LXXXVII. — BAZAS (fiunce
L’Eglise de Razas, dont le siège a été supprimé par le Cou-
(1) Ritualc Bajoconsc, clc.; Parüiis, 1744, pag. 4U».
(2) Voyez Arras. — (3) Voyez Atcu.
cordât de 1801, avait adopté eo 1744 le Rituel d’Aucli, qui était pour toute la province. Or ce Rituel contient, à l'article des annonces, une formule qui est une profession solennelle et publique de la croyance a l'immaculée Conception de la Vierge Marie. C'est la même formule que nous venons de citer d'après le Rituel de Rayonne (1).
LXXXV11I. — BEAUVAIS, NOYON et SENLIS (fhance).
Joseph-Armand Gignoux, Évêque de Beauvais, de Noyon cl de Sentis, est du nombre des cinquante et un Évêques français qui, en 184Ô, écrivirent au Pape Grégoire XVI, pour lui exprimer le vœu que la pieuse croyance, généralement reçue dans l'Eglise, touchant l'immaculée Conception de la Mère de Dieu, fût définie par le Saint-Siège comme dogme de foi, ajoutant que tous applaudiraient à celle délinition, en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Greyortum locutus est (2).
En 18411, il renouvela le même vœu, quoique d’uuc manière moins explicite, dans sa réponse à l'Encyclique du 2 février de la même année. Les doutes qui lui ont été manifestés par quelques-uns de ses prêtres, doutes qui tombaient principalement sur la question de l’opportunité, ne l’ont point empêché de désirer souverainement de voir paraître au plus tôt le décret qui devait contribuer davantage h la louange de la Bienheureuse Vierge et à l'utilité de l’Église Militante. Seulement, à raison de ces doutes, il inclinait pour une définition indirecte, qui n’aurait fait tomber l’anathème que contre celui qui aurait dit que l’Église se trompe quand elle enseigne que la Bienheureuse Vierge, Mère de Dieu, a été tout à fait exemple de la tache du péché originel ; mais il ne craignait point une délinition directe et dogmatique ; loin de là, il terminait sa lettre en s'en rapportant entièrement au ju-
(1) Voyez Ave».
(-2) Voyez Aiuus.
geiuent du Souverain Pontife : « Très-Saint Père, nous remettons toute cette alïaire à la prudence et à la sagesse de Votre Sainteté; quel que soit votre décret, nous sommes prêts à le recevoir comme la seule et vraie règle de foi ; car nous confessons, avec les Pères du Concile de Florence et avec toute l’antiquité chrétienne, que le Pontife Romain a reçu «le Jésus-Christ, dans la personne de Pierre, le soin de confirmer ses frères dans la foi (1 ) » .
Nous trouvons les mêmes sentiments dans la Lettre Pastorale que ce Prélat a publiée à l’occasion de l’Encyclique de notre Saint Père le Pape Pie IX : « Nous savons, dit-il, que la Sainte Église est la colonne inébranlable de la vérité; que l’erreur, pas plus que l'impiété, ne prévaudra jamais contre elle; que, quand Pierre a solennellement parlé par la bouche de son successeur, toute cotise est finie : car Jésus-Christ est avec son Eglise jusqu’à la consommation des siècles. Donc, à l’avance, avec une parfaite soumission d’esprit et de cœur, nous adoptons le jugement du Saint-Siège, heureux de voir un nouveau fleuron attaché à l’immortelle couronne de la Vierge Immaculée (2) » .
Enfin M. Gignoux, assistant au Concile provincial de Reims, tenu à Soissons au mois d’octobre de l’an 1849, en souscrivit tous les actes et tous les décrets. Or, les Pères de ce Concile, renouvelant la demande qu’ils avaient faite individuellement auparavant, prièrent humblement le Saint Père de vouloir bien définir, comme doctrine de l’Église Catholique, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (3).
Nous ajouterons : le Bréviaire de Beauvais, imprimé par l’ordre de M. Feulrier, évêque de cette ville, exprime clairement la croyance de l’immaculée Conception de la Vierge Marie dans l’Oraison de i’OIÏice de la Conception. Cette Oraison, qui se trouve aussi dans le Bréviaire de Noyon, est ainsi
(1) Bcllovaci, die 18 juaii 1849 : Parbiu, vol. 1. pag. 520.
[2] Instruction pastorale du 21 avril 184'J.
3) Voyez Appendice 111.
conçue :« Dieu, qui, pour l’honneur de Notre-Seigneur Jésus- Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Immaculée Conception. »
En remontant plus haut, nous trouvons une nouvelle preuve de cette croyance dans le Rituel publié, en 1783, par l’ordre de François-Joseph de la Rochefoucauld, Évêque de Beauvais. Nous y lisons, parmi les annonces que les curés devaient faire au prône, la formule suivante pour la fêle de la Conception : « Le | tel jour ) 8” du présent mois (de décembre), se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l’honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu'aucune des créatures, et qu’elle n’eût point de part h leur corruption (I). »