‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 76 sur 279 · XCV. — BESANÇON (France · texte numérisé non relu

XCV. — BESANÇON (France

En 1843, Jacques-Marie-Adrien-Césaire Mathieu, Archevêque de Besançon, aujourd'hui décoréde laPourpre Romaine, a souscrit et a fait souscrire par plusieurs Prélats français la lettre par laquelle on exprimait au Pape Grégoire XVI le vœu que la croyance, généralement reçue dans l'Eglise, touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, fût définie par le Saint-Siège comme article de foi (t).

Dans une lettre du 21 avril 1849, il exprimait toute la joie qu'il avait éprouvée en apprenant, par l’Encyclique du 2 février de la même année, que Sa Sainteté se proposait de donner enfin une définition en faveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu. Quant au sentiment de ses diocésains, il attestait que tous ceux d’entre eux qui sont attachés à la religion tiennent la Saiute Vierge pour Immaculée dans sa Conception , et que l’Église de Besançon se glorifie d’avoir été consacrée par ses pieux prédécesseurs à la Vierge Mère de Dieu, sous le titre spécial de l’immaculée Conception de Marie. 11 terminait sa lettre en priant le Vicaire de Jésus-Christ de faire entendre sa voix h l'Univers et de proclamer Marie comme toujours Immaculée dans sa Conception : Urbi et orbi vox Tua Mariam in Conceptione semper lmmaculatam resonei (2).

Celui des prédécesseurs du Cardinal Mathieu sur le Siège archiépiscopal de Besançon qui a mis cette Église sous la protection de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie est le pieux Cardinal de Roban-Chabot, mort le 8 février 1853. Voici l’acte de cette consécration, qui se lit chaque année, dans toutes les paroisses du diocèse, le jour même qu'on célèbre la fête de la Conception :

« Sainte Marie, Mère de Dieu et Vierge, préservée dès le premier moment de la tache du péché originel, prosternés

(1) Voyez Am»i.

(2) Vesonlione, die 21 aprilis1849.

humblement a vos pieds, pénétrés de reconnaissance au souvenir de vos bienfaits, et de confiance à la vue de votre bonté et de votre puissance, nous venons en ce jour si glorieux pour vous, si beau pour vos enfants, vous renouveler la consécration qui vous a été faite de celte paroisse, dans la consécration de tout le diocèse. Souffrez donc, o Vierge Sainte et sans tache ! que nous nous réfugiions entre vos bras maternels, et que nous déposions nos plus chers intérêts dans votre sein, dans votre cœur. Oui, nous vous consacrons de nouveau nos personnes, nos familles, nos biens, nos joies, nos douleurs, nos craintes, nos espérances; mais nous vous consacrons surtout, ô Notre Divine Mère ! les enfants égarés, ces pécheurs qui méconnaissent la voix de la religion et qui cherchent h lui ravir ses enfants fidèles et dociles. O vous ' qui êtes toute-puissante sur le cœur de votre (ils, obtenez la conversion de ces pécheurs, le maintien de la foi et l'accroissement de la ferveur dans ce diocèse et dans cette paroisse ; que l'union, la paix et la charité régnent dans toutes les familles, que vos constants bienfaits excitent chaque jour notre reconnaissance et notre amour, et qu’après nous être montrés vos enfants ici-bas, nous puissions vous reconnaître et vous bénir comme notre Mère dans le ciel et pendant l’Éternité ! »

Enfin, sans parler des confréries qui, de temps immémorial. existent dans le diocèse de Besançon, sous le litre de Y Immaculée Conception de la Sainte Vierge, nous avons une preuve de cette ancienne croyance dans la liturgie de cette Eglise. Les Missels de l'an 1694 et 1733, antérieurs aux innovations introduites par le Cardinal de Choiseul-Beaupré, en 1701, ainsi que les nouveaux bréviaires publiés d’abord par l'ordre de ce Cardinal et réimprimés plusieurs fois depuis, contiennent l’oraison suivante : « Dieu, qui, par l 'Immaculée Conception de la Vierge, avez préparé a votre Fils une demeure digne de lui, accordez-nous, nous vous en prions, que, comme vous l’avez préservée de toute tache, en prévision de la mort

de voire Fils, nous puissions aussi, étant purifiés nous-mêmes, parvenir, par son intercession, jusqu’à vous. »

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