‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 85 sur 279 · CX. — BOULOGNE (frakce · texte numérisé non relu

CX. — BOULOGNE (frakce

Le Rituel du diocèse de Boulogne, publié, en 1750, par l’autorité de François-Joseph de Paiitz-de-Piiessy, Evêque de cette ville, prescrivait aux curés d'annoncer au prône la fête de la Conception de la Vierge Marie de la manière suivante : « La fête de la Conception de la Sainte Vierge est un jour de joie pour nous, parce qu’il nous annonce le salut qui doit nous être apporté par Jésus-Christ, en nous annonçant la Conception de celle qui doit le mettre au monde. Cette Conception de la Mère de Dieu est toute sainte, et l'on doit pour l’honneur de son Fils en éloigner toute idée, tout soupçon de péché. C’est le sentiment le plus en autorité dans l’Eglise, quoique ce ne soit pas un article de foi. Les fidèles doivent l’embrasser avec joie comme celui qui honore davantage la Mère et le Fils, et ne point douter que Dieu n’ait produit Marie toute pure et toute sainte au moment de sa Conception, en la préservant de la tache originelle par un privilège spécial (1). »

En 1702, ce pieux et savant Prélat a publié des Heures à l'usage de son diocèse , avec divers Exercices de piété et des Réflexions chrétiennes sur les principales fêtes de l’année, recommandant aux fidèles, de la manière la plus pressante, par un Mandement qui se trouve en tête de l'ouvrage, de profiter des avertissements salutaires contenus dans ces Heures. Ur voici ce que nous lisons dans ce livre sur la Conception de la Sainte Vierge : « Les Anges ayant été créés dans l'innocence, la Reine des Anges devait- elle leur céder un seul moment en sainteté? El pourrait-on croire que Dieu ait refusé à Marie, qui devait enfanter l’auteur de la vie, la grâce qu’il avait accordée h Ève, qui a été la mère, pour ainsi dire, de la mort ? Marie aurait elle été toute belle et sans tache, si elle

(i) Rituel du diocèse de Boulogne. Boulogne, 1750, in-4\ — Ce diocèse t été supprimé par le Concordat de 1801, mais on a lieu d'espérer qu'on ne lardera pas à le rétablir.

avait été souillée, au premier moment de sa vie, du péché originel? Et aurait-elle jamais pu être appelée pleine de grâces, si cette première lui eût manqué? Absil, s'écrie saint Bernard, à Dieu ne plaise, que cette Bienheureuse demeure où le Verbe s’est fait chair ait jamais eu besoin d'être purgée de la moindre souillure! Elle n’en est que plus redevable à son Dieu, à qui elle doit tout ce qu’elle a, tout ce qu'elle est. Fi’Église ne célèbre que la mort des Saints, parce qu’elle sait que celte mort est sainte ; mais elle célèbre aujourd’hui avec bien plus de raison l’immaculée Conception de la Très- Sainte Vierge, parce que cette bienheureuse créature s’est trouvée plus sainte à ce premier moment de sa vie que tous les Saints ensemble ne l’ont clé à l’heure de leur mort. Certainement, de toutes les fêtes que nous célébrons a l’honneur de la Sainte Vierge, en est-il une qui lui soit plus agréable et plus glorieuse que celle que nous célébrons en ce jour? De quelle dévotion cette célébration ne doit-elle pas être accompagnée dans tous les fidèles ! Nulle gloire plus pure, plus singulière, plus extraordinaire, que celle que Marie a reçue au premier instant de son Immaculée Conception; et, si elle eût préféré la virginité à la maternité divine, quelle préférence n’eût-elle point donnée au privilège singulier d'être conçue sans péché ! Heureux ceux qui entrent dans l'esprit de cette grande solennité ! heureux ceux qui ne passent aucun jour de leur vie sans honorer ce grand mystère par une dévotion particulière 1 Quels secours, quelles faveurs, quelle abondance de grâces, un véritable serviteur de la Sainte Vierge n’a-t-il pas droit d’attendre de la Mère de Dieu, surtout en ce jour (i) ? »

Le dernier Évêque de Boulogne, M. Asscline, docteur de Sorbonne, n’est pas moins exprès. Après avoir cité S. François de Sales, il s’exprime ainsi : « Marie est le chef-d'œuvre de la grâce. Le Fils unique de Dieu, qui voulait prendre dans

(t) Heures imprimées par l'ordre de Mgr l'Évèque de Boulogne. Boulogne, 1712 (1762), pag. 470.

son sein un corps formé de sa propre substance, s'est plu à lui prodiguer toute la plénitude de la grâce. Comme il n’y a aucune créature qui égale Marie en dignité, il n'y en a aucune qui l’égale en sainteté, ni les Prophètes, ni les Apôtres, ni les Martyrs, ni les Patriarches, ni les Anges, ni les Trônes, ni les Dominations ni les Séraphins. Non, parmi toutes les choses créées, visibles ou in\ isibles, on n’a jamais rien trouvé, on ne trouvera jamais rien de si grand, rien de si parfait que Marie ! Comme la maternité divine la met audessus de tout ce qui n'est pas Dieu, l’excellence de ses mérites s'élève, l'éclat de sa sainteté brille au-dessus de tous les Saints et de tous les chœurs des Anges (1). »

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