‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 86 sur 279 · CXI.— BOURGES (Franck · texte numérisé non relu

CXI.— BOURGES (Franck

Nous avons deux lettres du Cardinal Du Pont, en réponse h l’Encyclique du 2 février 1849. Dans la première, qu’il écrivait étant h Gaëte, il déclarait que la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Vierge Marie serait conforme à ses sentiments et h ses vœux, aux sentiments et aux vœux du clergé et desüdèlesde son diocèse, dans lequel, en vertu d’uu Induit apostolique, la Mère de Dieu était déjà honorée publiquement comme Immaculée dans sa Conception ; mais il se réservait de revenir sur celte question, après avoir consulté ceux de ses ecclésiastiques qui avaient le plus de réputation pour leur science en matière de théologie (2).

Dans sa seconde lettre, qui est du 10 août 1849, il répétait qu’une décision en faveur de l’immaculée Conception serait très agréable au clergé et aux fidèles du diocèse de Bourges. Cependant, d'après les observations qui lui avaient été faites, il émettait des doutes sur l'opportunité, craignant des difficultés et des inconvénients, à raison de la disposition de certains esprits; mais il déclarait en même temps s’eu

(1) Œuvres choisies de Mgr. Asselinc, etc., vol. Il J, pag. 17.

(2) Caietæ, die 17 raartii 18-19 : Parf.ki, etc., vol. I, pag. 20.

rapporter a l'autorité du Pape. C'est à vous, disait-il, c’est à vous, Très-Saint Père, à décréter, et à nous d'obéir aux Constitutions Apostoliques; ce quêtions ferons toujours avec joie II).

Quelques années auparavant, en I84ô, le même Prélat avait souscrit la lettre par laquelle plusieurs évéques exprimaient le vœu que la pieuse croyance de l'immaculée Conception fût définie par le Saint-Siège comme dogme de foi (2). El, vers 1847, il écrivait au Saint-Père que cette croyance avait dans ces derniers temps pris de tels accroissements, qu'on était fondé à croire que le jour approchait où le Saint- Siège pourrait déclarer et définir, en vertu de son autorité infaillible, que ladite croyance est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition.

On remarquera que le Cardinal Du Pont, ainsi que les évêques qui ont écrit ou signé la même lettre que Son Éminence, reconnaît l’infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ, sans avoir égard h la trop célèbre déclaration du clergé de France de l’an 1682.

Or les autres Prélats qui ont souscrit cette lettre sont : MM. D’Astros, Archevêque de Toulouse, qui a été décoré de la pourpre romaine en 1850; Donnet, Archevêque de Bordeaux, aujourd’hui Cardinal; Polding, Archevêque de Sydney, dans l’Australie; l'Archevêque d’Hiéropolis ; l'Évêque du port Victoria; l'Évêque de Bihlo in partibtis, coadjuteur de la Cochinchine orientale; l’Evêque d’Hétalon, vicaire apostolique du district occidental de l’Angleterre; l’Évêque d’Apollonia in partibus, vicaire apostolique du district de Wallia; Croizier, Evêque de Codez ; l’Evêque de Fez in partibus, vicaire et délégué apostolique de l’Egypte et de l’Arabie (5).

(1) Tnum est decenicre (Bealisaimc Paler), noslruni Apostolicis Conslilulionibus ollro parère; quoi! utique semper alacri animo extnbcbiuius ubsequium. Biturigibue, die 10 augueli 1 810 : r.AP.MU , ibid , p-rg. «97

(2) Voyei Aimas.

(3) Voyci Tooiorsi .

En 1746, l’Église de Bourges croyait et professait publiquement l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Les curés l’annonçaient au peuple, conformément aux prescriptions du Rituel publié par Frédéric-Jérôme de Roye de la Rochefoucauld, Archevêque de Bourges. Ce Rituel contient, h l’article des annonces que les prêtres chargés du ministère paroissial devaient faire au prône, la formule suivante, concernant la fête de la Conception : « Le 8 de ce mois (de décembre), se célébrera la fête de la Conception de la Très- Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l'honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il venait de naître fût plus sainte qu’aucune des créatures, et qu'elle n’eût point de part à leur corruption (1). »

CX1I. — BOVA (royaume de nan.es] .

