie comme dogme de l’Église catholique, il y aura une grande joie dans le ciel et sur la terre (I). »
Les sentiments de M. Menjaud se trouvent développés dans son Mandement sur 1 Encyclique du 2 février : « L’un des plus excellents privilèges dont Dieu, dit-il, ail orné la Sainte Vierge, est celui de son Immaculée Conception. Maiiie a été conçue sans PÉCHÉ : ces belles paroles sont inscrites non-seulement sur ses bannières, au fronton de ses autels, sur l’écusson des pieuses congrégations érigées en son honneur ; mais elles sont inscrites de temps immémorial dans le cœur des fidèles enfants de l’Église. C'est de Marie que parlait le Roiprophète, quand il disait : Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle : sanctificavit tabemacalumsuum Allissimus (2). Dans I immensité des temps, au milieu des flétrissures sans nombre de la nature humaine, Dieu considère avec complaisance Marie, le chef-d’œuvre de ses mains, toute éclatante de blancheur, exhalant les doux parfums de son innocence et de toutes ses vertus, et, pour représenter ce prodige, il la compare à un lis au milieu des épines: sicut lilium inter spinas, sic arnica mea inter filias (3) ; puis il s’écrie avec une sorte d’enthousiasme : Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée! et il n’y a pas de tache en vous : Tota pulchra es, arnica mea, et macula non est in te (4).
« N’est-il pas vrai, N. T. C. F., que cette douce et sainte apparition de Marie conçue sans péché réjouit notre cœur? N’est-il pas vrai que celle qui devait donner au monde l'auteur de toute sainteté, et fournir de sa propre substance les éléments du corps sacré d’un Dieu fait homme, n’a pu être
(1) Nancy, le 0 mai 1849 : Pauei i, etc-, aol. I, pug. lôg.
(4) Paalm. Xt,V, 5.
(3j Caniic,, II, S. — (4) Canl., IV, 7.
un instant l'esclave de Satan, ni infectée de la tacite originelle ? Telle est la croyance pieuse et inébranlable des âmes
fidèles C'est pour nous une grande consolation de vous
transmettre la communication du premier Pasteur de l'Église, et nous ne doutons pas de la joie que vous en éprouverez vous-mêmes ; mais celle consolation et cette joie seront à leur comble le jour où il nous sera donné d’entendre la parole décisive qui, partant de la Chaire Apostolique, se répandra dans tout le monde, pour affermir à jamais et enseigner comme dogme de la foi l’immaculée Conception de Marie (1). »
En 1843, M. Menjaud avait déjà souscrit, comme coadjuteur de l’Evêque de Nancy, la lettre par laquelle un grand nombre de Prélats français priaient le pape Grégoire XVI de vouloir bien définir comme dogme de foi la pieuse croyance, généralement reçue dans l'Église, louchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie ; ajoutant que tous les fidèles applaudiraient à cette définition et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire, Peints per Gregorium locultts est (2).
CD. — NANKIN (chine).
François-Xavier Mahesca, Évêque de Soli in partibus, administrateur apostolique du diocèse de Nankin, s’appuyant sur l’Écriture et la Tradition, priait le Vicaire Suprême de Jésus-Christ de vouloir bien définir, comme doctrine de l’Église catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel ; ajoutant que toute sa vie il avait désiré celte définition. C’étaient aussi, comme il le rapporte lui-même dans sa lettre du 6 janvier 1830, les sentiments et les vœux de tous les Missionnaires et de tous les fidèles du diocèse de Nankin (3).
(1) Mandement du 30 nvril 1849.
(2) Voyez Arras.
(3) Nanquini, die 0 januarii 1850 : Pareri, etc., vol. III, psg 23.
('DI. — NANTES (france).
Antoine-Malhias-Alexandre Jacquemet, Évêque de Nantes, assistant au Concile provincial de Tours, tenu li Rennes en 1849, a souscrit le décret que les Pères de ce Concile ont rendu en faveur de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, exprimant le vif désir que le Siège Apostolique définit solennellement, comme doctrine de l'Église catholique, que la Conception de la Mère de Dieu a été entièrement exempte de toute tache du péché originel (I).
