‹ La Culture française en RussieChapitre 297 sur 518 · Cogordan, Joseph de Maistre, pp · texte numérisé non relu

Cogordan, Joseph de Maistre, pp

gré d'avoir conservé les restes encore appréciables — quoi qu'en diseRostoptchine — de la douceur de vivre d'avant la Révolution. Joukovski, résumant ses impressions sur les Français, insiste sur leur facilité d'humeur. « Chez nous, dit-il, on cherche à tourner en ridicule. Ici, on est bienveillant; on n'attaque que la prétention4. » Viazemski, de son côté, compare le mot russe, coup de poing qu'on reçoit dans l'œil, au mot français, plume légère qui vous chatouille le sourcil2. C'est peu de chose, peutêtre, que cette différence; elle implique pourtant un sentiment de la dignité humaine qui n'est pas monnaie courante en tout pays; l'écrivain russe en est frappé, comme l'officier du corps d'occupation l'est, de son côté, des égards de son collègue français pour de simples soldats. Ils en concluent tous deux, l'officier et l'écrivain, à plus de civilisation, à plus d'humanité, à la nécessité, pour les Russes, de faire encore des emprunts aux Français; et cette conviction, encore plus que Brunet, les « sirènes » des boulevards et les têtes de veau à la tortue des Frères Provençaux3, assure à notre culture un long bail d'influence.

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