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Fernandds Tri tius Augustes.
Die 28 mait (M. DGI. XVII).
Voyez Velasquez, De Maria \mmaculate concepia, lib. IV, dissert. X, annot. VII, Ziegeibauer, Dt Sanctissimo Mytlcrio Immaculatr Concepltonit B. V. Mar\m, etc.; Viennæ Austrie, 1737, pag. 125.
la lâche du péché originel. Peu de temps après, le 17 mai de la même année, les quaire facultés réunies, l'Université, animée des mêmes sentiments que l'empereur, a statué, k l’unanimité des voix, que l'on se conformerait en tout aux dispositions du décret impérial 11).
Enfin, sur les instances de Léopold, fils de Ferdinand lit, le Pape Alexandre VU permit, le 12 novembre 1604, au clergé de Vienne et des Etats soumis à l’empereur d'Allemagne de réciter comme étant de précepte l 'Office et la Messe de l'immaculée Conception de la Vierge Marie (2).
DCXLI. — VINCENNES (Amérique).
M. Saint-Palais. Évêque de Vincennes, ville des Etats-Unis, assistant au Concile de Baltimore de l'an 1849, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait agréable que le Souverain Pontife délinit comme doctrine de l’Eglise catholique, s’il le jugeait k propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (5).
DCXL1I. — VICH (espagne).
Lucien Casadevall, Évêque de Vich, ne put lire l’Encyclique du 2 février sans élever les yeux au ciel et s’écrier, en employant le langage du Prophète-Roi : « Je me suis réjoui dans les choses qui m’ont été dites. » Il entrevoyait dès lors la réalisation d’une espérance qu’il nourrissait dans son cœur depuis ses plus jeunes années, ainsi qu’il le déclara au Souverain Pontife par sa lettre du 9 mai 1849. Son esprit avait toujours été pénétré de la puissance irrésistible des raisons de convenance qui appuient la doctrine de l’immaculée Con-
(1) Voyez Appewmc.e III.
(2', Voyez Zicgelbauer, De sanctiesimo M'/sterio bit maculai se Conceptionu B. V. Mari#, etc.; Viennæ Auslriæ- 1737, p«g. ‘211.
(3) Voyez Baltimore..
— fi6'2 —
ception et qu’il se plaisait a rappeler; elles l’avaient déterminé à demander à Grégoire XVI l’autorisation pour son diocèse d’ajouter le mot Immaculata dans la Préface de la Conception, il avait un vif désir de voir arriver le jour où le chef de l’Eglise, éclairé de la lumière du Saint-Esprit, mettrait la vérité de l’immaculée Conception de la Vierge au nombre des dogmes de la loi catholique. Il se félicitait de pouvoir attester à Sa Sainteté que le clergé et tous les fidèles de son diocèse étaient animés de la même dévotion que lui envers ce mystère. C’est en effet avec une ferveur attendrissante qu’ils avaient pris part aux prières prescrites en conformité avec l’Encyclique, et ils étaient dans la disposition de les continuer jusqu’à ce que la Bulle pontificale désirée et attendue vînt y mettre fin en déclarant par un jugement solennel, et comme article de foi, que la Très-Sainte Mère de Dieu et la nôtre a été conçue sans la tache originelle (1).
Déjà en lfiiiS, François Ciiespi de Borgia, dominicain. Evêque de Vich, avait sollicité du Saint-Siège la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, mettant en avant ce que les Souverains Pontifes ont fait pour affermir et développer la croyance du clergé et des fidèles touchant ce mystère. S’appuyant d’ailleurs sur la doctrine des Saints Pères, l’enseignement des Docteurs et des Universités, le vœu des rois et des peuples, il priait le Pape Alexandre Vil de tirer des trésors de la foi cette vérité qui est aussi ancienne que le christianisme, et de la proposer à toute l’Eglise comme objet d’une foi surnaturelle et divine (2).
(1) Vici, die 9 maiiannt 1849 : I’ahfri, etc., vol. I, pag. 105,
(2) Enixe oro Bcalitiidiiicui Ycstram, ut c tlicsauris tidei latcnlem ventaient Vt lcramm noviter et infaUibiliter nobiset loti Ecclesiæ credendam proférai, omploctcndam proponnt V fdus julii a nu. 1050 : Par au, etc., vol. II. pag. l’8
DCXLU1 . — VIGEVANO (piémokt).
Pie-Vincenl Forzam, Évêque de Vigevano, écrivant à Sa Sainteté, le 11 décembre 184!), en réponse à l'Encyclique du 2 février, lui disait qu’après s'élre assuré d’une manière particulière des sentiments de son clergé et d’une partie distinguée de son peuple, il était eu mesure de lui annoncer qu’ils étaient vraiment remplis d’une dévotion toute spéciale envers la Conception Immaculée de la Mère de Dieu, et que c’était, à ses yeux, le sentiment commun des lidèles. Il avait même l’espoir que la portion principale de son troupeau recevrait l'oracle du Saint-Siège, non-seulement avec vénération, mais encore avec joie, si Sa Sainteté jugeait opportun de définir par un jugement solennel que la Bienheureuse Vierge a été conçue sans la tache d’origine. Déjà clercs et fidèles avaient reçu avec bonheur le décret de Grégoire XVI, qui avait pour objet l’insertion, dans la Préface, du mot lmmaculala, et, dans les Litanies de Lorelte, de cette invocation : Reine conçue sans péché. Le voisinage d'un autre diocèse, où circulaient de mauvaises doctrines, lui paraissait capable de susciter ou d’enbardir quelques contradicteurs ; mais sa croyance à l’immaculée Conception était si bien établie, qu’il était prêt à la professer et à la manifester de toutes ses forces, et à applaudir au jugement solennel de l’Église qui viendrait la sanctionner. En attendant, il avait adopté pour son diocèse le nouvel office de la Conception concédé par Pie IX (i).
