Cf. Waliszewski, La dernière des Romanof, p
5. Herzen, Mémoires de Catherine II, p. 23. G. Mme Vigée-Lebrun, Souvenirs, II, p. 280.
senter avec plus de grâce ! » disent-ils * ; mais l'Impératrice lui fait grise mine, et conte ensuite à ses familiers qu'il se fait poudrer le dos par son coiffeur, parce qu'à Paris c'est le dernier cri de la mode2. Cette mauvaise humeur se manifeste même à l'encontre de la princesse héritière. Quand le comte et la corn* tesse du Nord reviennent, à leur tour, en 1782, suivis « de plus de deux cents caisses de colifichets, avec tous les projets de coiffures qui peuvent s'imaginer », ils apprennent à la frontière que leur mère vient de doubler les droits de douane sur tous les objets de toilette 3.
Il est trop tard, en tout cas, pour remonter le courant; édits somptuaires, taxes sur l'importation, remise en honneur d'un soi-disant costume national, articles moqueurs des petits journaux, comédies où l'Impératrice elle-même s'en prend aux pétimétry Firlifiouchkof et Polkadof, rien n'y fait4. Empêché de se nipper à Paris, Firlifiouchkof s'abonne au précieux journal qui, à Pétersbourg même, tient la bonne société au courant des modes*, avec grand succès, semble-t-il, car le Serbe Tékély constate, en 1790, que les dernières créations sont connues à Pétersbourg plus lot qu'à Vienne 6.
Voilà la Russie habillée; il faut qu'elle dîne maintenant, grande affaire! « Ici, le sens commun, s'il y en a, écrit l'Anglais Hyndford, ne consiste qu'en bâfrer et en boire. » Pierre le Grand était nationaliste en cuisine ; dans les Mémoires de Niépliouief , on le voit, devant une soupe aux carottes qui est bien russe, manifester son mépris pour les empoisonneurs étrangers7. Mais son nationalisme ne tient pas contre nos vins; le Médoc est le
1. Archive russe, 1871, p. 2049. — Id., I, 320, retour des princes Bariatinski.