CXXVI. — CADIX (espagne
Dominique de Silos Moiiexo, Évêque de Cadix, en 18 U: « Très-Saint Père, en entendant la voix de Pierre, je me suis écrié : Relevez-vous, ma gloire; réveillëz-vous, ma harpe et ma lyre, E xsurge gloria mea, exsurge psalterium et citliara. L’aurore parait, le jour si désiré arrive, où il nous sera permis, où ce sera même un devoir pour nous de proclamer, avec toute l’effusion de notre cœur, comme un grand dogme de notre foi, que celle de laquelle, d'après l’ordre de Dieu, nous arrivent l’espérance, la grâce et le salut, est pure et exempte de toute tache. Il n’y aura rien de nouveau, Très- Saint-Père, dans celle déclaration, qui est l'objet des vœux les plus ardents, si ce n’est le sceau de votre autorité suprême, dont vous vous serez servi, vous qui êtes le Chef et l’Oracle infaillible de toute l’Église catholique : Caput et iufallibile Oraculum totius cailwlicæ Ecclesiat, pour approuver, sanctionner et consacrer la vérité du mystère de l'immaculée Conception, vérité qui est profondément gravée dans les cœurs, et qui se développe de jour en jour, dans mon diocèse, par une dévotion toujours croissante, par le culte, les
(1) Nec miraiD : cum humante mentis ratio tam exigua sit, et mciulax ornais homo, ut ait Psalmisla, et infallilnlis vcrilatis asscrcndæ privilegiuni ah eo, qui est jtumma veritas et incrcat) sapienlia, solummodo concession fuerit Apoatolicir Scdi, utpolc prorogative singularilcr ne ces sa ri a summo Ecclesiat magisterio. Datum Buryis, KciUnrfu martii 1714: Pahem, etc., vol. VIII, pag. 538.
(*2 Burgis, die 10 fehruarii 1714 : Parklu. ibûl. pag. 538.
louanges, les éloges et l’affection sensible des fidèles envers la Vierge Marie.
« Je nie rejouis, et non-seulement je me réjouis, mais je me réjouirai de ce que ce pieux sentiment est si ancien dans le clergé et le peuple fidèle de Cadix, qu'ils mettent au premier rang de leurs gloires d’avoir célébré dans celte cathédrale, dès les temps apostoliques, la fêle de YImmaculée Conception. Ils se glorifient aussi du zèle avec lequel leurs Évêques ont travaillé à faire définir cette vérité, et surtout des efforts de l’illustre D. Fr. Guerra, que Philippe IV, roi des Kspagnes, avait envoyé à Rome pour solliciter la définition du mystère de l’immaculée Conception. »
Puis, après avoir parlé de l’Induit apostolique qui permettait d’ajouter, dans la Préface de la Messe, le mot Immueulata au mot Conceptione , et, dans les Litanies de Lorelie, l’invocation Reine conçue sans péché, le Prélat dit dans sa lettre que c’était l’usage parmi les Espagnols de se saluer en s’abordant par ces mots : Je vous salue, Marie, et de répondre au salut en disant : Conçue sans péché.
Il ajoutait, pour ce qui le regardait personnellement : « Appartenant depuis mon bas âge a cet ordre pour lequel la dévotion la plus tendre envers la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu est comme la vie, je veux dire h l'ordre de Saint-Benoît, le père et le maître de l’ordre monastique, j’ai sucé la dévotion pour Marie comme le lait, la proclamant constamment Très-Pure et Immaculée, et le croyant de cœur et d’esprit. Que nous manque-t-il donc, Très-Saint Père, si ce n’est que, conformément au désir de Votre Sainteté, nous reconnaissions et que nous confessions hautement avec vous l’immaculée Conception de la Vierge comme une vérité très-certaine, comme doctrine de la foi, comme dogme catholique (I)? »
François-Joseph, Evêque de Cadix, écrivait au Pape Clé-
(I) Dalum Gadibus. die 15 aprilis ann. 1850 : Pareri. etc., vol. III, pas. 110.
ment XI, en 1714 : « Très-Saint Père, la piété et la fervente dévotion dont les Espagnols sont animés envers le mystère de l’immaculée Conception de la Reine des anges et des hommes, de la Vierge Marie, patronne cl tutrice de ce royaume catholique, m’engagent h prier humblement Votre Sainteté de daigner déclarer et délinir, du haut de la Chaire Apostolique, que la Très-Sainte Vierge, l'Impératrice du Ciel, a été entièrement exempte de la tache originelle, dès le premier instant de sa conception. Votre clémence m'inspire la confiance que nos désirs seront satisfaits (1). »
Le chapitre de l’église cathédrale de Cadix avait la même croyance et les mêmes sentiments que l’Évêque louchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu; il écrivit luimême au Souverain Pontife pour lui demander la définition infaillible de celte glorieuse prérogative de Marie. Sa lettre est du 12 février 1714 (2).