Archive Vorontzof, XVII, p
russes; des officiers l'aident, font des abc, des manuels, si bien qu'au bout de trois mois, beaucoup de soldats ne sont plus des illettrés \
Les officiers, de leur côté, s'instruisent aussi, ne fût-ce que pour garder les distances. D'abord ils tâchent de connaître les acteurs de la Révolution qui vivent encore; Mouraviof, à Paris, fait visite au régicide Grégoire 2. Puis ils lisent tous les pamphlets et tous les journaux. « Ils se familiarisèrent avec le nom de Benjamin Constant et de quelques autres orateurs et écrivains qui semblaient avoir entrepris l'éducation politique du continent européen3. » Enfin, comme il faut s'éclairer aussi par la discussion, ils entrent dans des clubs plus ou moins secrets, et, tout d'abord, dans les loges maçonniques. Nous voyons à Maubeuge, celle de Saint-Georges le Victorieux, fondée en 4817, comprendre 38 membres actifs, dont 16 Allemands baltiques, 17 vrais Russes et trois Français, qui sont évidemment les initiateurs, car ils y occupent les fonctions en vue 4.
L'année d'après, il faut repartir en Russie, et les impressions de retour des soldats et des officiers nous montrent quels désirs ils rapportent de France. « Vos paysans sont logés commodément, explique un essaoul des Cosaques àDomergue; ils boivent du vin, mangent du pain blanc, couchent dans un lit; leurs vêtements ne diffèrent guère de ceux de nos bârines; ils savent, en beaucoup d'endroits, lire et écrire, et ils sont libres3.... » De même, dans les souvenirs de Ducret, le sous-officier qui regrette la France parle d'abord de son bien-être, mais sa liberté vient ensuite, et la liaison qu'il établit entre les deux faits est grosse de menaces6. Quant aux officiers, c'est « avec