‹ La Cuisinière mariée, folie-vaudeville en un acteChapitre 13 sur 25 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

BIBERLOT, VICTOIRE.

BiLerlot fait des gestes de moquerie à Petitgris, qui est sorti.

VICTOIRE, f II» tait tes fourneaux. Mettons bien vite tout ça sur le feu; il s'agit de gagner la gratification.

Elle travaille activement.

BIBERI.OT, te croisant les bras. Et maintenant... à nous deux, femme Riherlot.

v(CTOlRE. En v’ià un qui m’a fait faire du mauvais sang.

BIBERLOT. J’espère que nous allons avoir une fameuse explication.

victoire. Une explication ! ab! ben, oui!

avec ça que j'ai le temps.

RlBERLOT. Nous le prendrons... et pour commencer tu vas me dire...

PETITGRIS , appelant du dehors. Victoire!

victoire. Oui, monsieur... là, v’iàle principal en train... lu n'as qu'à surveiller...

souffle le feu, épluche ces légumes... rSpe ce chocolat... et dans cinq minutes tu mettras les olives dans le catiard... voilà le bocal.

Elle lui montre les bocaux.

BIBERLOT. Je veux avant que tu m'expliques... ,

petitgris, du dehors. Victoire donc!...

victoire, allumant un roi de cave. On J' 'a...

BIBERLOT. Où ça? où ça? où ça?... .

victoire. A la cave.

BinEBLor. A la cave avec ce vieux singe?

victoire. Eh ! non ! avec ce ral.

petitgris, du d'hors. Voyons donc, que diable! voyons donç!...

VICTOIRE. Voilà! voilà! monsieur.

Elle sort en courant.

RlBERLOT, la suivant jusqu'à la porte.

Victoire, je ne veux pas, je le défends. . . Sapristi ! elle y va, dans une rave, dans un souterrain avec ce Petitgris qui m'a pincé le menton. (Gesticulant aree we carotte comme arec un poignard. ) Sapristi ! après ça il est bien laid... et ma femme qui a du

I goût... en sa qualité de cuisinière. .. étouffons ma jalousie jusqu'au moment des explications et soignons les ratatouilles... je veux que ce repas lui fasse honneur. (Il souffle te feu.) Je n'ai jamais appris la cuisine... mais ce serait bien le diable quand on a fait cuire des places publiques... si nu ne savait pas. . ( Ispiranf par le nez.) Bon ! voilà le canard qui brûle... [Il prend la casserole et le fait sauter.) Je crois que c'est le moment d'y fourrer les machines... (Il rideun bocal dans la casserole et tourne ovec une cuillère. '■ J’en ai peutêtre trop mis... Bah ! ça fait qu'il en restera. (Il replace la casserole sur le fourneau et prend le homard.) Pii quant à ce jeune criquet en maiulics de veste de ce matin...

(’.rédié! le bel homard!... Possible que j'ai mal entendu ce qu'il lui disait... quoique pourtant... Comment doue que ça s'arrange ce poissou-là? je n'en ai jamais mangé. Je vas I toujours le vider... le poisson ça se vide, c'est j connu. (Il se met à curer le homard ) Le bourgeois sera joliment content... Elle reste bien longtemps à la cave, ma femme! c’est égal... ellem’adit je t'aime... je te suis fidèle, j et je veux la croire en aveugle. ( Il met la main dans tapochedeson tublier de cuisine. ) Tiens , qu'est-ce que c’est que ça ? un papier dans la poche de ma femme... une lettre rose. ..(La tentait 1 . ) Parfumée à la cannelle. . . c'est du petit gueux en manches de veste, je suis refait.- (Il décacheté ) Voyons ce que le scélérat ose lui marquer... (Cherchant à lire.) Hoceeec... non! ce n’est pas de ce côté... (//' retourne la lettre.) L'a cœur flambant! embroché d’une flèche ! gueusard ! et dire qu'il sait écrire... et que moi je ne sais lire qu'au moyen d'un écrivain public.

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