La même année, quelque temps avant la prise de possession de M. Jacquemet, les vicaires capitulaires avaient adressé an clergé et aux fidèles du diocèse un Mandement pour prescrire des prières publiques, suivant le désir et les intentions exprimées dans l’Encyclique du 2 février 1849. Ils s’exprimaient ainsi : « Qu’il est digne d’admiration l'auguste Pontife qui , parmi les amertumes de l’exil et les déchirements de son cœur paternel, n’oublie aucun des devoirs de sa charge pastorale ! Les maux qui l'accablent ne peuvent troubler la sérénité de son âme, et il s’occupe des intérêts spirituels de l'Église avec autant de calme et de liberté d’esprit que s’il vivait au sein d’une paix profonde. Mais plutôt, ne sonl-ce point ses malheurs mêmes et ceux de son peuple , ne sont-ce point les dangers de l'Eglise et de la société chrétienne qui donnent une nouvelle activité à son zèle et h sa piété? N'estce point parce que la barque de Pierre est plus violemment agitée par la tempête que ses regards sonlplus attentivement fixés vers YÊtoile de la mer, vers celle qui, dans tous les temps, et très-spécialement de nos jours, a été invoquée comme l’espoir et la ressource descbréliens?En divers temps, des vœux multipliés s’étaient élevés vers la Chaire Apostolique, demandant que l’Église prononçât sur la croyance de l’immaculée Conception et la définit comme article de foi.
(1) Voyci Tocns.
De nos jours nous avons vu un grand nombre d’Évéques exprimer le même désir, en même temps qu'ils sollicitaient du Saint-Siège la faculté d’introduire dans la Liturgie l'expression de ce grand privilège de la Mère de Dieu, et le bonheur de la saluer, dans les divins oflices, du titre de Vierge conçue sans péché. M. de Hercé (Évêque de Nantes), de douce et précieuse mémoire, se faisant l'interprète des sentiments de son clergé et de tout son diocèse, obtint la même grâce (1). » En 1840, l'Évêque de Nantes annonça par un Mandement, au clergé et au peuple (idèle de son diocèse, la faveur qui lui avait été accordée par le pape Grégoire XVI. Après avoir prouvé l’ancienneté de la croyance de l'Église à l'immaculée Conception par les liturgies orientales, par l'enseignement des saints Pères et des livres saints, il adressait celte touchante exhortation aux lidèles : « Venez donc, N. T. C. F., prions avec amour l'humble fille de Jacob de répandre de plus en plus sa dévotion dans les cœurs. Heureux de lui offrir un hommage de plus dans nos solennités, conjurons-la par sa Conception Immaculée (le regarder favorablement un diocèse qui se plaît h publier une de ses plus glorieuses prérogatives. Nous lui consacrons ce diocèse qui nous est si cher ; nous le mettons, ainsi que notre personne, sous sa tutelle et sa sauvegarde. Qu elle veille sur les brebis et sur le Pasteur I Qu’elle bénisse celle France dont elle s’est si souvent montrée la protectrice! Qu'elle y affermisse la foi, qu’elle y ranime la piété ! Qu’elle fasse de tous les Français une seule famille, en les unissant par le lien delà religion et de la charité ! et que, de tous les points de ce beau royaume, on l’invoque en lui disant: Régnez sur nous, Vous et votre Fils: dominare nostri, tu et Filins luus (Judic. VIII. 22). »
Le bréviaire à l’usage du diocèse de Nantes, imprimé en 18ÔG, par l’ordre de M. Micolon de Guérines, nous offre une autre preuve de la croyance de cette Église touchant la Conception sans tache de Marie.
(1) Mandement de» Vicaires Capitulaires, elc., du 18 juin 1#49.
En effet , il contient , dans l'office de Conceptione B. V. M. , une profession publique et formelle de cette prérogative. L’oraison des Laudes est ainsi conçue : a Dieu, qui pour l’honneur de Notre-Seigneur Jésus- Christ, avez préservé la Bienheureuse Vierge Marie sa Mère, de toute tache du péché , nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception.
Si nous remontons plus haut , nous trouvons un témoignage non moins exprès de cette même croyance. Le Rituel de Nantes, imprimé en 1776, prescrit aux curés d’annoncer, au Prône, la fête de la Conception de la manière suivante : « Nous célébrons (un tel jour) la fête de la Conception de la Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet digne du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu'aucune des créatures , et quelle n’eût point de part à leur corruption ( I ). B
CDU. — NAPLES.
