LVII. — ARLES (fhance
Le Cardinal Allemand, Archevêque d’Arles, dont le Siège se trouve aujourd’hui réuni à celui d’Aix, présidait le Cou* cite de Bàle, lorsqu'on y définit que la doctrine qui professe l’immaculée Conception delaBienheureuseViergeMariedevail être approuvée, tenue et embrassée par tous les catholiques, comme étant une doctrine pieuse et conforme au cuite de l’Eglise, à la foi catholique, à la droite raison et à l’Écriture sainte, avec défense pour qui que ce fût de prêcher ou d’enseigner le contraire (3). Ce Cardinal eut plus de part que personne à ce décret, car, dès l’an 1455, le Concile l’avait prié de faire chercher dans les archives des Églises, des universités et des monastères tous les écrits qui avaient été publiés sur celte matière.
Quelque temps après, un autre Archevêque d’Arles, le Cardinal de Foix, légat du Saint-Siège, convoqua le Concile d’Avignon, de l'an 1457, où il réunit quatorze Evêques des
(1) Ariani, die 50 aprilis 1849 : Paimeri, etc., vol. I, pag. 143.
(2) Ariani, die 12 nov. 1848 : Paiiebi, etc., vol. IX, p.»g. 219.
(3) Voycx Appendice II.
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métropoles d’Arles, d’Aix et d’Avignon. Or ce Concile, présidé par le même Cordinal, adopta le décret du Concile de Bàle touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, et ordonna qu'il fût inviolahlement observé, avec défense, sous peine d’excommunication, de soutenir le contraire en chaire ou dans les Écoles (1 ),
Par suite de cette définition du Concile d’Avignon, la doctrine de l’immaculée Conception prévalut tellement dans la province d’Arles, que l’exemption de Marie de tout péché originel fut considérée comme une vérité hors de doute, ainsi que l’atteste le Missel de celte métropole, imprimé en 1538. En effet, on lit dans ce Missel l’oraison suivante pour la fête de la Conception : « Dieu qui, par V Immaculée Con- « ception de la Sainte Vierge, avez préparé h votre Fils une « demeure digne de lui, accordez- nous, nous vous en prions, « que, comme vous l’avez préservée de toute tache du péché, « en prévision de la mort de votre Fils, nous puissions aussi, « étant purifiés nous-mêmes, parvenir, par son intercession, « jusqu’à vous (2). »
LVllI. — ARMAGH (Irlande).
M. Paul Collen, Archevêque élu d'Armagh, Primat de toute l’Irlande, écrivait au Souverain Pontife, le 24 février 1 850, le jour même de son sacre, pour le prier avec instance, à l’exemple de presque tons les autres Evêques de l'Eglise catholique, de vouloir bien définir, par un décret dogmatique cl infaillible de la Chaire suprême du Bienheureux Pierre, dont il est le successeur et l’héritier quant à la foi et à l’autorité, que la Bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache du péché originel. «Celle définition, ajoutait-il, sera le sujet de la plus grande joie, tant pour l’Eglise de Jésus Christ régnante dans le ciel, que pour l’Eglise militante; elle sera pour tout le troupeau du Fils de
(1) Voy ci. Aviotos.
(2) Voyez Appendice V,
Dieu la garantie d’un nouveau secours proportionné b ses besoins. Car, si Marie a continué de récompenser grandement les moindres actes de dévotion de la part des fidèles, que ne doit-on pas espérer lorsqu’elle aura été couronnée |iar le Vicaire de son Fils sur la terre de ce nouveau et taillant diadème de gloire (1)? »
L’ Archevêque d’Armagh et les Archevêques de Dublin, de Cashel et de Toam; les Évêques de Raphoë, d’Ardagh, de Meath, d'Ossory, de Kildure et de Leighiing, de Waterl'ord et de Lismore, de Down et de Connor, de Clonfert, de Ciogher, de Kilmore, de Ferns, d’Elphin, de Limerick, de Cork, de Titopolis in parlibu», administrateur de Derry, de Cloyne et de Ross, le Procureur de l’Évêque de Kilmacduagh, l'Abbé cistercien du monastère de Notre-Dame de Melleario, et le Procureur de l’Évêque d’Achonry, étant réunis en concile h Thurles, le 2 2 août 1850, écrivirent b Notre Saint-Père le Pape, le priant de vouloir bien définir, par un décret dogmatique et infaillible de la Chaire suprême du Prince des Apôtres, de la foi et du pouvoir duquel il est l’héritier, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans aucune tache originelle (2).
On voit par cette Lettre synodale du Concile de Thurles que, en 1850, l’Église d’Irlande professait non-seulement l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie, mais encore l’Infaillibilité du successeur de saint Pierre, Prince des Apôtres, du Vicaire de Jésus-Christ.
(1) Qoapropler B. T. enixe precor, .una cum aliis fero omnibus Eccleaiæ C.v thdicæ sacris Pastoribus, ut ex suprema Beati Pétri Cathedra, cujus successor eujusque dignus lidci et polcstatis hæres existis, dogmalico et infallibili decrnlo definlre digneris BecUitsimam Virginem Mariam Dei Genitticem abtque ulla origi mHi peccati labe fuitte conceptom. Datuni Rome 24 februoiii 1850 : Parmi, etc., vol III, pag. 256.
(2) Voyez Appendice H.