ACTE DEUXIÈME
LALRIANE
Que veux-lii que j'en fasse?
LAVEHNIÉ '
Ton profit. Tu es un grotesque.
LAUKIANE
Plait-il?
LA VERNIE
Un grotesque! Je te le dis entre qualr'yeux, afin que tu n'en ignores pas, et c'est bien la moindre des choses, qu'ayant péché par vantardise, tu expies par humilia- 'tion. Abrégeons. Où veux-iu en venir? Si c'est une alFaire que tu me cherclies, je suis à ta disposition.
LAURIANE
J'avais fait mes preuves avant toi.
LAVERMÉ
N'en parlons plus. Alors?
LAURIANE
Alors?... Alors je suis bien aise de t'avoir dit ton fait, Voilà, mon bon. Quant à Margot, elle me payera cela, je te le déclare.
LAVERMÉ
Elle ne te payera rien du tout,
LAURIANE
Parce que ?
LAVERMÉ
Parce que tu viens de dire un mot de trop ; parce que l'amour-propre vexé d'un jocrisse convaincu de sottise est capable des pires lâchetés pour en assouvir ses rancunes, parce qu'enfin, en un mot comme en cent, c'est àr moi, tu entends, Lauriane, c'est à moi seul, que Marguerite rendra désormais des comptes, s'il me plaît de lui en demander.
70 LA CRimnE
LAURIANE
Ce serait rai de.
LAVERNIÉ
Ce sera ainsi.
LAURIANE
C'est ce que nous verrons.
LAVEHNIÉ
C'est tout vu!... Et, d'ailleurs, l'incident est clos ! et tu as dit assez de niaiseries pour une fois ! et tu m'agaces et tu m'assommes et c'est bien simple, et la question va être tranchée tout de suite. (// va à la porte de droite qu'il ouvre.) Marguerite, un mot, je te prie. {Entre Margot.)
MARGOT, à la vue de Lauriane.
Charles !
Malheureuse !
LAVEF^NIÉ
Toi, silence!... Margot, voici de quoi il retourne: Monsieur, qui avait eu la chance fabuleuse de trouver à placer ses grâces relatives et le peu de jeunesse qui lui reste entre tes mains blanches et propres, n'a eu de cesse que tu n'aies échoué entre les miennes.
MARGOT
Je ne comprends pas.
LAVERNIÈ
Si j'essayais de te faire comprendre à quels extravagants calculs le besoin de faire le malin et d'étonner la galerie peut amener un imbécile, nous serions encore ici demain.
LAURIANE, à mi-voix.
Goujat !