En 1848, quelque temps avant la publication de l’Encyclique de Sa Sainteté sur l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, le Cardinal Riario-Sfobza, archevêque de Naples, conjurait Sa Sainteté de sanctionner et de confirmer, par un acte de son autorité suprême, la vérité de la Conception sans tache de la Mère de Dieu, pensant que rien n'était plus opportun que cette définition, qu’il regardait, ainsi qu'on le voit par sa lettre au Saint-Père, comme devant répondre parfaitement, et aux sentiments de piété que les Napolitains ont constamment montrés envers la très-sainte et très-pure Conception de la Vierge Marie et aux vœux des autres Évêques du Royaume de Naples. En effet, comme le
(I) Riluale Nanneteiwe, etc , ann. 1776, pag. 29G.
dit l'éminent Cardinal , les Prélats de ce Royaume avaient déjà résolu de recourir au Siège Apostolique, pour demander que la vérité de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge fût définie solennellement comme dogme de foi (1).
Nous voyons, d’ailleurs, par la lettre queFerdinand il, roi des Deux-Siciles, adressait lui-même à Notre Saint-Père le Pape, à peu près dans le même temps, que quarante Évêques de son royaume désiraient que Sa Sainteté déclarât comme article de foi que la Conception de Marie a été Immaculée même dans le premier instant de sa création (2).
CDI1I. — NARNI (ÉTATS POMIUCAl’X).
Joseph-Marie Galligari, Évêque de Narni, est un des Prélats qui, étant réunisà Spolèle, au mois de novembre 1849, adressèrent une lettre collective au Saint-Père, pour le prier de définir dogmatiquement l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (3).
Peu de temps auparavant, il avait déjà fait la même demande à Sa Sainteté. Après avoir prouvé et en quelque sorte démontré par les saintes Écritures et l’enseignement des Saints-Pères, par la doctrine des Conciles, par les constitutions et les actes des souverains Pontifes, par la croyance et la pratique générale et constante du monde catholique, que l’Église a toujours cru a l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, l’Évêque de Narni émettait le vœu suivant : « Depuis le temps des Apôtres, l’Kglise catholique a toujours reconnu que le Pontife Romain a le Siège, la foi et l’autorité de Pierre. Certainement le Pontife Romain est celui à qui le Seigneur Jésus a dit dans la personne de Pierre: J'ai prié pour lui, afin que lu foi ne défaille point, et confirme tes frères. C’est pourquoi, Très-Saint Père, je désire
(1) Kapoli, die ônov. 1849 : Paiieri, etc., vol. IX, pag. 181.
(2) La Lettre du Roi Ferdinand J1 est sans date. Elle est rapportée dans les Parkiu, etc., vol. IX, pag. 87.
(3) Voyez Spolète
souverainement qu'en vertu de votre autorité, qui est infaillible pour la délinition des controverses en matière de foi, vous confirmiez par un decret dogmatique vos frères que l’Esprit-Saint a établis pour régir l’Église de Dieu ; c’est-àdire que, conformément à l’ancienne et pieuse croyance des fidèles, qui a pour elle l’Église elle-même et le Siège Apostolique, il soit défini et proposé à tous les catholiques, comme article de foi, que la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache du péché originel. C’est le vœu, ajoutait-il, de tout le diocèse dcNarni, du clergé, des Chapitres et du peuple fidèle (I). »
CDIV. — NASHV1LLE (États-Unis).
Richard Miles, Évêque de Nashville, se trouvant au Concile de Baltimore, de l’an 1840, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait agréable que le Souverain Pontife définit comme doctrine de l’Église catholique, s’il le jugeait à propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (2).
CDV, — NATCIIEZ (états-unis}.
Jean Chance', Évêque de Natchez, ville des États-Unis, étant au Concile de Baltimore, de l’an 1849, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait agréable que le Souverain Pontife définît comme doc-
(1) Ab Aposlolornm ætate Cnlliolica semper agnovit Ecclesia Romanum Ponlificem in Pelri locum, fidem, auctoritatemque succedere... Uæc proplcr, Bcatissime Pater, ea qua polies auctoritatc ac iniallibilitalc in fidei controvcrsii* finicndis, mihi maxime in optatis est, ut fralres tuos, quos posuit Spiritus Sanctus regerc Ecclesiam Uei, dogmatico confirmes decreto, quo id quo tenet vêtus Christi fidelium pietas, ipsaque Ecclesia et Apoatolica Sedes tuetur, omnibus tandem catholicis ex tide crcdendum proponalur et solidelur, Beatissimam scilicet Dei Genitriccm Mariam absque ulla prorsus originali labe fuisse conceptam. iVarniM,prid. Non. novtmbris 1849: Pareri, etc., vol. II, pag. 29fi.
(2) Voyez Baltimore.
— 4iO —
trine de l’Église catholique, s’il le jugeait à propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (1).
