‹ La crucheChapitre 30 sur 54 · ACTE DEUXIÈME î · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME î

je t'aime, moins que tu le mérites, mais plus peut-être que je le voudrais... Ne fais pas le procès de l'existence, tu en parlerais sans la connaître. Elle ne t'a pas gâtée jusqu'à présent, n'importe ! tu ne fais qu'en franchir le seuil, et le livre de la destinée ne se juge pas sur son prologue, comme un roman dont les premières pages ennuient. La vie ne vaut pas cher, la créature non plus, toute la question est de savoir laquelle des deux, de la créature ou delà vie, est le plus injuste pour l'autre. Nous la trancherons une autre fois. En attendant, ne t'occupe de rien que de rester ce que tu es, c'est-à-dire sincère, simple et bonne. Rappelle-toi que chaque jour, s'il amène sa peine, amène aussi son lendemain, et que de bons diables se rencontrent pour réparer quand ils le peuvent les petites maladresses du bon Dieu. Laisse donc mûrir des événements dont ni toi ni moi ne sommes les maîtres, et ne me regarde pas avec des yeux de mendiante : tu n'auras pas un sou de plus.

MARGOT

Mon bien-aimé !

{Ils se tiennent enlacés longuement. Couj) de sonnette.)

LA VERNIE

Chtt! Passe à côté une seconde.

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