LXXIV. — BARYLONE ichamiée
En 1830, Joseph Aüdo, Patriarche deBabylone pour la nation chaldéenne, écrivait a S. E. le Cardinal Fransoni, Préfet de la Propagande :
« Quant à notre sentiment * à celui de nos frères les métropolitains, des moines et des prêtres, et de tous les fidèles de notre nation chaldéenne, relativement h la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie dans le sein de sainte Anne, sa mère, nous répondons qu'il ne s’écarte en aucune manière de la croyance et du sentiment de tous les catholiques de ces régions et de tous les pays, qui tiennent et affirment, sans jamais se démentir, que la Conception de la Très-Pure Vierge dans le sein de sa mère est exempte de toute tache du péché originel et de la souillure qui affecte le genre humain. C'est là notre doctrine a tous, et nous y tenons fermement : d’abord parce qu’il n’était point du tout convenable, ni, en définitive, digne du Dieu Tout-Puissant, très-pur et l’ami des cœurs purs, qu’il choisit pour mère à son Fils unique une femme qui eût été, pendant un temps, souillée par le péché et placée sous l’empire du démon, tandis que rien ne contre-balançait la raison qu’il avait de la garder et préserver d’une semblable tache. Il est donc impossible qu’il ne l’en ail point gardée et préservée.
« En second lieu, parce que nous n’avons jamais entendu dire, ni lu dans les livres que nous possédons, qu’aucun des Pères et Docteurs de l’antiquité, ou même parmi nos contemporains, ait attaqué ce sentiment; mais que, au contraire, nous avons appris et nous savons, nous avons reconnu et constatons que, dans notre nation, tous les individus, absolument, supérieurs et inférieurs, savants et ignorants, s’accordent unanimement et sans exception sur ce point. Que si les anciens n’ont pas traité cette question en particulier, c’est qu’ils n’en ont pas eu l’occasion, et qu’elle n’a pas été soulevée de leur temps; mais on voit clairement par leurs
hymnes el leurs louanges en l’honneur de la Vierge sans tache, comme tout homme intelligent et ami de la vérité peut s’en convaincre, qu'ils n’ont pas pensé autrement que nous, relativement à la Conception Immaculée de la Vierge. Quelques-uns, d’ailleurs, continuent cette assertion dans divers passages de leurs écrits par des paroles bien formelles. C’est ainsi que saint Ephrem de Syrie a dit que Marie est pure de tache, exempte de souillure, a l’abri de toute atteinte de péché. George Uard, un des docteurs chaldéens, en parle beaucoup plus clairement encore en quelques endroits de ses chants et de ses hymnes composés en l'honneur de la Vierge, car il dit : Qui a pu jamais bien comprendre, raconter el discourir, à propos de cette Vierge intacte et Immaculée, Sainte el sanctifiée, qui a été revêtue de la sainteté, même dès sa Conception, el destinée dès le sein de sa mère à devenir l’arche, l’autel, le temple, le palais, le trône du Dieu vivant des siècles? Et un peu plus loin ? Ce fruit qu’Éve u’a point vu, mais qu’elle a trouvé en elle gardé et scellé. Puis encore dans ce même chant : Le vautour ne l’a pas aperçue; il ne l'a pas étreinte dans ses serres; l’esprit rôdeur ne l’a point rencontrée. Dans un autre, sur la Conception de la Vierge, il a dit également : Anne a porté dans son sein la Vierge sainte et saucliliée. Et ailleurs, entin, il la compare en ces termes a la toison de Gédéon ; Marie n’a point été imprégnée par le péché; seule elle a été sauvée du déluge du péché, étant restée intacte, comme autrefois la toison de Gédéon. Nous avons beaucoup d’autres documents, soit parmi nous, soit chez les infidèles de ces contrées. Nous les omettons pour n’ètre pas trop loug. Nous n’en citerons qu’un témoignage du docteur musulman Nuaï, qui a dit : Dans tout le genre humain, il n’y a pas une créature qui n’ait été blessée pur le démon, à l'exception de Marie et de son Fils. Les Pères el les Docteurs occidentaux nous fournissent aussi des autorités extrêmement nombreuses el parfaitement claires, qui démontrent jusqu'il l’évidence el prouvent sullisamment celte doctrine, parce qu’elles sont tirées de la source des di-