Voir plus haut, pp. 245 et suiv
2. Mémoires, Voir Pypine, Le mouvement social en Bussie, pp. 5 et suiv.
ments montrent que la stabilité des trônes, pour laquelle on combat, est un dogme fort incertain. « Nous voyions partout des trônes restaurés, renversés... si bien que nos esprits s'accoutumèrent aux révolutions, à leur possibilité, à leur profit \ » et cela d'autant plus vite que, dans ce chaos général, « la plupart des institutions révolutionnnaires étaient conservées, donc reconnues bonnes2 ». En définitive, les vainqueurs s'aperçoivent qu'avec toute leur gloire ils sont moins bien partagés que les vaincus. « Nos jeunes gens pouvaient comparer ce qu'ils voyaient avec ce qu'ils avaient laissé en Russie, l'esclavage de l'énorme majorité des Russes, la brutalité et la cruauté des chefs avec les subordonnés, les abus de pouvoir, l'arbitraire partout8. »
La Russie n'aurait-elle émancipé l'Europe que pour rester elle-même en esclavage? Personne ne le croit possible, et l'Empereur moins que tout autre, lui qui, dans les salons parisiens, parle de son désir d'affranchir les serfs4. Quand l'armée rentrera en Russie, une ère nouvelle commencera; on peut dès à présent, corriger ceux des maux qui déshonorent la discipline russe, l'humaniser, la franciser. Les coups de bâton, toujours en usage dans les autres armées alliées, disparaissent donc des corps russes stationnés en France. « Notre armée voit enfin, écrit Simon Vorontzof à son fils Michel, qu'il n'en faut pas pour maintenir l'ordre et la discipline. Vous avez élevé l'âme du soldat en lui inspirant le sentiment de l'honneur5. » Mais ce n'est pas tout que de ne plus dégrader les hommes; ils ne seront jamais des citoyens si on ne leur apprend à lire et à écrire. Un certain Henry, qui a étudié la méthode lancasîxienne à Paris, est donc invité a l'appliquer dans les corps