DCXLIV. — V1SLU (PORTUGAL).
Joseph-Joachim de Moun.v, Évêque de Viseu, répondant, le jour des Ides de janvier 1850, à l'Encyclique du 2 février, disait au Saint-Père qu’il était porté à opiner en laveur de la définition du mystère de l'immaculée Conception de la Très-
(i) Yigievani, die 11 decembris 1849 : Pareri, etc., vol. lï, pag. 433.
Sainte Vierge, Mère du itédempteur; il invoquait le témoignage des Ecritures, des Docteurs et des Pères, des Souverains Pontifes, des théologiens; de toute la tradition, en un mol, qui l'affermissait dans son sentiment et le déterminait a joindre sa voix à celle de tant d'hommes vénérables pour obtenir que, du haut du Vatican, Sa Sainteté voulût bien définir dogmatiquement et proclamer cette vérité qui était innée dans le cœur des fidèles; il démontrait par des faits historiques que le Portugal, en particulier, avait toujours manifesté, depuis sou origine, une foi inébranlable et un dévouement religieux envers la Très-Sainte Vierge, sous le titre de son Immaculée Conception : litre sous le patronage duquel ce royaume tout entier avait été placé par Jean IV, avec l'agrément d’Urbain VIII. Parmi les successeurs de ce monarque, tous animés des mêmes sentiments, plusieurs avaient supplié le Saint-Siège de porter un jugement snpréine sur ce privilège de la Vierge que tous les membres des assemblées générales du royaume faisaient autrefois serment de professer et de défendre jusqu'il la mort. En 1818, Jean VI avait institué dans la basilique de Villaviciosa l’ordre militaire de l'immaculée Conception, et la reine Maria da Gloria avait demandé en 1844, au Pape Grégoire VE l'insertion du mot lmmaculata dans la Préface de la Conception. Enfin l’Evêque affirmait que les pieux désirs de son Chapitre, du clergé et des fidèles ressortaient manifestement de leur vénération, de leur culte pour la Très-Sainte Vierge sous le titre de son Immaculée Conception et de la foi qu’ils professaient h l’égard de cette éminente prérogative. « Unissant leurs supplications aux miennes, ajoutait-il, ils conçoivent la douce espérance que Votre Sainteté portera volontiers un jugement définitif sur cette vérité gravée dans le cœur des chrétiens et qui est déjà de leur part l’objet d un culte affectueux, comme si elle avait été définie dogmatiquement (1). »
(1) Visonti in I.usitinU, ldibus jantmii 1850 : Paberi, de , vol. III, pag. 210
DCXLV. — V1TERBE kt TOSCANELLA (états pontificaux).
I.e Cardinal Gaspard-Bernard Pianetti, Évêque de Vilerbe et de Toscanella, qui s’était empressé de faire connaître ail Saint-Père, en réponse à l’Eucyclique du 2 février, ce qu'il pensait, ainsi que sou clergé et ses peuples, au sujet de l'immaculée Conception de la Mère de Dieu, avait assuré Sa Sainteté que tous croyaient que la Bienheureuse Vierge avait été conçue sans aucune tache, et même que plusieurs fidèles considéraient par -ignorance ce point de doctrine comme déjà placé au nombre des dogmes; mais en même temps il lui avait avoué que tous n 'étaient pas unanimes sur l'opportunité actuelle d’une définition dogmatique de la part du Saint- Siège. Ceux qui pensaient qu'elle devait être différée s’appuyaient sur les circonstances où l’Eglise, et Borne en particulier. se trouvaient alors; et son Eminence, au milieu de sa perplexité d'esprit, s'était rangée à celte opinion ; mais Elle écrivit au Souverain Pontife, en date de Home le 12 novembre 1854, que, depuis cette époque, les circonstances ayant changé, elle venait demander, ainsi que les membres de son clergé qui avaient été précédemment d’un autre avis, la définition dogmatique la plus prompte en faveur de la pieuse croyance qu’ils avaient toujours considérée comme théologiquement certaine : «Telle a toujours été, telle est. telle sera toujours notre foi, » disait le pieux Cardinal ; et il entrait à ce sujet dans quelques détails. Abordant ensuite la question de la définition dogmatique, et soumettant sou jugement à celui du Souverain Pontife, en qui Pierre parle, i« quo loquitur Peints, il déclarait que cette définition explicite lui paraissait désormais non-seulement opportune, mais encore nécessaire, et il en donnait les raisons. « Levez-vous donc, Très-Saint Père, concluait-il; par une définition solennelle ajoutez cette nouvelle perle à la couronne de la Mère de Dieu, toujours Immaculée, en proclamant la première union de son âme bienheureuse avec son corps, comme ayant été pré-
servéc du péché originel, par la grâce prévenante du Saint- Esprit, en vue des mérites de son Fils, le divin Rédempteur du monde (1). »
DCXLVI.— VIVIERS Ifraxce).
Joseph-Hippolyte (iuiBEirr, Evêque de Viviers, est du nombre des Prélats français qui, vers l'an I84.i, écrivirent successivement au Pape Crégoire XVI, pour le prier de délinir comme dogme de foi la croyance généralement reçue dans l'Église touchant l lmmaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie ; ajoutant que tous applaudiraient a cette définition en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Peints per Gregorium locutus est i2).
