‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 82 sur 279 · CVI. — BORDEAUX (francs · texte numérisé non relu

CVI. — BORDEAUX (francs

Dans sa lettre au Saint-Père, en date du 14 mars 1849, François -Auguste- Ferdinand Bonnet, Archevêque de Bordeaux, aujourd’hui décoré de la pourpre romaine, rappelle h Sa Sainteté qu’en 1841 il avait obtenu de Grégoire XVI un Induit, qui lui permettait d’ajouter le mot Immaculata au mot Concepüone de la Préface de la Messe, et l’invocation : Reine conçue .sans péché, aux Litanies de Notre-Dame de Lorette. Ensuite, après avoir rendu témoignage de la dévotion du clergé et des fidèles de son diocèse envers l’immaculée Vierge Marie, il émettait le vœu. tant en son nom qu'au nom de ses diocésains, que le Saint-Siège définît que la Mère de Dieu a été conçue sans péché . « Très-Saint Père, nous pouvons assurer que nous désirons vivement, nous, notre clergé, soit séculier, soit régulier, et tous les fidèles de notre diocèse, que Votre Sainteté, usant de son autorité apostolique, décrète et définisse, par un jugement dogmatique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été immaculée et entièrement exempte de toute tache originelle (5). a

Le même Prélat est du nombre des cinquante et un Évêques français qui, en 1843, ont exprimé au Pape Grégoire XVI le vif désir que la croyance de l’immaculée Con-

(1) In insuh Bomhaii, die 8 deccmbris S 8-49 : Parefi, etc., vol. II, pjg. .102.

(2) Boni bail, die 15 augusli 1844 : Pareui, etc., vol. IX, pa". 69.

(5) Bordeaux, 14 mars 1849 : Parkri, etc., vol. I, pnç. 18.

ceplion fût définie par le Saint-Siège comme dogme de foi (1 ). Et, en 1847, il écrivait au Saint-Père, conjointement avec plusieurs autres Évêques de différentes nations, que cette même croyance s’était développée et affermie dans ces derniers temps, au point qu’on avait lieu de croire que le jour approchait, où le Saint-Siège pourrait déclarer et définir, en vertu de son autorité infaillible, que celte même croyance est contenue dans la parole de Dieu, écrite ou transmise par la tradition (2).

On voit que l'Archevêque de Bordeaux et les autres Évêques qui ont écrit ou signé la Lettre dont il s'agit reconnaissent et professent Y infaillibilité du Pape, lorsqu’il propose au monde chrétien quelque dogme comme devant être cru d’une foi divine.

Déjà, en 1841, le Cardinal Donnel avait fait connaître ses sentiments dans le Mandement qu’il a publié k l’occasion de l’Induit qu’il avait reçu, touchant le culte public de l’Immuculée Conception. Voici quelques extraits de ce mandement : « Parmi les faveurs dont il a plu au Père commun des fidèles de nous rendre participants, il en est une que nous nous empressons de vous annoncer, N. T. C. F., comme un gage du tendre intérêt que Sa Sainteté porte à notre diocèse et comme un précieux témoignage de l'opinion qu'il a de votre dévotion k la Reine du ciel. Cette grâce, que vous accueillerez, nous n’en doutons pas, avec un vif sentiment de joie et de reconnaissance, c’est la faveur insigne de pouvoir honorer d’un culte spécial et solennel la glorieuse prérogative de la Conception Immaculée de la Mère de Dieu. Ce sera k l’autel même, dans l’appareil des mystères sacrés, au moment où l’Église nous invite k élever nos cœurs en haut, au moment où elle s’unit k toutes les intelligences célestes pour faire monter vers le ciel le cri de la reconnaissance, c’est lk qu’elle va nous permettre de faire retentir le mot d’immaculée,

(1) Voyez Arras.

(2) Voyez Toulouse.

ajouté pour la première fois dans l’office public de notre Eglise de bordeaux b la Conception de Marie.

« Ce ne sera pas toutefois, N. T. C. F., parmi vous une croyance nouvelle : nous sommes heureux de vous y faire reconnaître un précieux héritage que vous a légué la piété de vos pères. Il nous a été doux d’apprendre, et nous aimons b vous rappeler que notre Église métropolitaine rendait autrefois un hommage éclatant b cette glorieuse prérogative de .Marie; qu'un autel dans cette antique basilique était dédié b ce mystère; que le jour où on en célèbre la fête était compté au nombre de ses principales solennités, et qu’une fondation faite par les premiers Magistrats de la cité reproduisait chaque année, avec le témoignage de la piété du peuple de Bordeaux envers Marie conçue sans péché, l’expression de la reconnaissance duc b sa protection et b ses bienfaits. Ce sera donc avec bonheur que nous recueillerons celle tradition de nos pères, que nous professerons leurs sentiments, et que désormais, en public comme en particulier, nos voix, en bénissant Marie, la salueront du beau titre de Reine conçue sans péché (1). »

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