On lit dans la lettre que Vincent Rozzoliho, Evêque de Bova, écrivait au Pape en 1849 : « Très-Saint Père, la dévotion, la croyance du peuple chrétien (de ce diocèse! envers l'immaculée Conception de la Mère de Dieu est si grande, qu’en invoquant la Vierge dans leurs besoins, ils ne l’invoquent que sous le litre d’immaculée, comme s’ils ne pouvaient croire qu’elle est la Mère de Dieu sans croire en même temps qu'elle a été Immaculée et exempte de toute tache. Quant au clergé et a la partie la plus cultivée du peuple de mon diocèse, il n'est personne qui paraisse devoir faire la moindre opposition au jugement que l’Église rendrait, conformément au vœu général, pour l’honneur de la Vierge Marie; au contraire, tous, sans en excepter un seul, désirent et sollicitent ce jugement. Enfin, vous m’ordonnez de vous faire connaître ce que je pense et ce que je désire moi-même sur cette question. Que répondrai-je, Très-Saint Père? Autant

(1) Rituel du diocèse de Bourges, etc.; Bourges, 1746, pag. 171.

que je comprends la chose, mon vœu. le vœu de mon cœur, est que tous les fidèles puissent, en vertu d'une définition tant désirée, admettre parla foi l’immaculée Conception de la Vierge, qu’ils ont admise jusqu'ici par un sentiment de piété et de dévotion. Très-Saint Père, confirmez-les dans leur pieuse croyance, accélérez la définition qu’ils désirent tous. Glorifiez la Mère de Dieu, afin que la Mère de Dieu vous glorifie vous-même (1). »

Déjà, en 1848, le prédécesseur de Vincent Rozzolino sur le siège épiscopal de Bova, ayant exprimé les sentiments de ses diocésains touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, parlait ainsi en écrivant au Souverain Pontife : « Leurs vœux et leurs désirs, qui sont aussi les miens, Très- Saint Père, j’ose vous les exposer humblement dans celte lettre, à vous, qui êtes si dignement assis sur le Siège apostolique de Pierre et sur le trône éminent de la vérité; à vous, qui, comme un fleuve, réjouissez la cité de Dieu et fécondez le champ du Seigneur dans tout l’univers; en priant Votre Sainteté de vouloir bien, pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’honneur de Jésus-Christ et de sa Sainte Mère, et pour le bien de V Eglise catholique, définir dogmatiquement et proclamer, le plus tôt possible, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée, même dans le premier instant de la création i2). »

CXI1I. — BOVINO (royaume de naples).

François-Xavier Farace, Kvêque de Bovino, avait d’abord obtenu du Pape Grégoire XVI, en 1843, la faculté d’ajouter le mot Immaculata au mot Coneeptione de la Préface de la Messe, et d’insérer l’invocation Reine conçue sans péché dans les Litanies de Lorclte. En 1848, il sollicita une nouvelle faveur, en priant Notre Saint-Père le Pape Pie IX

(1) Ncapoli, XII Kalcndas septembris 1849 : Parmi, etc., vol. Il, (»?■ 10.

(2) Bovæ, pos Iridié îionas novembria 1848 : Paueri, etc., vol, IX, pag- 221,

de déclarer enfin, par une décision dogmatique, la vérité de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, en définissant qu’elle a été exempte de toute tache originelle, même dans le premier acte par lequel elle a été conçue (il.

CXIY. — BRAGA (Portugal).

