‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 28 sur 279 · XXVI. — AEGHERO oc ALGHER (sardaigne · texte numérisé non relu

XXVI. — AEGHERO oc ALGHER (sardaigne

En 1849, François -Pierre -Raphaël Ardciso, Évêque d’AIghero, priait instamment notre Saint-Père le Pape de définir, comme doctrine de l’Église catholique, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans tache. Il faisait cette demande, non-seulement en son nom, mais encore au nom de tout le clergé et de tout le peuple de son diocèse ; car ses diocésains, comme il le dit lui-même, désiraient souverainement celte définition. Déjà, quelques années auparavant, il avait sollicité, de concert avec les autres Evêques de l’ile de Sardaigne, la faculté d’honorer publiquement, dans la Préface de la Messe, Y Immaculée Conception de la Mère de Dieu (2 .

Il avait aussi, par une lettre antérieure h celle de 184P, supplié le Souverain Pontife de vouloir bien se rendre à la demande si pressante de tant d’Églises, d’exaucer les vœux

(1) Seniimus posse delinifi a Sede Apostolica veluti Catholicæ Ecclesiæ doctrinam Beatissiniæ Mai iæ Virginia conccptum imniaculaltim omnino fuisse atque ab omni prorsus originalis culpæ labe immunem. Algerii, 3 maii 1849 ; Pareri, etc., vo). I, pag. 155.

(2) Àlgarii in Sardinia, 21 juin 1849 : Pareri, etc., vo). I, png 331,

el les prières de ses enfants, et de définir, en vertu de son autorité divine et infaillible, auctoritate et infallibilitale, comme dogme catholique l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie |1 >.

Enfin, pour la troisième fois, il écrivit à Sa Sainteté, le 15 novembre 1851, une longue et savante lettre où il renouvelait sa demande, après avoir exposé les principales preuves de la croyance générale el constante de l’Église louchant la Conception sans tache de l’auguste Mère de Dieu <2|.

XXVII, — ALMEIUA (espagse).

Anaclet Meoro, Évêque d’Almeria, répondant h l'Encyclique du 2 février 1849, exprime d'abord à Sa Sainteté toute la joie que lui avait causée cette lettre apostolique. Puis, empruntant le langage des auteurs sacrés, des Saints Pères, des conciles et des Papes, il rappelle les titres de la croyance de son diocèse, de l'Espagne et du monde catholique, touchant l’immaculée Conception delà Bienheureuse Vierge Marie; il insiste sur le culte que l’Église rend h Marie conçue sans péché. « L’Église, dit-il, prie comme elle croit : la loi de la prière est une règle de notre foi : Ecclesia oint ut crédit; legem credendi statuit lex supplicandi... Si l’Église célèbre l’immaculée Conception de Marie, si d’ailleurs l’Église ne peut rien faire qui ne soit saint, la Conception de cette Vierge est donc sainte, Immaculée, très-pure et sans tache; elle est donc l’objet des délices de Dieu, puisqu’elle est l’objet du culte et de la vénération publique de l’Église catholique. Que nous reste-t-il donc, Très-Saint Père, si ce n’est de joindre les mains et de nous incliner pieusement eu attendant votre solennelle et infaillible sentence, tant désirée, en faveur d’une vérité dont la possession est si ancienne qu’elle remonte au berceau du christianisme? La Mère de Dieu est digne de cet honneur insigne, qui la place immédiatement après .Notrc-

(1) P»nr*i, etc , vol. IX, pag. 7.

(2) P*rrBi,, etc , vol. Vit, app., pag. CXÏ.!.

Seigneur Jésus-Christ, étant elle-même au-dessus de toute antre créature, étant plus belle et plus pure que tout ce qui n’est pas Dieu... Si elle est immaculée, si elle n'a jamais été souillée par le péché, dites-nous le ouvertement. Que l’oracle de la vérité fasse entendre la voix infaillible de Pierre, tant pour la gloire de cette Très-Sainte Mère de Dieu, que pour la consolation de l'ancienne et pieuse croyance de tous les lidèles qui attendent avec une crainte, une sollicitude, une anxiété respectueuse.

L’Évéque d’ Alméria Unit sa lettre en demandant ardemment h Sa Sainteté, tant au nom de son clergé et de son troupeau qu’en son propre nom, qu’il daigne réjouir et consoler l'Eglise catholique, en définissant solennellement comme article de foi que la Vierge Marie a été préservée du péché originel dès le premier instant de son existence, in primo instante sut esse naturalis (1).

Déjà, en 1724, d’après les demandes réitérées des Rois, des Evêques et des Églises d’Espagne en faveur d'une définition dogmatique touchant le mystère de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, le Chapitre de la cathédrale d’Almeria suppliait le Pape Clément XI de déünir enUn, comme article de foi, que la Vierge Mère de Dieu a été conçue exempte du péché originel (2).

XXV11I. — AMALFI Irotaüve des deux-siciles).

L’Ëpilre des prêtres et des diacres de l’Achaîe sur l’apostolat et le martyre de saint André, à laquelle la critique la plus sévère ne peut refuser du moins la plus haute antiquité, renferme un témoignage précieux en faveur de l’immaculée

(1) Conctudentes hm humilitcr quant ferventer Vestram Sanctitatem orarc, ut dicm solotii jubiliquc Catholicæ Ecclesiæ iribuerc dignetur, préservai ionem original» labis nostræ Retins et Domine suh tiluio Jmimculnt» in primo instante sui esse naturalis, maxime spécial» Hispaniarnm Pilronæ, de fidc aolemniter definiendo. Almerim, Idibua maii, arm. 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag. 185.

(2) Almerie, le 17 février 1724 : Pareri, etc., toI. VIII. paf r. 547.

Conception. C’est peut-être le premier monument de la tradition écrite sur ce sujet. Il y est dit que le corps du Christ a été formé et a pris naissance d’une Vierge absolument pure, de même que le corps d’Adam avait été formé d’une terre encore intacte; c’est-à-dire, d’après les meilleurs interprètes, que, comme le limon dont la main de Dieu avait composé le corps du premier homme n'avait pas encore éprouvé la malédiction qui fut la suite du péché, ainsi la Vierge, mère du Christ, était exempte de toute atteinte de cette faute et de celte malédiction. Dominique Ventuha , Évêque d'Amalfi , écrivant au Saint-Père le 18 novembre 1849 et exposant ce fait à peu près dans ces mêmes termes, faisait remarquer que son Église était en possession des restes mortels de saint André, et il leur attribuait une puissance persuasive en faveur du privilège, du culte et de l’amour de l’immaculée Conception. Ce culte et cette piété, disait-il, qui distinguent les États napolitains entre toutes les nations européennes, sont comme innés dans l'Église d’Amalfi et ne font que s’y enraciner chaque jour de plus en plus. Nous n’avons donc rien plus à cœur que de voir l’objet de notre antique croyance devenir un article irréfragable de la foi, et l’oracle de la voix Apostolique définir enfin le privilège de la Vierge Immaculée dès sa première origine (1).

Page 1