Lorsque parut l'Encyclique du 2 février 1 84',) , M. Giiiberl a renouvelé sa demande non-seulement en son nom, mais encore au nom des chanoines de la Cathédrale qui se sont associés a l'Evéquc en souscrivant sa lettre, au nom de tout le clergé et de tous les fidèles du diocèse. Il suppliait Sa Sainteté de vouloir bien, en vertu de son autorité infaillible, décréter, du haut de la Chaire de Pierre, que la Sainte Vierge Marie a été exempte de la la«he du péché originel, et de mettre ce dogme au nombre des articles de la foi catholique. Il ajoutait que, comme Evêque et comme juge, il adhérait par avance et qu'il adhérerait toujours du fond du cœur au décret doctrinal qui sortirait de la bouche du Souverain Pontife. On voit d’ailleurs par cette même lettre que le clergé, les prêtres chargés de la direction des paroisses, les fidèles confiés à leurs soins partageaient la croyance, les vœux et les sentiments du Pasteur (3).
[\] EU ergo, î’ealissime Pater, oxurge, pretiosissinium hune allerum lapider» gloriosæ corons Malris Dci semper Immaculalæ npponc solemni définitions, infusionis nimirum Beatissimæ illius anima; in corpus a peccalo originali per mérita ir'ilii sui huiuaui generis lledemptoris præscrvaUo. pramnieule Spiritus Sancti gralia. Romr, 12 novembri$ 18Ô4 : I’aiieiu, de., vol. IX, app. II.
(*2) Voyez Ara\§.
(3) Vivat» . die 8 aprilia 1849 : Pauebi, etc., vol. I, pag. 58.
Ces sentiments, nous les retrouvons avec quelques développements dans le Mandement du même Prélat, qui a été publié le 8 avril 1849. On y lit en elïet : « La fête de la Conception est établie dans l'Eglise depuis plusieurs siècles; mais, plus heureux que leurs devanciers, les prêtres d’aujourd'hui, eu vertu d’une autorisation du Saint-Siège, peuvent célébrer, par une mention expresse dans l’office de celte fête, I incomparable privilège qui a exempté Marie de la faute de notre premier père. Partout se sont formées de nos jours de pieuses associations sous le glorieux patronage de la Vierge sans tache; enliu il n’y a pas aujourd’hui de famille vraiment dirélienue qui n'invoque le matin et le soir, dans les prières d’usage, Marie conçue sans péché. Cependant la piété des enfants de .Marie n’est pas encore satisfaite. Ils voudraient que son Immaculée Conception fût mise par l’autorité infaillible de l’Église au nombre des dogmes de la foi...
« i Pour ce qui regarde notre diocèse), nous étions certain que la croyance du clergé et des fidèles répondait à la nôtre. Les archives de notre vénérable Chapitre nous avaient appris que depuis plusieurs siècles ses membres honoraient d’un culte spécial, dans l'Office public, la Vierge conçue sans péché, et nous savions que celte sainte dévotion fidèlement transmise, comme un précieux héritage, n’avait fait que s’accroître par le laps des âges. Nous avons signalé au Souverain Pontife celte circonstance si honorable pour la première Eglise de notre diocèse; nous lui avons fait connaître le zèle de nos dignes coopérateurs {tour répandre de plus en plus dans les âmes confiées a leurs soins les sentiments de vénération, de confiance et d’amour pour Marie Immaculée, ainsi que la dévotion de nos communautés religieuses envers ce précieux mystère de la Sainte Vierge. Nous lui avons parlé enlin des nombreuses Congrégations établies dans toutes nos paroisses, sous le litre de l’immaculée Conception, (pii honorent avec une si édifiante émulation cette noble prérogative de la Mère de Dieu. C’est avec bonheur que nous avons rempli ce devoir de justice, et nous ne croyons pas nous être écarté de
la vérité, en affirmant devant le chef de l’Eglise, qu’en ce qui touche h la dévotion envers l’immaculée Conception, notre diocèse ne le cède à aucun autre diocèse de la chrétienté (il. »
Enfin l’Évêque de Viviers prit part aux actes du provincial Concile d’Avignon de l’année 1849. Or ce Concile se montra favorable à la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Mère Dieu. On y exprima le vœu qu'il fut défini, comme doctrine de l’Église, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée et ahsolumentexempte de toute souillure du péché originel (2).
DCXLVII. — VOLTERRA (toscase).
Louis-Marie Paoeetti, Vicaire capitulaire de Volterra, le siège vacant, se fit un devoir de répondre à l’Encyclique du 2 février par une lettre qu'il adressa au Pape Pie IX, le IV des Ides de septembre 1849. Après avoir fait remarquer que l’Evêque dont ce diocèse déplorait la perte récente, Joseph- Cajétan Incoxtm, avait demandé au Saint-Siège l’autorisation de prononcer le mot Immaculata, dans la Préface de la Conception. il s’exprimait ainsi : « Chargé, malgré mon indignité, de remplacer, selon mes forces, cet illustre Prélat, et étant soumis invariablement, comme le pieux clergé de celte ville et du diocèse, aux intentions, décisions et enseignements de Votre Sainteté, qui est le Docteur de la foi catholique; h qui Jésus-Christ a confié le dépôt de la révélation, et qu’il a établi son Vicaire sur la terre, je me réjouis, et j'attends avec une douce espérance l’heureux message qui nous permettra d’assurer an clergé et à toutes les populations du diocèse qu’un décret du Saint-Siège a défini comme un dogme catholique que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée; et je prévois que ce sera pour tous le sujet
(1) Ce mandement a été publié à l’occasion de l’Encyclique de N. S. P. le Pape Pie IX, du 2 fév. 1849.