CDVI. — NAXOS (archipel).
François-Dominique Castelli, de l’ordre des Frères-Prêcheurs. archevêque de Naxos, pensait qu’il a été très-convenahle et même nécessaire que la Très-Sainte Mère de Dieu lut exempte de toute tache du péché originel ; et il désirerait qu'il fut défini, par un jugement solennel du Siège Apostolique, que la Très-Auguste Mère de Dieu a été Immaculée dans sa Conception, et préservée du péché d’origine en vertu des mérites futurs de son divin Fils; mais qu’il s'en rapportait sur ce point au jugement suprême de Sa Sainteté (2).
CDV1I. — NEUSOHL (homme).
Etienne Moïse. Evêque de Neusohl, écrivait, en 1834, au Cardinal Scilowski, Archevêque de Slrigonie et Primat de Hongrie, que le clergé cl le peuple fidèle de son diocèse, partageant ses sentiments, avaient une grande dévotion envers la Bienheureuse Vierge Marie, cl qu'ils recevraient avec joie la décision affirmative du dogme de son Immaculée Conception, comme devant être un surcroît d’honneur pour la Mère de notre divin Sauveur (3).
CDYIII. — NEVERS (france).
Dominique-Augustin Dufêtre, Evêque de Ncvers, est du nombre des cinquante et un Prélats français qui, vers Eau 1843, ont successivement écrit au pape Grégoire XVI, pour lui exprimer le vœu que la croyance , généralement reçue dans
(1) Voyez lUmnoRE.
(2) Nazi», die 8 dccembris 1849 . Pjuiriu, etc., vol. II, p»g. 418.
(3) In S. Cruce, die 9 oct 1854 : Parlai, etc., vol. IX, app. II.
l’Eglise, touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, fût définie comme article de foi par le Siège Apostolique ; ajoutant que tous applaudiraient, et s’écrieraient d’une voix unanime : Pierre a parlé par Grégoire, Peints per Gregorium loculus est (1).
Ce Prélat, répondant le 2 février 1830 h l’Encyclique du 2 février 1849, exprime d'abord la joie qu'éprouvait l’Église de Nevers, en voyant approcher le jour où il lui serait donné, d'après une définition infaillible de Sa Sainteté, Veslra Sanctilate infaillibilité r defaüenle , de croire d’une foi ferme et de professer comme dogme inébranlable, ce qu’elle a. toujours cru pieusement, d'après l’enseignement de ses anciens Évêques.
Il rapporte ensuite que les chanoines de sa cathédrale et les principaux curés de son diocèse, étant réunis en Synode, ont été unanimes h confesser que Marie a été conçue sans péché, manifestant en même temps le désir que son Immaculée Conception fût définie comme dogme de la foi catholique. L’Évêque ne pensait pas autrement que son clergé : « Je crois et confesse, disait-il dans la même lettre, que la Bienheureuse M@rie a toujours été pure et Immaculée dans sa Conception, comme je crois et professe qu’elle a toujours été Vierge. » Puis, après avoir fait quelques réflexions sur la crédibilité de cette insigne prérogative delà Mère de Dieu, il ajoutait : « Nous pensons que non-seulement il peut être défini , mais qu’il est opportun qu’il soit défini par le Siège Apostolique, comme doctrine de l’Église catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (2). »
Enfin M. Dufètre, assistant au Concile provincial de Sens, a souscrit avec les autres Pères de ce Concile le décret par
(1) Voyez Auras.
' (2) Sentirons non solum posse sed in promptu esse defini* i ab Aposlolica Scde, veluti Catholicæ Kcclesiæ Docirinam, Bcatissimæ Virjjinis Mario* Conception 1mmaculalum omnino fuisse, atquc ab omni prorsus origitulis culpæ labe immunein. Ifivtr , die 2 februarii 1830 ; Pareui, eU.; vol. III, pag. 243.
lequel on demandait très-instamment, que le Saint-Siège définit et proposât au peuple chrétien, comme objet de la loi catholique, l’immaculée Conception de la Glorieuse Vierge Marie (1 ).
GDIX. — NEW-YORK (états- uni*).
Jean Highes, Évêque de New-York, ville des Etats-Unis, étant au Concile de Baltimore de l’an 1841), a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait 'agréable que le Souverain l’onlife définit comme doctrine de l’Église catholique, s’il le jugeait à propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exemple de toute tache du péché originel (2).
CDX. — NICE I ÉTATS SAHDESt.
