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rien ne tiendrait contre eux1. » Ce langage à la Tilsitt sonne étrangement dans la bouche du chef éventuel d'une nouvelle Sainte- Alliance; en attendant, la France de Louis-Philippe en bénéficie. Quand arrive la nouvelle de la prise de Constantinet c'est à qui portera ses félicitations à notre ambassadeur2, et les Russes ont beau avoir le goût et le talent d'enguirlander, il est difficile de ne pas croire ces démonstrations au moins à demi sincères.
En fait, elles tiennent à des causes fort diverses. Soldatomanie, goût de la gloire militaire chez l'Empereur, elles sont, dans la société mondaine, l'effet d'éducations encore toutes françaises. Plus loin, chez les gentilshommes lettrés que l'amour de leur indépendance tient à l'écart de la Cour, elles sont la révélation, d'abord, d'un état d'âme littéraire. Voici un héros de Pouchkine, Eugène Oniéguine, qui, depuis longtemps, ne quitte pas sa campagne. Or, il a, dans sa chambre, « sur un piédestal, la poupée de bronze, en petit chapeau, le front sombre, les bras croisés sur la poitrine3 ». Qu'admire-t-il en lui? Le stratège, sans doute, mais sûrement moins que le jeune officier dont l'image et la fortune ont inspiré, pour bonne part, l'idéal nouveau des romantiques. Elles reviennent, en effet, l'une et l'autre, dans tous les vers des poètes de la jeune génération; de Pouchkine à Lermontof, en passant par le slavophile Khomiakof, l'homme du destin, debout sur les hauteurs d'Austerlitz, dans la plaine de Borodino, ou sur la falaise de Sainte-Hélène, tient à peu près autant de place dans la poésie russe que dans celle de l'Europe occidentale 4.
Puis, derrière le héros romantique, il y en a un autre dont on parle moins haut; c'est l'apôtre armé de la Révolution, le