(2) Voyez Avicso*.
d’une grande consolation. » Il disait aussi que les prières prescrites conformément aux vues de l'Encyclique avaient attire une foule nombreuse empressée, recueillie, qui répétait avec une joie sensible ces paroles adressées à Marie : Il n’y a en vous aucune tache (1).
DCXLVIH. — WALLIA (Angleterre).
Thomas-Joseph Brown, Évêque d'Apollouia m iiartibux , Vicaire Apostolique du district de VVailia, écrivait au Pape, en 1848, que la doctrine de l'immaculée Conception était parvenue h un tel degré de certitude qu’il y avait lieu de croire que le jour approchait où il serait déclaré et délini par un jugement solennel, émané de l'autorité infaillible du. Siège Apostolique de Pierre, que celte doctrine est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition ; et il unissait ses voeux et ses prières aux vœux et aux prières des autres Évêques, pour solliciter celte déclaration solennelle de l’Église (‘2).
Le 2 février 1851), il écrivit de nouveau au Souverain Pontife et répondit h l’Encyclique du 2 février de l’année précédente. Après avoir consulté son clergé, il lui reudait ce témoignage, que, sauf, peut-être, un ou deux ecclésiastiques, il était unanime a reconnaître que la croyance à l’immaculée Conception reposait sur de telles autorités qu’elle pouvait être définie par un décret dogmatique ; et c’était lù aussi l’objet des vœux et des désirs des fidèles. Il en devait être ainsi, à sou avis; car, outre leurs dispositions personnelles de piété envers l'immaculée Conception, les catholiques anglais étaient encore stimulés par l'exemple et la tradition de leurs ancêtres, qui en avaient célébré la fête sous l'Episcopat de saint Anselme, h la fin du onzième siècle; qui l’avaient chaleureusement défendue, lorsqu’il s’était élevé en France des controverses sur ce sujet. Ils étaient les héritiers des sentiments de
(1) Volaterris, IV Idusscptembiis 1849 : Pareiu, de., vot. IV, pag. 87.
(2) Voyei Toc Loess ou Pahiiu, etc., vol. IX, pu g 90
Du ns Scott, qui a si bien et si heureusement lutté en faveur fie ce privilège de Marie, et de tous ces Evêques anglais, de tout ce clergé séculier et régulier, qui. durant plusieurs siècles, s'étaient appliqués h favoriser et b propager la pieuse croyance. « Que me reste-t-il, disait ensuite ce Prélat, sinon de joindre, dans le même but, mes vœux qui sont très-ardents, à ces vœux de mon clergé et de mon peuple? Je le dois au culte spécial que j'ai toujours professé pour la Mère de Dieu, conçue sans péché ; je le dois à ma conviction, qui est que celte vérité est de nature à être proposée par l’Église h tous les fidèles comme un objet de foi divine. » Enfin il prouvait solidement, par diversesconsidérations et autorités, la certitude de ce point de doctrine ; il représentait que la crainte d’éloigner de l’Eglise les protestants était sans fondement, et il soumettait, en définitive, son jugement h celui du Saint-Père (1).
DCXLIX. — WARMIE (piiusse orientale).
Joseph Geritz, Evêque de Warmie, répondant h l’Encyclique du 2 février 1840, confessait qu’il croyait fermement que la Bienheureuse Vierge Marie a été exempte du péché originel, et par conséquent conçue sans tache; qu’il voulait vivre et mourir dans cette croyance, qu’il avait reçue dès l’enfance, étant persuadé qu'il convenait que celle qui avait été choisie de Dieu de toute éternité pour être la Mère du Verbe incarné fût préparée h une aussi hante dignité par le privilège d’une Conception Sainte et exemple de la tache commune à tous les hommes ; ajoutant qu'il se réjouirait dans le Seigneur avec toute l’Eglise catholique, si celte croyance était confirmée par un décret de Sa Sainteté. Du reste, il ajoutait que. sur eelle question comme sur toutes celles qui appartiennent à la foi, il s’en rapportait au jugement suprême du Saint- Siège : professant que, quel que fût le décret de Sa Sainteté
(1) Chipcsiow Mnnmouthsirc, die 10 febnnrii 1850 : I'areri, etc., vol. III. pag. 4#.
sur la Conception de la Vierge Marie, il devait être reçu dans le monde chrétien comme un oracle divin ; que, pour ce qui le concernait, lui et son troupeau, ils recevraient avec la soumission la plus parfaite la définition du Chef de l'Eglise, dont .lésus-Christ lui-même a fait le très-fidèle gardien et maître de sa doctrine.
Toutefois, comme ce Prélat nous l’apprend dans sa lettre, le clergé du diocèse, quoique exact à prêcher l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, était divisé sur la question de l’opportunité d’une définition dogmatique. Les uns en grand nombre voulaient qu’on s’en tint au décret du Concile de Trente sur le péché originel ; les autres, au contraire, qui étaient aussi assez nombreux, désiraient vivement que la croyance de la Conception sanstache fût définie et confirmée par l’autorité Apostolique. Celte division n’arrêta point l’Évêque de Warmie (I).
