LXXI. — AVIGNON (fiiance
Le chapitre de l’Eglise métropolitaine d’Avignon, le grand et les petits séminaires, les curés et autres prêtres du diocèse, sans exception, tenaient de tout leur cœur au privilège de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu ; ils la défendaient et prêchaient aux fidèles même avant la définition dogmatique rendue par notre Saint Père le Pape le 8 décembre 18.Vf. Ils désiraient, ainsi que le peuple, cette définition pour la gloire de la Très-Sainte Vierge, en qui ils ont mis toute leur confiance.
Macie-Joseph- Mathias Dedelay, Archevêque d’Avignon, rendit lui-même compte au Pape de la croyance et de la
(1) C'um ergo dix ina Providentia præterTuam exportai innem ad supremum reruui omnium fasligium, caduque proximam dignitatem sis ereelus, ul super Cathedra Pétri, qutc rrctse fidei bâtis est immobilis sedens, agrios et boves pascuovcri lotis enulrias, per quod Tibi carius est, Te oramus et obsecramus, ul causant banc, qua» Matris nostræ, Iteginœ nostræ, J’pei nostræ, utique causa est, quamprimum siiscipias et pertrades. Avertie, die \ nm- 1858 : Pahfi-i, etc , vol. IX, pag. 170
piété, tant du clergé que des simples fidèles, par une lettre du 29 mai 1849. exprimai)! en même temps ses propres sentiments. « Quant à nous, disait-il, qui avons toujours eu une dévotion particulière pour la Mère de Dieu, nous qui la vénérons comme notre Mère, notre tutrice et notre patronne, nous qui lui avons conlié nos plus chers intérêts, nous ne désirons rien plus ardemment que de voir le pieux sentiment de l'immaculée Conception de Marie sanctionné par un jugement solennel du Siège Apostolique et proposé à tous les chrétiens pour être cru comme dogme de l'Église catholique. (1) »
La même année, le Concile Provincial d’Avignon, présidé par le Métropolitain, renouvela celle demande, en priant Sa Sainteté de vouloir hieu définir, comme doctrine de l’Église universelle, que la Conception de la Bienheureuse Marie a été sans tache et entièrement exempte du péché originel (2).
En 1843, M. Jîaudo, prédécesseur de M. Debelay, avait souscrit avec cinquante autres Prélats frauçais la lettre par laquelle on émettait le vœu que le sentiment qui professait l'immaculée Conception de l’Auguste Mère de Dieu fût déliai comme dogme de foi, ajoutant que tous applaudiraient à cette définition, en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire: Petrus per Greyorium locutus est (3).
Longtemps auparavant, le Concile d’Avignon, de l’an 1457. qui avait été convoqué par le Cardinal de Foix et le Cardinal Alain de Coëtivi, vulgairement appelé le cardinal d’Avignon, tous deux légats du Saint-Siège, ordonna qu’on suivit inviolablemenl le décret du Concile de Bâle, louchant la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, sous peine d’excommunication à encourir par le fait, ipso facto, par celui qui aurait ia témérité d’avancer quelque chose de contraire dans
(!) Avcnione, 29 maii 1849 : Parfri, etc., vol. I, pag. 229.
(2) Voyez Appfkdkk III. — [Z) Voyez Arras.
scs prédications (1). Or le Concile de Bâle s'est prononcé formellement et dogmatiquement, dans sa XXXVI" Session, eu faveur de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge, Mère de Dieu (2).
On remarque parmi les Pères du Concile d’Avignon Pierre, Évêque d’Apt ; Michel, Évêque de Carpentras ; l’Évêque de Cavaillon; Ponce, Évêque de Vaison; Jean, Évêque d’Orange. Ces cinq Sièges se trouvent aujourd'hui réunis a celui d’Avignon.
Enfin, le Catéchisme imprimé, en 1774, par l'ordre du dernier Concile provincial d’Avignon, pour être seul enseigné dans les diocèses de la Province, qui étaient alors les diocèses d’Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de Vaison, enseigne, au chapitre De /'Immaculée Co.nceptio.v de la Très- Sainte Vierge, que la Sainte Vierge fut conçue sans le péché originel, étant prédestinée pour être la Mère de Dieu.
LXXn. — AVILA ffesrAGNE).
Emmanuel Lopez-Santisleban, Évêque d’Avila, écrivait au Souverain Pontife, en réponse h l'Encyclique du 2 février 1849, qu’après avoir sondé les sentiments du peuple chrétien, de tout le clergé du diocèse, il avait reconnu, b n’en pouvoir douter, que tous désiraient et demandaient que Sa Sainteté, assise sur la Chaire de Pierre, mit fin aux doutes qui pourraient exister encore dans quelques esprits, en décrétant et en déclarant que la Bienheureuse Vierge Marie a été préservée dans sa Conception de toute tache du péché originel. « Pour ce qui me regarde, ajoutait ce Prélat, je me suis engagé par serment, dès mon enfance, b croire et b défendre l’immaculée Conception de la Mère de Dieu ; et j’ai renouvelé cette obligation sept ou huit fois, si je ne me trompe, tant b l’occasion des grades académiques que j’ai reçus, que
(1) Voyez Arresoici lit.
(2) Voyez Arrrmcc lit.
dans d’autres occasions. Celle croyance est généralement reçue dans notre Espagne (I). »
En 1714, le Siège épiscopal vacant, le chapitre de l’Église d'Avila écrivit au Pape Clément XI, pour solliciter du Saint- Siège la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Glorieuse Vierge Marie. Il demandait avec instance qu’on décrétât, comme mystère de la foi, que cette Vierge Très- Sainte, choisie et préparée de toute éternité par l’Esprit Saint pour être la digne Mère du Fils de Dieu, a été conçue pleine de grâce, sans la tache du péché originel, dès le premier instant de son existence (2).
LXXIll. — AVR ANCHES (fbahce).
L’Eglise d’Avranches, dont le Siège épiscopal a été supprimé en 1801, croyait â l’immaculée Conception, non-seulement au dix-huitième, mais au dix-septième siècle, et dans les siècles précédents. Nous avons une preuve authentique de cette croyance dans le Bréviaire publié par le savant Huet, Evêque d'Avranches, de 1G89 â 1099. Ce Bréviaire contient l’oraison suivante : « Dieu qui, par l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, avez préparé à votre Fils une demeure digne de lui, accordez-nous, nous vous eu prions, que, comme vous l’avez préservée de toute tache du péché, en prévision de la mort de votre Fils, nous puissions aussi, étant purifiés nous-mêmes, parvenir par son intercession jusqu'à vous (5). »
(1) Abulæ, die 7julii 1849: Pamcri, etc. , vjI. 1, png. 401.
(2) Abulæ, die 15 fcbruarii 1714: Parf.ri, etc., vol. VIII, pag. 542.
(3) Deus, qui per Immaculntam Beatæ Virgiuis Conceptionem Dignum Filio tuo habitaeulum præparasti, quæsuuius ut, sicut ex morte ejusdem Filii lui prævisa, cam ab omni labe præservasli, ita nos quoque mundos, ejus intercessione, ad te pervenire concédas.