INSTITUT AGRICOLE D’OK
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ii EP 14
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Préface
L'absence de traités français d'arboriculture fruitière concernant spécialement la province de Québec, les nombreux encouragements de mes amis, joints à la constatation du rang, très secondaire, auquel la plupart des cultivateurs se plaisent à reléguer cette branche de l'agriculture, entrent pour une large part dans les motifs qui m'ont incité à écrire ‘‘La Culture Fruitière dans la Province de Québec.”
Ce livre avait sa place marquée, il s'imposait de toute nécessité et à tous points de vue. Les ouvrages anglais traitant d'arboriculture abondent au Canada, seules, quelques brochures canadiennes indiquant brièvement les principes généraux de l’arboriculture fruitière paraissent à droite et à gauche, et, rapidement, tombent dans l'oubli. Est-ce à croire que nous nous désintéressons de l'industrie fruitière, ou serait-ce manque de connaissances approfondies de la part de nos cultivateurs? C'est peut-être Pour ces deux raisons et bien d'autres encore sur lesquelles je ne m'étendrai pas davantage. Je me suis donc attaché à demeurer dans le domaine pratique, ajoutant aux méthodes déjà connues dans la province de Québec et dont l'insuffisance se fait de plus en plus sentir, des procédés nouveaux, dont l'application, je n’en doute pas, fera réaliser de notables progrès dans l'agriculture.
J'ai la conviction d’avoir apporté le plus possible de clarté et de précision dans l'exécution de cet ouvrage que je dédie particulièrement aux élèves en agriculture qui veulent se spécialiser dans l’arboriculture fruitière et, en général à tous ceux qui, à un titre quelconque, s'occupent d'horticulture.
Les élèves des écoles normales et des écoles spéciales d'agriculture et d’horticulture, des collèges classiques et commerciaux, pourront y puiser, les uns des notions propres à guider leurs premiers essais, les autres, se rendre compte du développement du commerce fruitier.
Les professeurs de l'enseignement agricole et horticole eux-mêmes y trouveront, j'ose le croire, des idées, des matériaux pour la préparation de leurs leçons et conférences.
Enfin, les cultivateurs pourront, à l'aide de cet ouvrage, donner une impulsion et une direction efficaces à l'exploitation de leur verger; ils seront, par la suite, à même de s'intéresser aux questiuns arboricoles ct sauront tirer tout le profit possible des arbres fruitiers qu'ils peuvent posséder sur leur propricté.
Si j'ai réussi à faire sortir de l'ombre la question fruitière, ce sera déjà un grand pas accompli et, quand nos cultivateurs auront compris toute l'importance de l'industrie fruitière, ils s'apercevront qu'il leur sera facile de doter la province d'une source de richesses inappréciables et pourront, par là même, contribuer au développement et à l'extension du commerce du pays.
Je m'estimerai alors largement récompensé de mon travail.
Fr. M. LÉopoLp, O. C.R.
Fig. 2.—Le verger de l'Institut agricole d'Oka, au dernier plan.
à Cul Fruitiè R La Culture Fru re : dans la Province de Québec It
Avant-Propos É Les dernières statistiques dresstes en 1911, nous montrent une )S baisse marquée dans le nombre de pominiers en rapport dans la pro- ; vince de Québec pendant les dix années précédentes, Voici les chiffres | qui en font foi: 1,2y5,992 arbres en rapport, contre 1,476,727 en 1901, F ce qui donne une dimunition de 12,2%. Par ailleurs, nous constatons r-
que le nombre d'arbres plantés depuis un certain nombre d'années n'est
«- pas encore suffisant pour compenser la perte résultant des arbres dis-
PaTUS pour cas de vicillesse, de ravages causés par les insectes ou | n maladies; mais surtout par suite de rance des cultivateurs.
Ces statistiques fournies par le Ministère de |’; indiquent aussi que la récolte moyenne de que de 1 à 1.3 minot Par acre: ce basse pour la province de Québec,
Comment expliquer cet état de chose ÿ à Une augmentation croissante de | durant ces dernières années ?
dantes pour répondre à cette de
eos la négligence et même de l'igno-
\griculture à Ottawa, $ Pommiers en rapport n'est qui est une moyenne excessivement 8 quand on considère qu'il a demande de fruits à l'é Les pommes n'étant pas mande, on favorise ainsi sans le vouloir, l'importation de fruits étrangers qui abondent sur nos marchés: oranges, bananes, ananas et raisins de Californie, sans compter les fruits des autres provinces du Dominion. Les marchés sont à notre porte et nous ne savons pas en profiter.
Pourquoi encore ? Est-ce insouciance, ignorance? C'est Peut-être pour tout cela.
trop négligée dans notre province,
tat frais assez abon-
négligence ou seulement La culture fruitière est
malgré les efforts d'un groupe expert et dévoué à la cause de cette culture, et quoique l'appui du gouvernr-
ment fût assuré aux cultivateurs par la création de vergers de démonstrations et l'établissement de Stations fruitières. C'est aussi à cause de la quantité considérable de fruits Cependant infér'eurs en qualité, qui Provoquent une baisse du prix des pommes de premier choix, telles que * la Fameuse et la Mclntosh pour ne citer que ces deux variétés, reconnues : Comme étant les meilleures Pommes de dessert sur le Cain; l'importation d'autres fruits qui ont me, voilà quelques-unes des cause -tière, pourtant si rémunératrice.
Jetons un regard sur la quantité de fruits qui arrivent constam-
:ment des Etats-Unis ou de la Colombie Anglaise et qui envahissent le
«marché de Montréal et nous Constaterons l'importance de la demande
continent amérià peu près remplacé la poms de la décadence de la culture frui-