Si, en remontant plus haut, nous arrivons au commenee- * ment du seizième siècle, nous trouvons entre les mains du clergé de cette église l’office propre de la Conception de la Vierge Marie, composé par Léonard de Nogaroles , et approuvé parle Pape Sixte IV. Le Concile provincial de Gnesne, tenu vers l’an 1510, en avait prescrit l’usage pour tous les diocèses de celte province, qui comprenait alors celui de Warmie. Or, cet office célèbred’un bout à l’antre, de la manière la plus formelle, l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, son exemption entière et absolue de la tache originelle i2).
(1) Quod me altinct Pastorcm et Epîsco|)um Eeclcsiæ et Diœccsis Vamiccnsem, ego lidcliter coram Vobis, Sancli'simc Pater, profitcor mcam fidem, quaindubitanler cre lo Bealissimnm Virginem Matiam fuisse i minimum a pecculo original'), atque adeo immaculatc com épiant, tenons banc fidem a ten> ris annis, el statuons in en viverc et mori... Quirc letubundu? in Domino gaudebo, si emanato decrcto Vcslræ Sanclitalis ad laudem et gloriam Sanclis'imæ Dci Genilricis no* vum pondus accédai, ex quo universa cum jubilo exullabit sancla Ecclesia catholica. Frauenburgi, die&junii 1849 : Pakbri, etc., vol. I, pag. 277.
(2) Voyei Gïiesre.
DCL. — WATERFORD kt LISMORE (iklakob).
L'Évêque de Waterford et de Lismore, Nicolas Foran, assistant au Concile tenu par les Évêques d'Irlande b Thurles, en 1850, adressa, conjointement avec les autres Pères de ce Concile, une lettre synodale au Souverain Pontife, pour prier Sa Sainteté de vouloir bien définir, par un décret dogmatique et infaillible de la Chaire suprême du Prince des Apôtres, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache du péché originel ; ut dogmutico et infallibili decreto Bealissimam Virginem De i Genilricetn absque alla peccati originalis labe fuisse conceptam definias (1 ).
DCLI — WESTMINSTER (Angleterre).
Le Cardinal Wiseman, Archevêque de Westminster, étant b Borne, le 50 septembre 1850, priait très-instamment le successeur de Pierre, non-seulement en son propre nom, mais encore au nom des catholiques de son diocèse et du diocèse de Soulhwark, dont il avait l’administration, de vouloir bien déclarer par un décret dogmatique que Marie, toujours Vierge, a été conçue sans aucune tache du péché originel. Il avait acquis la certitude, par un examen de la question, que cette pieuse croyance qu’il avait constamment honorée dès son enfance, et que les fidèles de l'Angleterre honoraient et professaient dans leurs divers exercices de piété, est conforme b la doctrine, qui a toujours été reçue dans l'Église comme ayant été transmise par les saints Pères et les Apôtres, et qu’elle est contenue dans la révélation divine |2).
(t) Voyez Ami ag h.
(2) (iratum mihi est atque jucundum, quod... ad Thronum Aposlolicum hodic ncccderc possim, ut nominc meo, atquc Uiœcesir.Westmonasterienais mcæ, necnon Sanlliw.irccn»is administration! mcæ commuas;, er»i\o Htque inslantis'ime rogem, ut in Calhe Ira Pétri consultais, et coati mm iWius oniiioni qui oravil el exauditu* pro sua reverenlia a Paire iiapetrtiv il 'ttiklortau* non, düfuerot. cl Tu fralres confirmnres, dogmatico dccreto declararc velis, Bcalissime'PulêPi Maftom
DCLII. — WILNA (Pologne).
Le Concile provincial de Gnesne, lenu vers l'an 1510, prescrivit de célébrer, dans toute la province, dont le diocèse de Wilna faisait alors partie, la fêle de la Conception de la Bienheureuse Mère de Dieu, suivant l’office de Nogarolcs, approuvé par le Pape Sixte IV. Or cet olïicc a été rédigé pour honorer, d’une manière expresse, l 'Immaculée Conception de la Vierge Marie, son exemption entière et absolue de la tache originelle (1).
DCLIII. — WLADISLAW (tologne).
Vers l’an 1510, Jean, Évêque de Wladislaw, a pris part aux actes du Concile provincial de Gnesne, qui a ordonné qu'on célébrât, dans toute la province dont Wladislaw faisait partie, la Conception de la Vierge Marie, avec octave, suivant l’office propre rédigé par Léonard de Nogaroles, et approuvé par le pape Sixte IV. Or cet office exprime clairement 17mmaculée Conception : « Célébrons, y est-il dit, l’immaculée « Conception delà Vierge. — Dieu, qui, par V Immaculée Con- « ception de la Vierge, avez préparé une demeure digue à « Votre Fils (2). »
DCL1V. — WÜRZBOURG ibavière).
Georges-Antoine Stahl, Evêque de Wurzbourg, écrivait au Pape, en 1849 : « Le clergé de mon diocèse révère pieusement la Mère de Jésus-Christ notre Divin Sauveur , et il sait bien que la doctrine de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie est une vérité catholique très-certaine.
semper Virginem abaque ulla peccali originalis labc concrplatu esse tfomir. die 50 seplembrit 1850 : PaRERI, Clc., vol III, pag. 325.
(1) Voyez Gnlsne.
(2) Voyez Ibid.
