‹ La croyance: sa nature, son mécanisme, son éducationChapitre 6 sur 28 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

façon ; il signale les innombrables divergences des évangélistes sur des points importants. Le premier Évangile et TÉvangile de Luc furent écrits plus de soixante-dix ans après la mort du Christ, d'après des renseignements oraux idéalisés et déformés. Mêmes sutures, mêmes combinaisons, mêmes développements imaginatifs, mêmes efforts d'interprétation symbolique dans l'Evangile de Marc : ce sont des livres de prédication. Ils n'ont d'autre valeur documentaire que d'exprimer le sentiment de la conscience chrétienne à la fin du premier siècle de l'ère.

Quant au quatrième Evangile, il n'a aucune valeur historique concernant la vie et l'enseignement du Christ : c'est une interprétation mystique des traditions, en contradiction avec les autres Évangiles.

Nulle part, M. Tabbé Loisy ne trouve une preuve historique que Jésus-Christ ait enseigné sa propre divinité : ce dogme a pris naissance plus tard et il s'est développé au contact de la philosophie grecque.

L'institution même de l'Eglise catholique est un objet de foi. Il en est ainsi de la résurrection du Christ, de la primauté du pape : ces dogmes sont des constructions élevées lentement par Teffort naturel, mais laborieux, d'une pensée théologique étrangère à tout souci d'exactitude historique ou scientifique.

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