LX1I. — ASSISE (ÉTATS PONTIFICAUX
Louis Landi-Victohj, Évêque d’ Assise, répondant à l’Encyclique du 2 février 1849, s'exprimait ainsi: « Je pense que la Très-Sainte Mère de Dieu, toujours Vierge, a été exempte de toute tache originelle dans sa Conception passive, comme 1 on dit dans l’École, ou, ce qui revient au même, je suis persuadé que son âme a été créée dans la grâce sanctifiante. Ce qui m’affermit dans cette croyance, c'est le suffrage public de tous les catholiques, qui manifestent par leurs actes et leur piété le sentiment qu’ils ont dans le fond de leur âme ; savoir, que rien n’a été créé de Dieu de plus chaste que cette 4 ieigc, rien de plus pur, de plus saint, de plus éloigné de toute souillure et de toute tache du péché, et qu elle n a jamais rien eu de commun, ni avec l’enfer, ni avec Satan qui en est le chef.
(1) Voyc* J.OUETTK.
(2) Ne'ipoli. priitic Non. nov. ISV>: l'«»mi, clc., vol. IX, |«g 25.
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ni par conséquent avec ce .qui offense Dieu et mérite la damnation (1 ), »
Puis, après avoir indiqué sommairement les preuves de ce privilège, qui distingue Marie des autres enfants d’Adam, et avoir rendu témoignage de la piété du clergé et du peuple lidèle de son diocèse envers l lmmaculée Conception de la Mère de Dieu, il Unissait en disant qu’il désirait ardemment que Sa Sainteté se rendit aux prières de son troupeau et aux vœux de tout le peuple chrétien, afin que, en vertu d’un décret dogmatique, tous crussent d’une foi divine ce qui avait été jusqu’alors 1 objet de leur pieuse croyance.
L Évêque d’Assise était du nombre des Prélats qui, étant réunis b Spolèle, sur la fin de l’an I8i9, renouvelèrent la demande qu’ils avaient faite individuellement quelque temps auparavant, en priant humblement Sa Sainteté de décréter 1 Immaculée Conception de la Mère de Jésus.Christ, et de la proclamer, tant pour la plus grande gloire de Dieu et de la Vierge Marie, que pour l'utilité et la joie de l’Église militante (2|.
LXIIf . — ASTI (piêmost).
Philippe Artico, Évêque d’Asti, b Pie IX : > Très-Saint Père, b peine votre voix s est-elle fait entendre parmi nous: b |>einc eut-on connaissance du projet de Votre Sainteté touchant l’immaculée Conception, que le clergé et le peuple de mon diocèse ont désiré plus ardemment que jamais, que vous, qui êtes le Grand Pontife, siégeant sur la Chaire de Pierre comme maître delà foi qui ne petit défaillir, décrétiez enfin par un jugement solennel ce que tous croient si pieusement et professent depuis des siècles ; savoir, que la Très- Sainte Mère de Dien, qui est aussi notre mère bien aimante b nous Tous, a été conçue sans la tache originelle.
il; Assisi, die 10 sept. 1849: Paiijuu, elc., vol. U, pag. IBS.
!2) Vojc» t-Vimo
C’est le vœu commun de mon diocèse, comme l'attestent manifestement les lettres que m’ont écrites tous les curés, le Chapitre de mon église cathédrale et celui de l’insigne collégiale de Saint-Second d’Asti, après avoir achevé le Triduo solennel que j’avais ordonné....
« Tandis que je reçois très-volontiers avec les Évêques de la Province, le nouvel Ofïice propre de l’immaculée Conception, qui est approuvé par Votre Sainteté, je vous renouvelle humblement ma demande, Très-Saint Père, vous priant trèsinstamment, Vous, qui êtes le gardien et le juge de la foi, de vouloir bien, par un acte de l'autorité infaillible que vous avez reçue de Pieu, définir comme doctrine de l’Église catholique l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie : Vous, qui ouvrez le ciel, et qui, éclairé de la lumière d’en haut, connaissez les conseils secrels et les mystères de Dieu ; Vous, qui conversez familièrement avec Jésus-Christ, dont vous êtes le représentant ; Vous, h qui, ni la chair ni le sang, mais Pieu lui-méme, révèle la vérité, révélez-nous enfin le privilège qui a été accordé a la Vierge, lorsque, d’après l’ordre des trois personnes delà Sainte Trinité, au premier instant même de la Conception de Marie, la nature,, comme le dit saint Jean Damascène, n'osa pas prévenir l'effel de la grâce , mais attendit que la grâce eût produit son fruit. »
Ce pieux Évêque terminait sa lettre, en faisant lui-même ce vœu de saint Alphonse de Liguori : « Je suis prêt h donner, ô Marie! et je jure de donner même ma vie, s’il le faut, pour défendre le grand et unique privilège de votre Immaculée Conception (1). »
Déjh, en 1848, il avait adressé la même demande au Pape . « Prosterné aux pieds de Votre Sainteté, je vous prie humblement et avec instance de faire enfin briller le jour, ofi
(1) Jîumillime et cnixe iterum rogo et inatantissime efflagito, lit in falhbi h fjua divinitua polies auctorilito, O Fidei Custos et Judos» Immaculaluin Bénite Mariœ ‘Virginia Concepti<ncm veluli Calliolicæ Ecclesiæ doclrinam ex Cathedra definias... B palatio Epiecopali Canterani prope Aetawy die 28 janaarii 1850. Paiiebi, etc., vol. IV. pag. 2ü9.
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comme Maître et Juge de la foi, vous définirez solennellement, par l’autorité infaillible dont vous êtes dépositaire, l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, et décréterez qu elle doit, comme dogme catholique, être crue d’une foi divine et célébrée dans tout l’Univers. Où est Pierre, Ik est l’Eglise ; où est Grégoire, l'a est Pierre (1). »
LX1V. — ASTORGA (espackei.
En 1714, Joseph, Evêque d’Aslorga, demandait avec instance au Pape Clément XI, de déünirquelaTrès-Sainle Vierge Marie aété entièrement exempte du péché originel. S’appuyant sur la croyance générale du peuple chrétien, sur le vœu des fidèles, sur les désirs du clergé tant séculier que régulier, sur les constitutions des Souverains Pontifes, il implorait la clémence du Pape, en faveur de l’innocence originelle de celle qui est la Mère de Dieu, désirant d'un désir ardent que le mystère de la très-pure Conception de Marie fût mis au nombre des dogmes et articles de foi par une définition du Siège Apostolique (2).
C’était aussi le vœu du Chapitre de l'Église cathédrale d’Astorga, comme on le voit par la lettre qu'il adressait au Pape en 1714. Le mystère de la très-pure et Immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, Noire Dame, est-il dit dans cette lettre, est si profondément enraciné dans le cœur de tous les fidèles, principalement des Espagnols, que presque tous, sans distinction de sexe, sont unanimes à désirer et à demander qu’il soit déclaré par le Saiul-Siége comme appartenant à la foi. C'est pourquoi nous prions très-humblement Votre Sainteté de vouloir bien se montrer favorable à leur demande, tant pour la consolation de tant de fidèles que pour la plus grande solennité de ce mystère : ce qui, nous
(1) Aslæ, die 18 j imiarii 1814: Pareri, etc., vol. IX, pag. S9. — Aslæ, die 29 junii 1848: Pam.iii, etc., vol. IX, j»ag. 12*2.
(2) AMoricæ, die 24maii 1714: Pauem, etc., vol. Vlll, pag. 50<».
n’en douions pas, sera très-agréable à Dieu, a la Vierge Marie, Mère de Dieu, et à toute la Cour Céleste (1 )-