Eugène Oniéguine, ch. VII, str. xix
4. Pouchkine, Napoléon, 1821, Un Garde immobile..., 1823, etc. Lermonto f,Sainte~ Hélène, 1831, etc. — Khomiakof, Le wtour des cendres de Napoléon, etc.
destructeur, à travers l'Europe, des trônes et des aristocraties. Les gens qui, jadis, auraient été « dignes de figurer parmi les grognards de la Vieille Garde1 », cherchent toujours dans l'histoire de Napoléon le secret des grands coups qui devront transformer le monde. « Tout ou rien! voilà la devise d'à présent2, » s'écrie Viazemski en 1820. Or, le tout dont rêvent beaucoup d'esprits, c'est le triomphe de la Révolution. On aime Napoléon, pour l'avoir incarnée, et la France pour avoir enfanté l'une et servi l'autre.
A vrai dire, quelques Russes ont encore dans les oreilles les cris de « À bas Napoléon! » qui les ont accueillis à Paris, en 4814. « Peuple frivole! s'écrie Lermontof dans des vers écrits à l'occasion du retour des cendres du héros; peuple lâche qui, dans la lutte suprême, comme un esclave, as trahi ton chef, livré son fils3! » Pourtant, il faut bien avouer, après ces invectives, que ce peuple lâche et frivole n'a pas attendu, pour frapper des coups victorieux, l'épée de Bonaparte, et que peutêtre il réserve encore des surprises au monde : hier, il a brisé le trône de Charles X, qui l'avait cru dompté4; que brisera-t-il demain? que fondera- t-il ? Viazemski, que nous avons vu tout à l'heure si pessimiste, ne l'a pas toujours été. « Je crois qu'il faut plus attendre des Français que de tous les Allemands, » avait-il écrit en 1825*. Il a pu changer, mais beaucoup de ses contemporains attendent toujours cette aube française que Joseph de Maistre lui-même avait prédite en 1815, « Les Français ont été ridicules, fous, atroces, tout ce qu'il vous plaira, mais ils n'en ont été pas moins choisis pour être les instruments d'une des plus grandes révolutions qui se soient faites dans le monde, et je ne puis douter qu'un jour, qui n'est pas loin peut-