‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 33 sur 279 · XXXIV. — ANDH1A (royaume de naples · texte numérisé non relu

XXXIV. — ANDH1A (royaume de naples

Par sa Lettre au Souverain Pontife, datée du 24 octobre 1849, Joseph Cosenza, Évêque d’Andria, aujourd'hui Cardi-

(1) Quod dccrclum ut per Te quaraprinium edalur flagrantissimo et ego leneoi desiderio... Scntio nihil prorsus impedire quoininus Aposlolico Oraculo defin'atur, Bcatam Mariant Yirginem in Conceptione sua fuisse communis maculai originalis cxpcrtcni. Anayniæ, 12 julii 1849 : Parebi, etc., vol. IX, pag. 46.

(2) Auconæ, XIII Kalcndas oclubrisl849 ; Parebi, etc., vol. II, pag. 152.

(3) Voyex Friao.

nal et Archevêque de Capoue, rendit h Sa Sainteté le plus beau témoignage de la piété des fidèles de son diocèse envers l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Ils se distinguent, disait-il, par leur ancienne et fervente dévotion pour la Conception de la Vierge Immaculée. De temps immémorial, tous les fidèles, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, les enfants mêmes de l’un et l’autre sexe, parvenus h IMge de sept ans, se préparent par un jeûne rigoureux à la célébration de la fête de la Conception. Aussi désirent-ils ardemment que le Saint-Siège décrète, par un jugement irréformable, la Conception de la Bienheureuse Vierge comme ayant été entièrement exempte de toute tache originelle.

On voit dans la Lettre de cet éminent Prélat que tout le clergé du diocèse d’Andria pensait comme les simples fidèles, avait la même croyance que le peuple touchant cette insigne prérogative de la Mère de Dieu. Déjà les chanoines de la cathédrale étaient dans l’usage, lors de leur installation, de faire le vœu par lequel iis s’engageaient à défendre l’immaculée Conception de la Vierge. Déjà, en vertu d’un Induit apostolique, le Chapitre et tout le clergé du diocèse chantaient dans la Préface de la Messe : Et te in Conceplione Immaculata ; et ajoutaient dans les Litanies de Lorette celle invocation : Reine conçue sans péché, priez pour nous.

Arrivé à la question qui le concernait, l’Évêque d’Andria répondit qu’il ne pouvait être indifférent sur une chose qui était l’objet d'une attente générale. « Si je ne me levais point pour presser la définition dogmatique en faveur de l’immaculée Conception, au sujet de laquelle toutes les difficultés ont disparu, de quel front oserais-je m’asseoir au Concile des Saints Pères dans le Ciel (la seule espérance qui me soutient en celte vie ) ? Est-ce que je soutiendrais les regards de Denys d'Alexandrie, d’Irénée, de Cyrille de Jérusalem, d’Epiphanc, d'Hippolyle martyr, d'Ephrcm le Syrien, d'Ambroise, cl de six cents autres, dont les témoignages réunis sur la Conception de la Vierge formeut comme une armée rangée? Que répondrais-je à Chrysostomc et à Augustin, à Maxime de

— lui —

Turin et à Théodole d’Ancyre, a Procle de Constantinople et à FulgenceV Un entend encore les «racles de saint Pascliase Ratbert et de saint Germain ; les salutations variées de Jean Damasccne; les louanges de Pierre Damien et d’Anselme de Cantorbéry. Que dirai-je de Jérôme et d’Origène, de Sédulius et de Brunon ; de la Liturgie de Jacques qui salue Marie comme intacte et Immaculée; de celle de Basile et de celle de saint Marc qui répètent les mêmes éloges? Est-ce qu’elles n’appelleul pas ’a grands cris une décision dogmatique, les fêtes instituées en Orient dès le cinquième siècle, et plus tard dans tout l’Occident, ces fêtes célébrées jusqu’à ce jour avec une dévotion toujours croissante à l’honneur de l'immaculée Conception? Certainement In pratique et l’enseignement vivant de l'Église universelle, les sollicitations de presque tous les Evêques, les désirs réitérés des plus célèbres académiciens, réclament cette définition... Parle/, donc, Très- Saint Père... Que votre voix se fasse entendre à nos oreilles ! car votre voix est douce et infaillible... Qu’il se lève pour tout l’univers cet heureux jour où. en vertu de votre décision dogmatique et irréformable, nous saluerons Marie à jamais comme Immaculée, comme conçue sans la tache originelle (J j ! »

Nous avons une autre Lettre de M. Cosenza sur le même .sujet. L’Evêque d’Andria, étant chargé de l’administration du diocèse de Vcglia, écrivait au Pape en 1848. pour le prier et le conjurer de déclarer comme article de foi que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée dans le premier instant même de sa création. Que ne doit-on pas. disait-il, espérer de cette définition? Oh ! les filles de Jérusalem sortiront et verront la Heine ornée d’un nouveau dia-

1 A",', l’iiier Sanclissimo... tond vos Tua in nuiilnit noslris ! Vos ciiim Tua Uuicis cl in/aiiiWKi. Ori.itnr quain cilistimc orln nniver o (lies itlc bcilissimus in quo poal dopiMlicam decisioneur Mtii.un ululai, initis ulutalionc irrelbninbili «inc lal)C original! Conccplam, lmiiiaculalam. Onium Andrir, rfieüTocl. 1811 : psnr.i.1. etc., vol H, pag.251.

dième, dont elle a été couronnée le jour de sa Conception ; et elle sera pour vous qui aurez bien mérité de la Vierge, elle sera pour toute l'Église une source intarissable de grâces et de bénédictions. Elle rendra grâce pour grâce, et celle qui par vous sera honorée, comme Immaculée, d’un culte dicté par la foi, protégera votre Église et la conservera toujours Immaculée, intacte, contre toute conspiration de la part de ses ennemis. Voyez, Père saint ! La plus douce attente met en mouvement les Evêques de tout l’univers, principalement les Evêques du pays de Naples, dont je suis le dernier. Les peuples voisins et les nations lointaines, les jeunes gens et les vierges, les vieillards et les enfants, ceux mêmes d’un âge le plus tendre, les Rois, qui k l’envi mettent les étendards sous la protection toute-puissante de la Vierge Immaculée, tous ont les yeux tournés vers vous et vous tendent leurs mains suppliantes. Achevez donc enfin cette oeuvre cent fois tentée, mille fois désirée, plusieurs fois commencée sans aucun résultat définitif (1).

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