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sacrifie la première à la seconde; les Délissy, les Monrepos des courtisans de Catherine II ne déplairaient pas à ceux de Louis XVI i ; pour le Kouskovo du comte Chérémetief , « les vues et les plans en ont été dessinés à Paris par Laurent, de l'Académie de Marseille », qu'a aidé « M. Wailly, architecte parisien2 ». Les jardins ne sont plus, il est vrai, copiés sur ceux du Grand Roi — on a défait, à Tsarskoié-Sélo, l'œuvre d'un élève de Le Nôtre3 — mais il ne s'ensuit pas qu'ils soient aussi anglais qu'on le dit. Ces bosquets, ces kiosques chinois, ces temples de l'Amitié, de l'Amour, ces chalets supposés suisses, ces pavillons des Roses, nous mènent simplement de Versailles à Trianon.
Dans les habitations à la mode, la plupart des meubles sont français. Déjà Anna Ioanovna entretient, près de sa Cour, les ébénistes Michel et André Crinieux, et un spécialiste* en « lits à la façon française » , Rochebot 4 ; elle essaye même de recruter des artisans habiles dans les bataillons français faits prisonniers sous Danzig5. Au temps d'Elisabeth, et surtout de Catherine, on n'en est plus à ces moyens hasardeux de se meubler. Golovkine y décrit, dans les appartements de la bonne société, des tentures de Lyon, des bronzes de Paris, des objets d'art qui, presque toujours, sont français6. Déjà Pierre le Grand, dans ses dernières années, avait acheté beaucoup de statues à Paris. Après lui, Catherine Ire y a commandé des tableaux, des tapisseries, et Elisabeth Ire a suivi son exemple7. Mais leurs achats sont peu de chose à côté de ceux de Catherine IL Tableaux, estampes,
1. Archive Vorontzof, XXII. — Archive russe, 1876, III, p. 7 et suiv.
2. Brochure anonyme de 1787, citée par le baron de Baye, Kouskovo.