En 1849, l’Archevêque de Braga, Pierre-Paul de Figuekedode-Cikha-et-Mello, aujourd’hui décoré de la pourpre romaine, écrivait au Pape : « On ne peut douter de la piété fervente avec laquelle le clergé et les fidèles honorent la Conception de la Vierge Immaculée. Quelle consolation pour eux de célébrer le huitième jour du mois de décembre, jour où l'on se réunit en foule dans presque toutes les églises , rendant grâces a Dieu pour l’insigne privilège de l’immaculée Conception, dont il a décoré la Mère de son Fils unique!... Quant à ce qui me regarde, j’ai toujours été du sentiment qui exempte la Bienheureuse Vierge de toute tache du péché originel. Autrefois, j’ai juré de cœur cl spontanément de soutenir l’immaculée Conception delà Très-Sainte Vierge; et, chaque année, on en célèbre solennellement la fêle, sous ce même titre, avec une grande piété et h ma grande satisfaction, dans la chapelle de l'archevêché, dont elle est la patronne. Ma croyance sur ce point ne manque pas de preuves. Qui oserait dire que la Très-Sainte Vierge Marie est tout à la fois la fille de la plus grande pureté et de la plus honteuse souillure, c'est-à-dire la fille de Dieu et la fille du péché? Est-ce qu’elle pouvait être en meme temps la Mère du Saint des Saints et l'esclave du crime? Ne répugnet-il pas que celle qui a donné le jour au divin soleil , ait été noircie de la tache originelle? Qui croira que la demeure du Saint-Esprit a été souillée par le péché de nos premiers parents? Est-ce que Dieu, qui est la souveraine vertu , se serait fait une demeure ainsi déshonorée ? Est-ce que la

(I) Bovini, Il Idns novenibm 1848: P»r»i, etc., vol. IX, p»|t. 21".

souveraine sagesse en aurait fuit le choix? Est-ce que la divine Providence l’aurait préparée sans la préserver de tout ce qui pouvait ternir l'éclat de sa sainteté? Non ! cela n’est point croyable ; ce serait une chose inouïe.

« Mais faudra-t-il, Très-Saint Père, porter un jugement suprême touchant la Conceplion de la Vierge Immaculée, et la déclarer article de foi ? Je n’ignore pas que les Souverains Pontifes Sixte IV, dans la Constitution Grave nimis de l’an 1483, Pie V, dans la Constitution Supra spéculum de l'an 1570, Alexandre VII, dans la Constitution de l'an 1606, et les Pères du Concile de Trente, session V, n’ont pas voulu définir cette question, qui était encore vivement agitée de leur temps ; et qu'ils ont même défendu d’accuser d’hérésie ou de péché mortel ceux qui s’efforçaient d’enlever ce glorieux privilège à la Vierge Marie.

« Dans leur prudence, ces Pontifes et les Pères de ce concile œcuménique craignaient qu'une décision suprême sur cet article n’entraînât de grands maux pour l’Église et pour la chose publique. Aujourd'hui, dans ces temps de troubles qui agitent l'Europe, votre décision suprême sur l’immaculée Conception aura-t-elle les inconvénients qui ont arrêté vos Prédécesseurs? Pour cequi concerne cette Eglise, croyez-moi, il n'y a rien à craindre, et je pense qu'il en est de même des autres Eglise de ce royaume ; car, non-seulement il y a longtemps qu’il n’cxisle plus dans celte nation aucune controverse sur la Conception de la Sainte Vierge ; mais même les fidèles vénèrent son Immaculée Conceplion avec le même esprit que si l’Église avait décidé qu'il faut y croire comme â un article de foi. Quant aux Églises des autres royaumes, vous en jugerez vous-même. Si donc il vous paraît qu’il n’y a pas plus h craindre de votre jugement suprême pour les autres peuples que pour le peuple très-religieux du Portugal, je désire ardemment cette définition, et je crois que le clergé et le peuple de cette Église la désirent comme moi (1). »

(1) Braccarc, «lie 24 aprilis 184'» Paueui, etc., vol. I, p.ig. 12î.

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