En 1844, Dominique Galvano, Evêque de Nice, s'appuyant sur la croyance générale de l'Église, pensait que le temps était venu pour le Siège Apostolique, organe iufuillible de la voix du ciel, de déclarer solennellement la vérité de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, en la mettant au nombre des articles de la foi catholique. Et, s’unissant h ceux des Évêques en grand nombre qui avaient déjà fait la même demande, il priait très-instamment le Vicaire de Jésus-Christ, le Matlre suprême, le Uucleur, le Pasteur et le Père de tout le troupeau du Seiyneur, de définir par un jugement suprême et irréformable, supremo et irreformabili judicio , l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et de la déclarer dogme de foi (3).
Quand l’Encyclique de Sa Sainteté, du 2 février 1849, eut paru, l’Évêque de Nice y répoudit par une lettre du 2 juillet de la même année. Après avoir parlé de l’ancienne croyance
(1) Voyez Sen?.
(2) Voyez Baltimore.
(3) N’iciæ. 25j.inuarii 1844: Parlui, etc., vol. IX, pag.51.
de son Église et de la dévotion tant du peuple lidèle que du clergé de son diocèse envers la Vierge Marie conçue sans tache, il pressait de nouveau Sa Sainteté de sanctionner enlin par un décret solennel la croyance unanime des fidèles, et de combler les vœux des Pasteurs de l’Église et de tous les catholiques (1).
CDXI. — NIMES (frakce).
Jean-François Caiit, Evêque de Nîmes, est du nombre des cinquante et un Prélats français qui, vers l’an 1845, exprimèrent h Grégoire XVI le vœu que la croyance, généralement reçue dans l'Église, touchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, fût définie par le Saint-Siège comme article de foi. Ces Évêques ajoutaient que tous applaudiraient h cette définition eu s'écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Gregonum locutus est (2).
Eit 1849, il prit part aux travaux du Concile provincial d'Avignon. Or les Pères de ce Concile prièrent Sa Sainteté de vouloir bien définir, comme doctrine de l'Église catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exemple du péché originel 13).
CDXII. — NOCÉRA (états postificacx).
Nous avons deux lettres de François Agostini, Évêque de Nocera, touchant la définition dogmatique de l'immaculée Conception de la Vierge Marie. Dans la première, qui est de l’année 1848, il priaitSa Sainteté de daigner déclarer, comme article de foi, que la Vierge Marie a été absolument Immaculée dès le commencement de son existence. « Si saint Jean, disait-il, a été sanctifié dans le sein de sa Mère, si avant de venir au monde il a été délivré de l’esclavage du démon, parce
(1) Niciæ, die 2 julii 1849 : Pahehi, etc., vol. I, pag. 7KH.
(2) Voyez Amas.
(3) Voyez Avignon.
qu’il devait annoncer la venue de l’Agneau de Dieu, celle qui a engendré ce même Agneau qui efface les péchés du monde, la Mère du Verbe, a dû être plus sainte que saint Jean ; elle a dû par conséquent être sainte, très-sainte, non-seulement dans sa nativité, mais même dans sa Conception (1). »
La seconde lettre de l'Évêque de Nocera est une réponse b l’Encyclique du 2 février 1849. Il atteste dans cette lettre que tous les ecclésiastiques de son diocèse, dont il avait cherché h connaître les sentiments, s’étaient voués déjà depuis longtemps à la défense de l'insigne et glorieux privilège de Marie, et qu'ils désiraient souverainement qu’il fût confirmé par un décret du Siège Apostolique. Les sentiments des fidèles ne différaient point de ceux du clergé : au rapport des curés, la définition tant désirée du Saint-Siège devait être une grande consolation pour tous. Quant à ce qui regarde l'Évêque, il profita de cette occasion pour renouveler la demande qu'il avait faite l'année précédente, en priant et en suppliant Sa Sainteté de déclarer comme dogme de foi l'immaculée Conception de la Bienheureuse Mère de Dieu (2). Enfin M. Agostini est du nombre des Évêques qui, étant réunis à Spolète, écrivirent à notre Saint-Père le Pape, le 21 novembre 1849, pour le prier de définir que la Vierge Marie a été conçue sans la tache du péché originel (ô).
CDXIII. -t-NOCERA DE’ PAGANI (royaume de naples).
L’Évêque de Nocera de’ Pagani ne désirait pas moins ardemment une défioition dogmatique en faveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Agnel- Joseph d’Aühia, Evêque de celte ville, a écrit jusqu'à trois fois au chef de l’Église, pour le presser de définir enfin, comme dogme de foi, que la Vierge Marie Mère de Dieu a été préservée et exempte de toute tache du péché originel
(1) Noccriæ, VI Idus septembres 1848: Pareri, etc., vol. IX, pag. 134.