Le peuple croit simplement cette même vérité, comme il croit les dogmes de foi : et il est connu en Allemagne que le culte de la Bienheureuse Vierge a toujours été florissant dans le diocèse de Würzbourg, surtout daus laFranconie, qui en fait partie. Ainsi donc, après avoir examiné mûrement cette grave question, non-seulement je ne vois aucun obstacle, pour ce qui regarde mon diocèse, à ce que l'immaculée Conception soit définie ; mais je pense même que celte définition serait très-utile, et je prie humblement Votre Sainteté de daigner décréter, par un jugement solennel, et proclamer comme dogme catholique, pour tout l’Univers, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, étant prévenue par une grâce préservatrice, a été conçue sans la tache du péché originel (1). »
Dès le commencement du quinzième siècle, l'Église de Wurzbourg honorait et célébrait solennellement la Conception de la Vierge Marie, comme l’attestent les Synodes diocésains de 1407, 14H et 1446 (2).
DCLV, — XAN-SI (chine),
Gabriel de Moretta, Évêque d'Éuria in partibus. Vicaire Apostolique de Xan-Si, appartenant a l'Ordre des Mineurs Observantes, a toujours vénéré la Vierge Marie sous le titre d 'Immaculée Conception. Aussi désirait-il, ainsi que le clergé et le peuple fidèle de son Vicarial, que Sa Sainteté déclarât, comme article de foi, que la Très-Sainte Vierge Marie a été conçue sans contracter le péché originel. « 11 convenait, disait-il, que cela fût, decuit ; Dieu a pu le faire, potuit ; donc il l’a fait, ergo fecit ; ce serait une bien grande joie pour moi de
(1) Supplex oro ut... Sanctitis Vcstra judicio solcmni pro loto orbe terramm Unquam dogma calholicum clcmentissimc pronuntiare dignelur, liealUsimam Yirgincin Mat rem .Mariam absque omiti labc pcccali originaiis, Deo préservante, l uissc conccplam. Berbipoli,- 15 decembris 1849 : Parf.m, etc., vol. Il, pag. 445. *21 Concilia Germanise, tom. Y, pag. 10, 32 et 441.
pouvoir ajouter: et il est de foi qu’il l'a fait, et ferme de frie est il). »
DCLVI. — XÀN-TUNG (chine).
Louis de Castellazzo, de l’Ordre des Mineurs Observantins. Evêque de Zénopolis in parti bus, Vicaire Apostolique de Xan-Tung, écrivait au Saint-Père, en 1850, que la doctrine de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu s’était réellement développée, dans ces derniers temps, qu’on avait lieu de croire que le jour approchait où le Saint-Siège Apostolique de Pierre pourrait déclarer et définir par un jugement solennel, émané de son autorité infaillible, infallibili auctoritale, que cette doctrine est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la Tradition. Puis unissant ses vœux et ses prières aux vœux et aux prières des autres Evêques, il sollicitait cette déclaration solennelle de l’Église, avec la ferme confiance que Dieu, par suite de l'accroissement de l’honneur qui en reviendrait b sa Bienheureuse Mère répandrait ses grâces et ses bénédictions en abondance sur les enfants de l’Église (2).
M. de Castellazzo attestait a Sa Sainteté, dans une seconde lettre, de la même date, que tous les missionnaires de son Vicariat, tant européens qu’indigènes, et tous les chrétiens confiés h scs soins, partageaient ses sentiments (5).
DCLV1I. — XEN-SI (chine).
Le 4 avril 185U, M. Chiais, Évêque de Tiène in partibus, Vicaire Apostolique de Xen-Si, écrivait au Pape : « Trè3-Saint Père, je n'ai pu répondre que fort tard aux lettres de Votre Sainteté, parce que, a raison de la grande distance qu’elles ont eu b parcourir, elles ne me sont arrivées que cette année.
(i) Le G avril 1850 : Pareri, ct'\, vol. III, pag. 98.
[Tj Die 10 «leccinbris ann. 1N50: Pareri, etc., vol. III, pog. 354.
(3) Die lOtlcccmbris ann. 1850 : Pareri, clc., ibid.
Pour obéir aux vœux de Voire Sainteté, je n'hésite point, fondé sur l’autorité des Saints Pères, h dire que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans péché. C'est pourquoi, lorsque Votre Sainteté aura statué et déclaré que cela doit être cru comme dogme de foi, celte définition sera très-agréable à Dieu et à toute l'Église, soit triomphante, soit militante. De notre temps, il n’est peut-être personne qui pense autrement touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie il). »
DCLVIII. — YUCATAN (Amérique septentrionale) .
En 1849, Joseph-Marie Guerha, Évêque de Yucatan, après avoir parlé de la piété éditiante du clergé et du peuple de son diocèse envers le mystère de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, priait et pressait Notre Saint- Père le Pape de4irer des trésors de la foi celte vérité qui est aussi ancienne que le Christianisme, et de la proposer a toute l’Église comme dogme catholique. Il mettait en avant la piété et les actes des Souverains Pontifes, la doctrine des Saints- Pères, les écrits des Docteurs , l’enseignement des Universités, le vœu des rois et des peuples, l’attente de toutes les nations catholiques.^).
DCLIX. — YUN-NAN (chine).
Lettre de M. Ponsot, Évêque de Philomélie in partibus. Vicaire Apostolique de Yun-Nan, h Notre Saint-Père le Pape, sous la date du 10 mai 1850: «Très-Saint Père, c’est en avril de celte année 1850 que j’ai eu l'honneur de recevoir, avec autant de vénération que de joie, une copie de la
(!) Cum Sanctitns Vestra hoc ut tidei dogmn crcdendum statuent cl déclaraient, Dco gralissimum cliamque loti Iriumphanti Kcclcsiæ et militant! erit. A ’en- Si in Sinarum Impeno, 4 aprilii 1850 : 1‘aiiem, etc., vol. 111, pag. 95.
