‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 27 sur 279 · XXV. — ALGER (afrique · texte numérisé non relu

XXV. — ALGER (afrique

Lettre de M. Dutuch, Évêque d’Alger, au Pape Grégoire XVI : « Je me prosterne humblement aux pieds mille fois bénis de Votre Sainteté ; j’ose la conjurer de m’écouter avec encore plus de bonté et de bienveillance que jamais, car j'ai à adresser au Saint-Père une demande extraordinaire ; elle m’a été inspirée devant Dieu d’une manière si vive et irrésistible par quelques lignes extrêmement touchantes du dernier écrit de S. E. le Cardinal Lambruschini sur l’ Immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, que je croirais mal de ne pas la faire suivre de toute l’effusion de mon cœur d’Évéque s épanchant dans celui de votre paternité suprême.

« Cette demande, Très-Saint-Père, votre cœur la soupçonne déjà î Mais pourquoi ne pas l'exprimer avec simplicité dans sa prodigieuse étendue? C'est donc, Très-Saint et Très- Glorieux Père de l'Église de Jésus-Christ Notre-Seigncur, de déclarer solennellement l’immaculée Conception de Marie, la

(1) Pauebi, etc., vol. IX. «ppend. Il, pafr. 130.

définissant avec votre autorité suprême, à laquelle s’unirait avec les plus vives et les plus unanimes acclamations cette Eglise si empressée par tout l’univers à honorer cette Conception Immaculée I Eh ! que n’a pas déjà fait à cet égard Votre Sainteté, sous son Pontificat éternellement mémorable dans les annales du monde catholique?

« Je n’entrerai dans aucun détail seulement, et pour

attirer sur mon Épiscopat si difficile, sur mon Eglise reconnaissante, une plus abondante mesure de bénédictions, j’ai cru comme Évêque devoir faire auprès du Pape cette démarche extraordinaire.

« Daigne le Très-Saint Père n.’excuser en faveur des motifs si doux et si pressants qui me font agir ! Daigne le Pape exaucer mon humble prière et celle de mon clergé et de tout mon peuple (1)!»

En 1849, M. Pavie, le successeur de M. Dupuch sur le siège d’Alger, écrivait à Pie IX que tous les catholiques de son diocèse, de quelque nation qu’ils fussent, prêtres, religieux et laïques, hommes et femmes, étaient unanimes dans la croyance de l’immaculée Conception de la Sainte Vierge ; les militaires eux-mémes en grand nombre portaient sur eux la médaille de Marie conçue sans péché.

On lit aussi dans la Lettre de ce Prélat que les disciples de Mahomet ne sont point contraires h cette croyance, que le Koran, qui est pour eux ce que l’Évangile est pour les chrétiens, met ces paroles dans la bouche des Anges parlant h Marie : « Dieu t’a choisie, il t’a choisie entre toutes les « femmes, et l’a faite exemple de tout péché, immunem le a fecit ab omni labe. »

Pour ce qui le regarde personnellement, M. l’Évêque d’Alger dit qu’étant enfant île l’Église de Lyon, qui a été la première ou l'une des premières qui aient introduit dans les Gaules la fête de l’immaculée Conception, et qu’ayant été

(1) Alger, le 25 mars 1843 : PAitrni, clc., vol. IX, pag. 11.

élève, professeur et doyen de la Faculté de théologie de cette cité, héritière en ce point de l’ancienne Université de Paris, il se glorifiait, h ces divers titres, de professer la Conception Immaculée de la Mère de Dieu. Aussi croyait-il que « le Siège « Apostolique pouvait définir, comme doctrine de l’Eglise « catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge « Marie a été Immaculée en tout et entièrement exempte de « toute tache du péché originel ; » ajoutant que cette définition, qui était déjà depuis longtemps l'objet des vœux d’un grand nombre, devait être désirée de tous, vu surtout qu’elle était réclamée pour l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour l’accroissement du culte et de la gloire de Marie ; et qu’elle serait une source féconde de grâces et de bénédictions pour l’Église (1).

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