(2) Noccriæ, V Idus Sextiles 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag. 2bG.
13) Voyez Spolète.
dans le premier inslant de sa Conception passive. « Parlez donc. Très-Saint Père, faites entendre votre voix comme une trompette éclatante du liant de votre trône, de la Chaire infaillible de la vérité ; prononcez cette parole qui sera le sujet d'une grande joie pour le monde entier : C’est un dogme de la foi catholique, qui doit être cru expressément, fidèlement et fermement par tous, que lu Bienheureuse Marie Mère de Dieu, toujours Vierge, a été conçue sans lu tache du péché originel, même dans le premier inslant de sa création. C'est le vœu, l'attente, la douce espérance de tous les Ordres religieux, des universités, des pieuses associations, des Évêques que l'Espril-Saint a établis pour régir l'Église de Dieu, des troupeaux confiés h leurs soins; et moi, le dernier de tous, je le demande avec instance à Votre Sainteté, au nom de tout mon diocèse (1). »
M. d’Auria a renouvelé la même demande dans ses lettres du 17 des Calendes de juillet 1849 (2).
CDXIV. — NOLE (koyaeme de napi.es).
L’Encyclique du 2 février 1849 n’avait pas encore paru, que Jean Pasca, Évêque de Noie, convaincu par les oracles sacrés, par les témoignages des saints Pères et des Conciles, et par les concessions du Pape Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle, priait notre Saint-Père le Pape Pie IX, en 1848, de répondre aux vœux du peuple chrétien, et de mettre cette vérité au nombre des dogmes catholiques par un
(1) Exalta igitur, Sanrlissime Pater, exalta quasi tuba de aede magnitudinia Tuæ, de infoliibili vcritatis cathedra vocem Tuam, et pronunliu verbum quod gaudium magnum anuunlianduin erit univeiso raundo : Esse nempe eathol.cæ fidci dogma expresse ab omnibus firintlcr iidelitcrque credendum, Bcalissimam scmpcr Virginem l)ei Genilricem Manam fuisse in primo instanli sine peccati originales labe conceptam Nucerim Paganorum , Kal. januarii 1848 : Pahew, etc , vol. IX, pag. 114 et *211.
(2) Parfiu, etc., vol. I, pag. 313.
— -ut; —
oracle infaillible du Siège Apostolique : Apostoliae sedis oracnlo falli prorsus nescio (1).
Il lit la même demande en 1849 dans sa réponse à l’Encyclique de Sa Sainteté, ajoutant que le clergé et le peuple de son diocèse désiraient également que l'immaculée Conception de la Mère de Dieu fût définie, comme dogme de l’Église catholique, par un jugement solennel du Saint- Siège (2).
CDXV. — NORCIA (états pontificaux).
Le 21 novembre 1849, l’Évêque de Norcia souscrivit la lettre par laquelle les Evêques réunis h Spolète priaient Sa Sainteté de décréter l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (5). Déjà, quelques mois auparavant, ce Prélat avait adressé au Souverain Pontife une lettre où il prouve, de la manière la plus satisfaisante, la croyance générale et constante de la Conception sans tache de la Vierge Marie. Il cite les Pères, les Docteurs et les anciens auteurs ecclésiastiques, les Conciles, notamment le Concile de Bâle et le Concile de Trente, les constitutions du Saint-Siège et les pratiques liturgiques approuvées, favorisées et encouragées tant par les Papes que par les Évêques du monde catholique. Il explique ensuite comment, pour l’immaculée Conception, ainsi que pour plusieurs autres dogmes de la foi catholique, la croyance de l'Eglise, implicite au commencement dans le plus grand nombre des fidèles, est devenue progressivement plus ou moins expresse parmi le peuple chrétien, au point de pouvoir être définie dogmatiquement h la satisfaction de tous. Puis, unissant ses vœux aux vœux de l’épiscopat catholique et de tous les fidèles, touchant l'insigne privilège de la Vierge conçue sans la tache originelle, il exprimait à Sa Sainteté le vif désir qu’ils fussent accueillis favorablement pour la plus
(1) Nolie, V Idus novembres 1848 : Padou, de., vol. IX, pag. 190.
(2) Nolæ, VI Idus junii 1849 : Parebi, etc., vol. I, pag. 284.