(2) Adsit solidilatis Apostoliae lirmissima cl somper viucens sententia M
flVÎdissime expectant cunclæ nalioncs catholicæ. Hoc incredibiie Angelis, bominibus, (juin et ipsi Ueo gaudium alTerct. Emerilie , XVI Kalcndas octobri s 1849: Pareri, etc., vol. 11, pag. 157.
Lettre que Voire Béatitude a adressée b tous les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques du monde catholique. Il y a déjh plusieurs années, Très-Saint et Bienheureux Père, que le clergé et les fidèles de notre Vicariat, d’après une permission du Saint-Siège, honorent spécialement l’immaculée Conception de la Très-Sainte et Très-Glorieuse Mère de Dieu, toujours Vierge, en ajoutant a la fin de ses Litanies, Regina sine labe concept", oru pro nobis ; en langue chinoise. Ou yuen Isoui tehe heou, ouei go tenky. Je suis moi-même trèsheureux, Bienheureux Père, d’avoir une occasion si opportune de pouvoir vous exprimer combien je désire aussi que le dogme de l'immaculée Conception de la Très-Glorieuse Mère de Jésus, qui, selon un grand cl saint Docteur: Nunquum fuit in tenebris , sed semper in luce ( n’a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière), soit irrévocablement délini.
« Nul doute, Très-Saint Père, que celte déclaration solennelle, émanée de Votre Trône et de Votre Autorité Apostolique, ne soit reçue avec transport par tous les fidèles du Christ. On peut dire maintenant, Bienheureux Père, que c’est le vœu de toute l’Fglise catholique. Alors, Très-Saint Père, le saint nom de Dieu sera béni et glorifié, les saints noms de Jésus et de Marie seront exaltés, l’Église triomphante sera dans la joie, l’Église militante, surtout dans ces temps difficiles, sera protégée et délivrée de ses ennemis, et l’Église souffrante sera consolée et soulagée (1). »
DCLX. — ZAMOBA (espagre).
L’Église de Zamora n’a jamais eu d’autres sentiments que les autres Églises d’Espagne touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Aussi, en 1849, comme l’Evêque decette ville l’atteste dans sa lettre au Pape, datée du mois de juillet de la même année, le prêtre et le simple fidèle, le magistrat
(t) Le 10 mai 1850: Paiiui, etc.,Tol. Jlf, pag. IM.
el le simple citoyen, tous vénéraient et professaient publiquement la très-pure et très-sainte Conception de la Vierge Marie ; le clergé et le peuple de tout le diocèse désiraient vivement, d’une voix unanime, que le Souverain Pontife décrétât par un jugement solennel, comme dogme catholique, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle. Pour ce qui regarde l’Évêque, il avait la même croyance ; plus d’une fois il s’était engagé par serment â enseigner et a défendre celle glorieuse prérogative, h laquelle il tenait fermement comme personne privée et comme Espagnol. C’est pourquoi, sans désirer qu’on en fît un article de foi, déclarant s’en rapporter à la haute sagesse du Saint-Père quant â la rédaction de la définition, il exprimait ainsi sou avis : « Qu’il soit décrété par un jugement solennel du Siège Apostolique, que la Très-Sainte Mère de Dieu, Notre Mère bien aimante â nous tous, l'immaculée Vierge Marie, a été conçue sans la tache du péché originel (1). »
En 1714, François, Évêque de Zamora, allait plus loin : il priait avec instance le pape Clément XI de répondre aux vœux du royaume et des provinces d'Espagne, el de définir comme article de foi le mystère ineffable de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, honorée comme Patronne de toute la nation, tant pour la plus grande gloire de Dieu que pour l’accroissement de la pieuse dévotion envers la Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ (2).
La lettre de l'Évêque de Zamora est du 1" marsde la susdite année 1714. Le 15 février de celle même année, le Chapitre de l’Eglise cathédrale, qui pensait comme PEvêque, avait eu recours au Saint-Siège, à la Chaire du Saint-Esprit, à la cale -
(1 ) Scntentia servi vestri ejusdem Ecciesiæ el diœcesis Epiacopi infrascripli hæc est: ul ab Apostolica Sedc solcroni judicio dcccrnatur, Sancliisimani l'ei Genilriccm omniumque noslrum amantissimam Matrem Jmmaculalam Virgim-m Mariam absque labc originali fuisse conceptam. Dalum in Palalio Epi»cop<üi 7.u moremi. 17 Id. julii ami. 1840 : Paredi, etc , vol. I, pag.412.
(S) Zamora? , die 1 inart ii 1814 : TaRiri, etc., vol. VIII, pag. 495.
dra del Espirilu santo, pour solliciter la définition du grand mystère de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (1).
DCLXI. — ZANTE et CÉPHALONIE (province de corfoc).
