CHAPITRE XXIV
Après la paix; le désir de revoir Paris. Le voyage et ses déceptions,
L'arrivée; les premiers jours. Les boutiques, le Palais-Royal. Les salons. Les théâtres, Brunet, la Comédie-Française.
Les étudiants ou les auditeurs au Collège de France, à la Sorbonne, etc. Les étudiants en politique, libéraux ou « réacteurs ». Rostoptchine et sa gallophobie.
L'impression finale.
Le voyage que nous avons vu faire à la Russie en armes, l'autre Russie veut le faire aussi : comme en 1800, dès la fin des hostilités, elle s'y prépare : « Beaucoup de gens, écrit la princesse Tourkestanova, en avril 1814, parlent déjà d'aller voyager, surtout d'aller à Paris; plusieurs de nos connaissances sont prêtes à graisser leurs roues * ». A ce nouvel accès du « mal de l'étranger » qui tourmente les Russes, comme d'autres le mal du pays, il y a les causes de jadis et d'autres qui sont nouvelles. D'abord, « depuis les grandes marches des armées, on ne connaît plus les distances 2 » ; ensuite, en trois années de guerre et de vie mondaine languissante, on a fait des économies qu'on serait bien fâché de ne pas dépenser; on désire enfin se montrer à l'Europe dans tout l'éclat qu'on doit aux flammes de Moscou. « Comme il est glorieux maintenant d'être Russe3! » écrit Rostoptchine à Vorontzof qui n'a pas attendu son avis pour
i. Archive russe, 1882, IV, p. 116.