(3) Voyex Spolète.
grande gloire du divin Rédempteur, pour l’honneur de sa Sainte Mère et l’utilité de l'Église catholique (i).
Mais cette grande question ne pouvait être décidée que par le Saint-Siège. « C’est k vous, disait-il au Saint-Père, c’est h vous seul que le ciel a confié la mission d’enseigner toutes les nations et de paître le troupeau tout entier du Seigneur; c’est à vous seul que Jésus-Christ a dit, en adressant la parole k Pierre : Pais mes brebis, confirme tes frères. . . Vous êtes le juge suprême de la vérité; vous pourrez confirmer par votre jugement le sentiment commun de ceux que l’Esprit-Sainl a établis Évêques pour régir l'Eglise de Dieu : si vous ne prononcez vous-même, tout autre jugement, quel qu’il fût, serait faible et défectueux |2). »
CDXV1. — NORVÈGE.
Louis Stcdach, Vicaire Apostolique de la Suède et de la Norvège, désirait la définition dogmatique de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (5).
CDXVII. — MOTO (sicilk).
Conformément aux intentions de notre Saint-Père le Pape Pie IX, qui, voulant enfin définir comme dogme de foi l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge, eut recours aux prières du monde catholique afin d'obtenir les lumières de l’ Esprit-Saint pour une affaire aussi importante, Joseph Mendito, Evêque de Noto, prescrivit k tous ses diocésains des
(1) Nursiæ, Idibus septembres 1849 : Paueri, etc., vol. I, pag. 104.
(2) Beatissimc Pater..., cui soli cœlitus «latum est omnes génies docere, universumque dominicum gregem in pascua ducere; Tibi uni, cum Pctrum Clirislus alloqueretur, dixili Pasce oves tneas. Confirma fralres tuos... communi eorum sensu i, quos posuit Epitçopos rtgere Eccltsiam Dcit Tu excclsus veritalis judex, Tuam poteris consociarè sententiam, quœ si sola deficiat, judicium aliud quodcumquc sit, infirmum erit et claudicans. Nursix, Idibut sept. 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag. 104.
(3) Voyez Suède.
prières et des exercices de piété, dont ils se sont acquittés avec la plus grande ferveur, en s'approchant même des sacrements de Pénitence et de l'Eucharistie; ce qui suppose qu’ils entraient parfaitement dans les vues de Sa Sainteté.
Ce Prélat ajoutait dans sa lettre, qui était adressée aux membres du sacré Collège, qu'on pourrait juger de ses propres sentiments par le Discours panégyrique qu’il leur transmettait; car, disait-il, il avait réuni dans ce discours tous les arguments théologiques qui démontrent invinciblement la vérité de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (1).
CDXV1II. — NÜVARE (états sardesi.
Quelque temps avant que l'Encyclique du 2 février 1849 parût, louchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, M. Gentili, Évêque deNovare, avait prié le Vicaire de Jésus- Christ de déclarer que la Très-Sainte Vierge a été exempte de la tache commune aux autres hommes, et de proposer comme article de foi cette vérité si profondément gravée dans presque tous les esprits (2).
Dans une seconde lettre, en réponse à l'Encyclique dont on vient de parler, il renouvela sa demande, ajoutant que c’était aussi le vœu du clergé et des fidèles de son diocèse (3).
CDXIX. — NOUVELLE-ORLÉANS (Amérique).
Antoine Blanc, Évêque de la Nouvelle-Orléans, ville des États-Unis, étant au Concile de Baltimore de l’an 1849. a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait agréable que le Souverain Pontife dé-
(1) Datum Noti postridie Noms scptcmbris 1840. — Le discours don I parie l'Évêque de Nolo ne se trouve point dans les Pareri, etc.
(2) Cette Lettre est sans d ite. On la trouve dans les Pareri, etc., vol. IX, pag. 9.
(3) Novariæ, Kal. d ccem bris i 84*1 : Pareri, etc., vol. II, pag. 405.
finit, comme doctrine de l'Église catholique, s’il le jugeait h propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (1).
CDXX. — NO Y ON (france).
Le clergé du diocèse de Novon, dont le siège épiscopal a été supprimé en 1801, professait dans sa liturgie I Iumvcclée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Les Bréviaires imprimés h l’usage de ce diocèse, en 1744 et 1774, contiennent l'Oraison suivante pour l'office de la Conception : « Dieu qui, pour l’honneur de Noire-Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception .»
CDXX1. — OAXAIIA (mexiooe).