Louis Lastaiua, Evêque de Zante et de Céphalonie, écrivait il notre Saint-Père le Pape, le 1 5 octobre 1 849, en ré ponse h l'Encyclique de Sa Sainteté, qu’il était convaincu que les preuves qui militent en laveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie ne laissaient subsister aucun doute, et que cette vérité pouvait être définie comme dogme de foi, conformément aux vifs désirs de Sa Sainteté. 11 rendait d’ailleurs le plus beau témoignage de la dévotion du clergé et des populations catholiques de l’Église de Zante et de Céphalonie envers la Conception sans tache de la Mère de Dieu, qu’ils honoraient sous ce titre, depuis 1847, en vertu d’une concession du Saint-Siège, comme titulaire de la cathédrale et protectrice de tout le diocèse. Il ajoutait que ç’avait été pour tous une grande consolation de voir qu’on avait ajouté le mot lmmaculata au mot Conceptione, dans la Préface de la Messe de la Conception, et qu’on avait accueilli avec le plus vif transport et une joie universelle la Lettre Encyclique par laquelle Sa Sainteté avait daigné demander aux Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques du monde catholique, leur avis sur la question, si on devait définir, comme doctrine de l’Église catholique, l’immaculée Conception de la Vierge Marie (2).
BCLXII. — ZAI1A (dalmatie).
En 4851 , Joseph Godeassi, Archevêque de Zara, demandait humblement au Saint-Père, au nom de tout son troupeau, de vouloir bien décréter, par un jugement solennel, que la Conception de la Vierge Marie a été absolument lin-
(1) Zamora, 15defebrero dcl afto 1714 : Parti i. etc., vol. VIII, pag. 543.
(2) Torre del Greco, 15 ocl. 1849 : Paiieri, elc., vol. II, pag. 220.
maculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel. C’était en effet le vœu non-seulement du clergé, mais encore des laïques de l’un et l’autre sexe, qui croyaient à l’immaculée Conception de la Mère de Dieu comme aux dogmes définis par l’Église catholique. Cette croyance n’était point nouvelle dans cet archidiocèse ; les enfants l'avaient reçue de leurs pères, comme l’attestent un grand nombre d’autels fort anciens, consacrés h l’honneur de la Vierge conçue sans tache. Les prêtres ajoutaient le mot Immaculée au mot Conception de la Préface de la Messe, en vertu d’Indult du pape Grégoire XVI ; et dès la première année de son Épiscojrat à Zara, M. Godeassi avait mis son diocèse sous la protection de la Mère de Dieu conçue sans péché, persuadé, comme il le dit lui-même dans sa lettre au Pape, que cette consécration répondait parfaitement aux sentiments de tous ses diocésains (1).
DGLX1II. — ZIPS ( Hongrie).
Jean-Antoine, Évêque de Zips, Sceim sum, répondant à l’Encyclique du 2 février, par une lettre adressée au Souverain Pontife, le 20 mars 1850, disait à Sa Sainteté qu’il avait consulté l'assemblée du clergé de tout son diocèse, réuni ce jourlà même au Séminaire, pour s’assurer de plus en plus de ses sentiments et de ceux des lidèles au sujet de l’immaculée Conception, et du désir que l’on pouvait avoir d’un jugement solennel du Saint-Siège en faveur de celle prérogative de Marie. Il attestait ensuite que la dévotion des Chanoines de sa Cathédrale, des curés, des simples prêtres, de tout le clergé séculier et régulier, aussi bien que de tout le peuple, envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge, était sans bornes, et que tous avaient un très-ardent désir de voir Sa Sainteté définir, comme doctrine de l’Église catholique, que la Conception de la Sainte Mère de Dieu a été parfaitement
(I) Datum laderæ in Dalmatia, die dcdicationis Rasilicarum Sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli ann. 1851 : P are ri, etc., vol. VII, app., pag. CXXX11I.
Immaculée et exempte de la tache du péché originel. Pour lui, loin d’être incertain ou indifférent, il pensait qu’il y avait lieu de s'étonner de ce que l'Église et le Saint-Siège n’avaient pas encore décerné à la Vierge cet honneur que la piété générale désirait si fort de voir consacré par la définition et l’autorité de la Chaire Apostolique. Il terminait en suppliant humblement Sa Sainteté de rendre cette définition de foi pour la gloire de Marie, et en vue d’obtenir sa protection, dont l’Eglise avait le plus grand besoin (I).
Son successeur, Ladislas Zaboiski, moins convaincu de celte vivacité des sentiments de ses diocésains, mandait h l’Éroinenl Cardinal Scitowski, en date du 10 octobre 18ô4, que la plupart des prêtres se bornaient alors h relever l’éclat de la pureté de la Nativité de Marie, depuis qu'on lisait dans le catéchisme, rédigé pour des écoles publiques, que son Immaculée Conception est l’objet d’une croyance pieuse, et non d’un enseignement positif de l’Eglise. L’un d’eux lui avait ilit qu’ils attendaient, en général, le jugement du Souverain Pontife pour fixer leur foi : on pouvait peut-être avoir des doutes sur la sincérité du désir du plus grand nombre, relativement h une décision dogmatique. Il craignait donc que cette définition ne causât quelque trouble ou agitation dans les esprits, si elle était rédigée de manière à imposer une foi explicite. Mais il croyait lui-même a l’immaculée Conception, et il s’était toujours exprimé formellement en ce sens dans ses catéchismes et ses discours ; il était persuadé, d’un autre côté, qu’avec l’aide de l’Esprit Saint, l’oracle du Souverain Pontife et des Évêques qui allaient l’entourer serait salutaire, et il se déclarait prêt h l'adopter et à le faire adopter par le clergé et les fidèles, lorsqu’il aurait été proclamé (2).
(1) Datuni Secusii die 20niarlii 1850: Paiieiu, etc., vol. 111, png. 84.
(2) Sceputii, die 10 oct. 1854 : Paberi, clc., vol. IX, app. II.