‹ La crucheChapitre 6 sur 54 · LA TRIA NE · texte numérisé non relu

LA TRIA NE

Le Maréchal Nid ! Tu n'es jamais à la question, [Tout en paillant, il a inondé d'un filet d'eau un rosier garni de magnifiques r'oses jaunes.) Est-il assez beau, ce gaillardlà? on jurerait du beurre salé. [Poursuivi de son idée fixe :) Heureusement que ça m'est égal. Je me connais, je sais ce que je vaux, j'ai ma propre considération et ça suffit à mon bonheur. Quant aux hochets de la vanité, serviteur de tout mon cœur! (// chante.)

Tu, tu, tu, La ij trou la la!

Dieu que t'as l'air bête !

MARGOT

Merci. Tu es plein d'attentions pour moi, et je mène à tes côtés une existence pleine de charmes.

LAURIANE

Yeux-tu en changer? Â ton aise! la porte est là et la gare n'est pas loin. Nous ne sommes pas mariés, ma fille.

MARGOT

Crie-le donc plus haut. Les voisins pourraient ne pas avoir entendu.

LAURIANE

Les voisins? Je m'en fiche, des voisins... Et puis, d'abord, pourquoi n'es-tu pas à la cave ?

MARGOT

A la cave ?

LAURIANE

Naturellement ! Non seulement tu devrais y être ; tu devrais en être revenue... ^Camille réapparaît au fond.) Tiens ! voilà notre invitée. Grouille-toi un peu, sacrebleu ! Va chercher une bouteille de bière ! Quel malheur, bon sang, d'être rivé à une empotée pareille I

Plains-toi.

LAURIANE

C'est bon !

CAMILLE, de Vautre côté de la barrière. Je vous fais fuir ?

MARGOT

Je reviens.

[Elle sort.)

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