Antoine Mantecon, Évêque d'Oaxalia, après avoir demandé à tous les curés de son diocèse la libre expression de leurs sentiments et de ceux de leurs paroissiens, mandait au Saint- Père le 17 novembre 1849, en réponse à l’Kncyclique du 2 février, que les renseignements qu'il avait reçus étaient v parfaitement uniformes, et que tous, sans exception, s’accordaient h supplier Sa Sainteté, par les paroles les plus pressantes, les prières les plus vives et les plus pathétiques, les désirs les plus purs et les plus impatients, de s’occuper de l’intéressante et pieuse affaire dont il s’agissait, et de hâter le jour où il serait défini d’une manière irréfragable, par un oracle infaillible, que la Très-Sainte Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans la tache oiiginelle. Tel est, disait-il. le vœu de toutes les populations de ce diocèse, de tous les curés, du vénérable Chapitre de celte sainte Église et le mien (2).
(I) Voyez BzLTMO«e.
(£) Ouata, novienibre 17 dcl 1849: Pzi.ibi, etc., vol. Il, pag. 371.
CDXXII. — OLÉRON (france).
L’Kglise d’OIéron, dont le siège a été supprimé par le Concordat de 1801, avait adopté le Rituel d’Auch, qui était pour toute la province. Or, d’après ce Rituel, les curés devaient annoncer au Prône la fcte de la Conception, suivant cette formule : « Le 8* jour du présent mois (de décembre) se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l’honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu’aucune des créatures et qu’elle n’eût point de part a leur corruption (1). »
CDXXII1. — OLINDK et FERNAMBOUC ou PERNAMROUC (Brésil).
Jean Narqiei Perdigao, Évêque d’OIinde et de Fernanibouc, croyait, comme il le dit dans la lettre qu’il écrivait au Pape, sous la date du 10 juillet 1840, que la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement préservée de l’ombre même du péché originel, par une prérogative qui n’a été accordée à aucun autre descendant d’Adam : et il attestait à Sa Sainteté que tous les vrais fidèles étaient convaincus de cette vérité. Puis, après avoir exposé les raisons qui militent en faveur de l'immaculée Conception de la Mère de Dieu, il finissait en disant que la sainte Église universelle demandait avec instance a celui qui est le recteur, le chef et le maitre de toutes les Églises, une définition^] solennelle de ce mystère (2).
(1) Vove* Accu.
(‘2) Olindæ, die lCjuliiann. 1849. Pai.em, etc., vol, I, pag. 447.
CDXX1Y. — OLMUTZ imohavik).
En 1850, Maximilien-Joseph-Godefroi de Sommeiiai Beeckh, Archevêque d’Olmütz, mort Cardinal de la sainle Église romaine. et Antoine-Ernest Schaafegostsche, Evêque de Brünn, écrivaient h notre Saint-Père le Pape que le clergé et le peuple fidèle de la Moldavie honoraient, avec une vénération particulière, l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie ; que, dans leurs diocèses, on ajoutait, en vertu d'un Induit apostolique, le mot lmmaculata au mot Conceptione de la Préface de la Messe de la Conception, et qu'on invoquait Marie, dans les Litanies de Lorelle, comme Reine conçue sans péché; que les fidèles étaient persuadés que la Bienheureuse Mère de Dieu a été conçue sans tache ; que, par le bienfait de la grâce sanctifiante, elle a été préservée du péché originel dans le moment même de son animation ; que cette pieuse croyance a son germe dans l'Écriture et la Tradition primitive, dont le (il, qui n'a jamais été interrompu, ainsi que l’atteste l’histoire, s’est étendu de jour en jour par la liturgie, par l’institution de la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge, par les instructions des Pasteurs et le sentiment des fidèles.
Ces deux Prélats ne pensaient pas autrement que leurs diocésains; empruntant le langage des Pères, ils prouvent que le Fils de Dieu, qui est venu pour rendre aux hommes la vie éternelle qu’ils avaient perdue par le péché d’Adam, ne pouvait naître, en s’incarnant, que d’une Vierge très-pure et toujours Immaculée; que la dignité de Mère de Dieu n’a pu s’allier dans Marie avec la tache originelle; que celle qui a donné le jour â celui qui venait pour réconcilier le inonde avec le Créateur n'a pu être un seul instant une fille de colère, une esclave du démon. Cependant ils ne croyaient pas qu’une définition dogmatique en faveur du privilège de l'immaculée Conception de la Vierge fût alors opportune; ils
craignaient que cette définition n’eût des suites lâcheuses à raison de la disposition de certains esprits (1).